‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 49 sur 131 · CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES

aus^ii nombreux que variés. Toutefois il est allé trop loin, et c'est à tort qu*il a considéré le tubercule comme un produit exclusif de la scrofule. De tous les auteurs qui ont écrit sur la scrofule, le D^ Milcent est celui qui a le plus exactdmenl limité le cadre de celte maladie et le mieux démontré la succession et les rapports des divers accidents de la scrofule.

Pour nous, la scrofule est une maladie constitutionnelle, fton contagieusQ, le plus souvent héréditaire, d'une durée ordinairemant fort longue, se traduisant par un ensemble (l'affections variables de siège et de modalité pathogénique, qui ont cependant pour caractères communs la fixité, la tendance hypertrophique et ulcéreuse, et pour siège ordinaire l«*s systèmes tégumentaire, lymphatique et osseux.

Les symptômes de la scrofule offrent de grandes différences, nous venons de vous le dire; mais ces symptômes, tout dif- TiTents soient-ils les uns des autres, se succèdent-ils dans un ordre régulier? La scrofule, en un mot, a-t-elle une évolulion régulière qui permette d'en tracer un tableau d'ensemble ? Beaucoup d'auteurs l'ont essayé , mais ils ont échoué.

Pour bien décrire la scrofule, il faut étudier la conslitulion scrofuleuse et les effets de la maladie sur l'économie tout cnlim». Les auteurs ont pris la maladie à l'époque de la manifestation écrouelleuse ; ils ont décrit les engorgemenls ganglionnaires, les abcès froids, les caries, etc.; mais ils n'ont fixé leur attention ni sur les accidents primitifs ni sur les accidents consécutifs. Personne, en France du moins, n'avait, avant moi, fait connaître les caractères propres des scrofulides superficielles et profondes, et c'est avec plaisir que j'ai vu un savant étranger, le docteur Minervini (de Naples)

partager complètement meâ idées sur ce point si intéressant de rhisloire de la scrofule.

Dans la description des auteurs, les éruptions cutanées bénignes ont été placées beaucoup trop loin. Il faut bien le savoir, et c*est là un point sur lequel j'appelle fortement votre attention, la scrofule débute souvent par des éruptions cuta* nées de diverse nature. Ainsi, en réalité, les éruptions sont de deux sortes : les unes, trop généralement méconnues et souvent confondues avec les dartres, sont primitives et se montrent dans les premiers temps de la maladie; les autres surviennent à une époque avancée, et sont alors caractéristiques : je les appelle consécutives. Ces dernières servent au diagnostic de la maladie ; elles portent avec elles le cachet de leur origine, et concourent, avec d'autres afifections antécédentes ou concomitantes, à faire reconnaître la scrofule.

La marche de la maladie scrofuleuse nous présente quatre périodes bien distinctes à étudier. Souvent elle est précédée d'un élat particulier du corps qui constitue la prédisposition scrofuleuse, et elle est fréquemment aussi suivie de diverses infirmités, telles que la claudication, Tankylose; de diverses mutilations, la perte du nez, des paupières, qui accusent, par des stigmates indélébiles, la nature du mal qui les a occasionnées.

10 Prédisposilion à la scrofule.

Voyons quel est cet état précurseur. La maladie n*est pas encore déclarée; il y a seulement une prédisposition qui agit sur les organes, modifie leur évolution pendant le premier âge, trouble plus ou moins les différentes fonctions : c'est la scrofule en germe. On donne généralement comme un des

caractères de la prédisposition à la scrofule le gonflement de la lèvre supérieure; mais il ne faut pas vous y méprendre : c'est là un symptôme de la scrofule conGrmée, et quand cette luméfaction existe avec des fissures à la peau et un flux nasal, la maladie est déjà parvenue i un degré assez Avancé. Doit-on encore, avec les auteurs, regarder le tempérament lymphatique exagéré comme une prédisposition manifeste à la scrofule? Le développement trop marqué du système lymphatique appelle la scrofule sur ce système, mais il ne la fait pas naître; il n'y a pas là relation nécessaire de cause à effet.

Les traits de la constitution scrofuleuse consistent dans une modification toute particulière du faciès, de Thabitude extérieure du corps, et spécialement des fonctions de l'économie.

]^ fades doit être étudié avec soin. Nous trouvons d*abord à noter la conformation du crâne, dont la partie postérieure est singulièrement développée; en même temps le front est bas, le cou court et les mâchoires larges et fortement accusées. Mais ce qui doit surtout fixer votre attention, ce sont les contrastes que vous oflrent les scrofuleux dans les traits divers de leur physionomie. Ici la coloration du visage est me, animée; là, au contraire, la face est pâle, ou plutôt d'un blanc terne et mat. Tantôt Tceil est vif, tantôt il est morne, languissant, presque éteint. Chez les uns, Tembonpoint est développé, le tissu graisseux est très abondant; il y a une véritable polysarcie, mais en même temps les chairs sont molles et flasques. Chez d'autres, quoique doués d'un appétit énergique, il y a une maigreur considérable, la peau est blanche et rosée, ou terne et même brune. La chevelure est tantôt épaisse, luxuriante même, tantôt rare et clair-

semée. Lu physionomie est régulière cl belle, ou bien, au contraire, irrégulière et dépourvue d'expression.

Relativement à la stature, le plus souvent la croissance semble avoir été entravée dans son évolution : le sujet a vingt ans, et jl en accuse à peine quinze par son apparence chélive et enfantine. D'autres sont d'une taille élevée, mais mal prise. En général, chez les scrofuleux, il y a défaut d'harmonie entre les différentes parties du corps. Le thorax est aplati en arrière et sur les côtés à sa partie supérieure, et présente ainsi une forme quadrilatère; le sternum est souvent bombé en carène, et le ventre forme une saillie disgracieuse; les membres manquent ordinairement de proportion avec le reste du corps, de là cette gaucherie dans les attitudes et les mouvements que l'on observe chez tant de scrofuleux.

La coloime vertébrale est assez fréquemment déviée de différentes manières, mais il ne faut pas confondre cette déviation avec celles qui sont d'origine rachitique, et qui peuvent atteindre des sujets scrofuleux dans leur première enfance. Ce sont là des maladies très distinctes.

Les fonctions de l'économie sont modifiées de différentes manières, soit en plus, soit en moins. Ainsi tantôt la nutrition est languissante, tantôt elle est exagérée : chez Tun, les digestions sont promptes, faciles; chez l'autre, difficiles, accompagnées d'éructations gazeuses. L'état des forces est également très variable : certains sujets sont actifs, laborieux ; d'autres sont lents, paresseux, et cette paresse est le résultat d'une véritable faiblesse, d'une sorte d'inaptitude au mouvement.

Même chose pour l'intelligence. Certains scrofuleux sont doués d'un esprit brillant, d'une pénétration remarquable; d'autres sont lourds, comme stupides; l'obtusion de leurs

facultés peut aller jus(|u\i Tidiotie. Ces malheureux cherchent par tous les moyens à prolonger leur séjour à l'hôpital ; ils y passeraient volontiers toute leur vie dans l'existence oisive que Ton y mène. Les facultés affectives sont encore la diverses : ici le caractère est vif, emporté, colère; là doux, patieDt, plein de mansuétude et d'abnégation.

Relativement aux fonctions de la génération, le plus ordiDaireroent la puberté est retardée; d'autres fois, oependaot^ elle est avancée. Très souvent chez les sujets du sexe féminin la menstruation se déclare très lard ; et, quant aux appétits vénériens, ils sont ardents ou languissants et presque nuls.

« T Symptômes de la scrofule.

Eniinla maladie proprement dite se manifeste.... Ici nous pouvons reconnaîlre quatre périodes successives.

Première période {scrofule primitive). — Elle se place ordinairement entre la première et la seconde dentition. La scrofule se décèle par différentes affections sur lesquelles je dois appeler très sérieusement votre attention, parce qu'elles sont très souvent méconnues, ou plutôt ne sont pas rattachées à leur véritable source. Ce sont surtout des gourmes, les croûtes de lait, les pseudo-teignes. Vous savez qu'on appelle ainsi l'eczéma et l'impétigo du cuir chevelu. Ces affections Mt ordinairement très rebelles, s'accompagnent souvent <ie tuméfaction, et se propagent souvent aussi aux bulbes piiifères. C'est là une des manifestations les plus communes de la scrofule à sa première période. Ces éruptions cutanées donnent souvent lieu à des engorgements ganglionnaires du cou; mais ces engorgements ne sont encore que sympathi-

ques 5 ils iront pas de caraclère scrofuleux, et ils cèdent avec la cause qui leur a donné naissance. Tout entière a son idée d*anatomie pathologique, Técolê de Willan n'a éludic ces éruptions qu'à un point de vue, celui de la forme particulière des lésions par lesquelles elle se maniresle. La loupe à la main, ils ont étudié la vésico-pustule qui caractérise l'éruption ; ils ont constaté que cette vésico-pustule est petite, acuminée et renferme une matière assez épaisse et melliforme ; ils lui ont donné le nom i'achor, sous lequel les anciens désignaient les éruptions du cuir chevelu, et ils n'ont pas vu que la ténacité, la Gxité de cette affection lui donnaient un caractère particulier en dehors de la lésion élémentaire. Du reste, cette vésico-pustule acuminée, à laquelle on attache tant d'importance, ^st très difficile à trouver, soit que sa durée soit très courte, soit qu'elle manque réellement.

La scrofule ne débute pas toujours par des affections cutanées sécrétantes : tantôt c'est une scrofulide sèche, érytlicmateuse ou papulo-pustuleuse, qui commence la série des manifestations scrofuleuses.

En même temps ou plus tard, apparaissent les scrofulides catarrhales ou éruptives des membranes muqueuses, la blépharite, Tophthalmie, le coryza, l'otorrhée, etc. Par sa longue persistance et par sa nature spéciale, Tinflammalion chronique des muqueuses amène la tuméfaction de ces membranes, répaississement du tissu cellulaire sous-muqueux : de là l'hypertrophie des amygdales, le rétrécissement et l'oblitération des canaux tapissés par la muqueuse de la trompe d'Eustache, des voies lacrymales et du canal nasal, des voies urinaires, et , comme conséquence de ces dernières affections, les tumeurs et fistules lacrymales et urinaires.

SYtft»T0ME3. 07

A la fin de cette période, on observe, soit comme phénomèDe de transition à la seconde période, soit comme effet sympathique, des éruptions du cuir chevelu, des engorgements ganglionnaires, qui s'enflamment et suppurent sous Tin- Ouence d'une nouvelle poussée scrofuleuse. Alors se forment les ganglites tuberculeuses ; des abcès se creusent ; la peau se décolle, s^amincit, se détruit, et il se manifeste des ulcératioQS d'un aspect particulier et caractéristique. Mais alors ce ne sont pas seulement les ganglions cervicaux superficiels qui sont pris; le mal s'étend à ceux qui sont situés plus profondément, à ceux qui passent sous les clavicules, sous le sternum, à ceux des aisselles, etc., et là aussi il peut se formerdes abcès, des décollements, des fistules.

Les engorgements ganglionnaires cervicaux sont faciles à reconnaître : ils affectent un seul côté ou les deux côtés du cou; leur masse est quelquefois très considérable, et modifie singulièrement la physionomie. Le cou forme alors un relief de chaque côté des mâchoires.

Les ulcérations succédant à l'ouverture des abcès ont une durée plus ou moins longue : elles restent slationnaires , ou bien elles se cicatrisent. Dans le premier cas, on les voit persister dans les périodes suivantes, se joindre aux nouvelles lésions qui se seront manifestées.

Ces divers accidents de la scrofule primitive peuvent céder, et une guérison apparente survenir ^ mais, plus tôt ou plus tard, de nouvelles poussées amènent les désordres dont nous allons maintenant vous entretenir.

Deuxième période (scrofule secondaire). — Les accidents qui se manifestent dans cette période ont un caractère de gravité plus prononcé : ce sont des scrofulides d'une nature

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beaucoup plus tenace que celles donl nous avons parlé plus haut, et qui affectent plus profondément la peau et les niu« queuses.

Nous appelons ces scrofulides scrofulides profondes^ ma* lignes^ secondaires^ etc.

Comme les scrofulides superficielles, elles attaquent la peau et les muqueuses. Dans la plupart des cas, les scrofulides malignes ont été précédées de scrofulides bénignes, el dans beaucoup de cas même, elles ne sont qu*un degré plus avancé de ces dernières. Il y a conversion in situ des scrofulides bénignes en scrofulides malignes. Les manifestations cutanées de la scrofule secondaire sont inflammatoires, fibroplastiques, tuberculeuses.

Aux scrofulides inflammatoires^ se rattachent la scrofule cutanée de MM. Rayer et Baumes, Timpetigo rodens de Bateman,lascrofulide pustuleuse de M. Hardy, etc.; aux scrofulides fibrO'plastiqueSy toutes les formes de lupus proprement dit; aux scrofulides tuberculeuses, notre molluscum tuberculeux ( le mot tubercule est pris ici dans le sens de tubercule de Laennec, ou de produit morbide).

Les scrofulides profondes ont leur place marquée dans l'évolution de la scrofule; elles correspondent à la deuxième étape de la maladie. Ce n'est pas par caprice ou par fantaisie que je leur assigne cette place.

On peut se convaincre de l'exactitude du fait en étudiant avec soin la série successive des accidents, dans les cas de scrofule régulière et complète : toujours le lupus ou Timpetigo rodens apparaît après les gourmes et avant la manifestation des lésions du système osseux. La durée des scrofulides malignes est en général fort longue, souvent même de plusieurs années, et ce caractère important sert à les distio-

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guer des syphilides profondes, qui souvent ont avec elles la plus grande ressemblance. Cette même physionomie, cette analogie dans les caractères objectifs que présentent les scrofulides et les syphilides consécutives, est telle que quelques auteurs ont pensé, mais à tort, que les scrofulides malignes n'étaient que de la syphilis transmise par voie d'hérédité.

Troisième période (scrofule tertiaire). — Elle est surtout caractérisée par les lésions du système osseux. Les surfaces osseuses, les articulations, la continuité et le centre des os sont SQccessiyement envahis.

Nous avons donc à considérer ici :

1* Des abcès froids profonds ; S* des périostites ; 3"* des tumeurs blanches ^ b!" des ostéites raréfiantes ou condensantes; 5» des eearies simples ou tuberculeuses; 9* des hyperùstoses avec ou sans carie; 7* des spina ventosa^ caractérisés par une inflammation des tissus médullaires avec dilatation des parties centrales de l'os et amincissement des parois, et enfin des nécroses^ afl*ection très rare dans la scrofule.

Les produits de la suppuration du système osseux qui forment les abcès, d'abord sessiles, deviennent migrateurs, et gagnent le plus ordinairement la surface tégumentaire; ils forment collection sous la peau, amincissent, perforent cette memlurane, se font jour à l'extérieur, et laissent à leur suite des trajets Bsluleux, des décollements, etc.

Quelquefois ces collections vont aboutir à la surface tégumentaire interne, qu'elles perforent par un travail d'ulcération; le pus tombe dans l'intestin et vient sortir par l'anus.

Enfin, dans des cas plus rares, l'abcès par congestion s'ouvre dans la vessie, et le pus est rejeté par l'urèthre avec les produits de la sécrétion urinaire.

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C*esl pendant celle période que se montrent les symptômes dits généraux. Les traits du visage s'allèrent; le visage loiméme prend une teinte pâle bien prononcée; les forces se perdent graduellement; on voit se manifester les signes irré» cusables d'une altération du sang, des inGllralions séreuses dans les membres, et parfois même de Talbuminurie. Les fonctions digestives sont le plus ordinairement altérées ; la diarrhée se déclare, par intervalles d'aboid, puis d'une manière permanente. L'amaigrissement fait des progrès. Le pouls est quelquefois accéléré-, mais en général on n'observe pas les phénomènes de la fièvre hectique. La sueur» en particulier, fait presque toujours défaut.

Par le fait des accidents survenus pendant cette période, la maladie peut se terminer d'une manière funeste. Le plus ordinairement, la mort a lieu par l'épuisement graduel des forces et de la sensibilité, mais dans quelques cas, elle survient par suite d'une affeclion intercurrente, une pleurésie par exemple. Ailleurs, elle est la conséquence d^une rupture vasculaire. Enfin j^ai vu, dans plusieurs cas, un caillot arrêté dans une artère ou dans une veine, amener un obstacle à fa circulation, d'où un sphacèle mortel des parties situées audessous.

Quatrième période {scrofule quaternaire ou viscérale), — Dans les trois périodes précédentes, les dcterminAions de la scrofule avaient lieu sur l'appareil tégumentaire interne ou externe, sur l'appareil ganglionnaire lymphatique, sur les tissus cellulaires ligamenteux ou osseux; dans la quatrième période, ce sont les viscères qui vont se trouver pris.

Tantôt les affections dont nous allons parler se montrent dans leur ordre régulier de succession, c'est-à-dire qu'elles

apiiaraissent à la suite de celles qui ont caractérisé les périodes précédentes ; d'autres fois, il faut bien le savoir, elles débutent d'emblée. Mais, dans ce dernier cas, le danger est très grand ; il est bien rare que la thérapeutique puisse en triompher. La scrofule viscérale consécutive offre plus de . chances favorables.

Quelles sont donc les affections qui constituent la scrofule quaternaire ou viscérale? C'est:

1" Laphthisie bronchique, pnimonaire ou pleurale, ayant pour lésion anaiomique le tubercule dans les deux premières, Tabcès de la plèvre dans la troisième.

2* La phthisie abdominale, comprenant le carreau et la péritonite tuberculeuse ; différentes tumeurs du foie et du pancréas, tumeurs de nature diverse : fibro-plastiques, tuberculeuses ou squirrho-tuberculeuses, dégénérescences graisseuses, etc.; les altérations du rein, qui donnent lieu à Talbuminurie (maladie de Bright] ; diverses tumeurs de Tovaire, certaines indurations de Tutérus» etc.

3** \a scrofule cérébrale.lci se rangent la méningite tuberculeuse ou granuleuse, les tubercules dans le cerveau ou le cervelet. Les convulsions qui se montrent alors sont ordinairement la conséquence de la tuberculisation dans l'appareil nerveuK central, tandis que les troubles de la sensibilité et du mouvement, que Ton observe dans la période précédente, sont plutôt dus à une compression du cerveau ou de la moelle, occasionnée surtout par des dépôts ayant pour point de départ une affection du système osseux du crâne ou de la colonne vertébrale (maladie de Pott) .

Dans la quatrième période de la scrofule, il existe le plus souvent, avec la lésion viscérale, des affections osseuses de la troisième période, ou des tumeurs blanches ulcérées, ou

des abcès profonds qui se sont fait jour à Textérieur du corps et aboutissent, soit à des ouvertures fistuleuses, soit à des ulcères plus ou moins vastes et étendus.

L*ulcère est en quelque sorte la terminaison obligée de la plupart des manifestations scrofuleuses. L'ulcération se montre à la suite des ganglites suppurées, à la suite des abcès froids, à la suite des abcès circonvoisins ou ossifluents de la tumeur blanche, à la suite de la carie des os ; elle succède encore à la fonte des tubercules mammaires ou testiculaires : c'est le phénomène principal du lupus, etc., etc.

Du reste, rien de plus variable que les caractères physiques de ces ulcérations, tantôt à ciel ouvert, tantôt i trajet fistuleux, à bords amincis ou indurés, adhérents ou décollés. La coloration est tantôt vive, tantôt livide, grisâtre; ici, le fond est granuleux ; là, il présente des bourgeons saillants, luxuriants et même de véritables végétations, ou bien il offre une sorte de couenne grisâtre. Le pus qui s*en écoule est quelquefois épais, bien lié, crémeux, comme le pus du phlegmon ; d'autres fois, il est sanieux, mêlé de grumeaux; ailleurs, clair et ténu ; ailleurs encore, trouble et sanguinolent.

Les cicatrices qui résultent de la guérison de ces ulcères se montrent également sous divers aspects, qui ont été très bien décrits par Baudelocque. Suivant l'auteur que je viens de nommer, < les cicatrices scrofuleuses difformes sont le plus souvent formées par plusieurs petites cicatrices superposées, accolées ou enchâssées les unes dans les autres. En les examinant avec attention, tantôt on trouve une ou plusieurs brides, adhérentes par leurs extrémités, libres dans le reste de leur étendue, disposées tout à fait comme les éolonnes charnues de la deuxième espèce que Ton voit dans

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les ventricules du cœur; tanlôl les brides, adhérenles par leurs extrémités, le sont encore dans toute leur longueur^ comme les colonnes charnues du cœur de la troisième espèce; d'autres fois on découvre une ou plusieurs cicatrices roulées sur elles-mêmes et fortement appliquées sur une cicatrice située plus profondément; quelquefois des portions saillantes, des espèces de végétations, sont implantées au milieu ou sur les côtés d*une large cicatrice, etc. » (Études sur ies causes^ la nature et le traitement de la maladie tarofuleuse^ p.* 323.)

Dans les cas les plus ordinaires, la scrofule, parvenue i la quatrième période, marche irrésistiblement vers une ter* minaison fatale. Alors se montre tout Tensemble des symptômes qui caractérise la cachexie scrofuleuse^ étal qui n*est pas propre seulement à la dernière période, mais peut se montrer dans toutes, quoique plus particulièrement dans les deux dernières. La cachexie scrofuleuse est le résultat de l'épuisement du malade produit par des suppurations abondantes, des souffrances prolongées, une diarrhée incoer* cible, etc.

a* Des fonnes de la sorofide.

La scrofule, dans son évolution, ne suit pas toujours Tordre régulier dont nous venons de vous esquisser à grands traits le tableau; certaines périodes peuvent manquer, mais ces irrégularités ne sont pas aussi communes qu'on pourrait le croire. Les accidents propres aux premières périodes ont pu se montrer, mais a un faible degré, et échapper ainsi à l'at* tention du malade et même du médecin qui lui a donné des soins dans son enfance. Nous l'avons dit, la portée réelle du

phénomène qui caractérise la première période est aujourd'hui trop souvent méconnue; nous en avons chaque jour la preuve. Enfin, vous rencontrerez souvent, dans la pratique, des malades qui vous déguiseront la vérité; mus par un sentiment de crainte ou de fausse honte, ils ne veulent pas avouer qu'ils ont été atteints de ces affections qui accusent un vice congénital ou acquis, telles que les dartres, la scrofule ou la syphilis. Il leur semble qu*en trompant le médecin et en cachant leurs antécédents, ils atténueront la gravité de leur mal. Il faut être en garde contre cette source d'erreur, et presser le malade de questions, soit pour rappeler ses souvenirs, s*il est de bonne foi, soit pour le forcer à dire la vérité, s'il cherche à la dissimuler.

Dans certains cas, la scrofule est à Tétat latent, et c'est une cause extérieure ou bien une affection morbide qui vient réveiller, en déterminer le siège et lui donner, dès le début, les caractères d'une période plus avancée. Ainsi un coup, une chute, peuvent,chez un sujet fortement prédisposé, amener une tumeur blanche de l'articulation lésée, des abcès froids suivis de fistules ou des caries dans les parties contuses.

Comme on le voit, dans ces cas, la scrofule tertiaire se montrera d'emblée. Ailleurs, c'est une pleurésie qui déterminera une éruption de tubercules dans le poumon, c'est-àdire la scrofule du quatrième degré.

Dans quelques cas, la maladie suspend brusquement sa marche, soit dans le cours de Tune de ses périodes, soit dans un intervalle, soit à une époque de transition, et donne ainsi au patient un sursis de plusieurs années, pendant lesquelles la guérison semble complète. D'autres fois, l'ordre des périodes est interverti. La maladie débute par des engorgements

ganglionnaires qui s*ulcèrent; puis viennent de nouvelles poussées, etc. Ailleurs encore la scrofule secondaire fait défaut, et la première et la troisième s'enchaînent sans intermédiaire; ou bien enfin ces deux périodes se confondent, et marchent parallèlement.

On ohserve également de grandes irrégularités dans la durée de ces dififérentes phases d'évolution.

Relativement à l'époque de l'invasion, la maladie débute à tous les âges, mais plus particulièrement dans les premières périodes de la vie; ce n'est que très rarement qu'on la voit survenir dans la vieillesse. Je ne puis partager les idées de H. le docteur Dumoulin, qui regarde le lichen, le pemphigus et le prurigo des vieillards comme de nature scrofuleuse ; je ne vois là que de véritables dartres (herpétides ou ar*

Après vous avoir montré l'ensemble des caractères qui distinguent la scrofule, je dois vous faire connaître les différentes formes sous lesquelles on la voit se produire, et les aspects divers et quelquefois trompeurs qu'elle peut revêtir. Ainsi une ou plusieurs périodes peuvent manquer; la maladie est tantôt bénigne, tantôt maligne. Certain phénomène peut prédominer, et donner une physionomie particulière à la maladie; aussi les auteurs ont-ils reconnu de tout temps la nécessité d'admettre plusieurs formes de la scrofule.

Le docteur Hilcent, auteur d'une excellente monographie sur la scrofule, reconnaît, avec Sauvages, une scrofule vulgaire, une bénigne et une maligne; il ajoute la forme fixe primitive.

Pour moi, je réduirai toutes les manifestations si variées de la scrofule à sept formes principales : 1^* la scrofule régu- Hère et complète, dans laquelle les périodes se succèdent

dans Tordre précédemmenl indiqué : cette forme n*est pas la plus fréquente ; 2* la scrofule incomplète : c'est la forme vulgaire des auteurs ; elle est très commune, et nous offrira plusieurs variétés à considérer; 8* la scrofule bénigne^ qui doit son nom au peu de gravité des phénomènes dont elle se compose; &"* la scrofule maligne , dont le nom seul vous fait comprendre toute la gravité; 6° la scrofule fixe primitive^ qui semble localisée dès le début; 6» la scrofule ulcérative ou phagédénique ; T et enfin la scrofule larvée^ si souvent méconnue.

1" Scrofule régulière et complète. — Elle présente ordinairement un degré moyen dans la gravité des accidents qui la constituent. Un exemple vous fera comprendre ce que j'entends par là.

Un enfant est tourmenté, pendant les premières années de sa vie, par des pseudo-teignes, des eczémas rebelles qui ne cèdent pas aux moyens ordinaires de traitement. Les croûtes persistent, Tinflammation s'étend aux bulbes pileux. Enfin, au bout de plusieurs mois, de plusieurs années, les croûtes se détachent pour ne plus se reproduire, laissant les surfaces jadis enflammées complètement guéries, mais en partie dénudées de cheveux. Pendant ce temps, les ganglions lymphatiques du cou se sont engorgés sympathiquement.

A la suite de ces accidents, vers l'âge de sept à huit ans, on voit se manifester des ophthalmies qui suivent régulièrement leurs périodes. Ces ophthalmies laissent, comme traces de leur passage, des taies sur la cornée.

Cependant les ganglions cervicaux sont restés dans l'état d'engorgement dont nous parlions tout à l'heure; ils forment sur l'un des côtés du cou ou des deux côtés des tumeurs plu» ou moins volumineuses. Cet état persiste pendant un temps

variable; puis TinOammation s'empare des tumeurs; il se forme des abcès auxquels succèdent ces ulcérations fistuleuses que nous avons mentionnées dans notre dernière leçon. Enfin de nouvelles poussées déterminent Tengorgement des^ ganglions axillaires ou des ganglions situés en arrière de la clavicule et du sternum. Après la guérison des ulcérations scrofuleuses, on voit des cicatrices plus ou moins déprimées et apparentes.

Ces divers accidents nous conduisent à la puberté, époque où se présente souvent un temps d'arrêt qui fait croire à la guérison ; mais vers l'âge de dix-sept ou dix-huit ans, on voit survenir aux ailes du nez, autour des lèvres, etc. , des groupes de tubercules rougeàtres, luisants, etc. : c'est le lupus. Ce lupus « qui persiste souvent pendant très longtemps, peut quelquefois disparaître ; mais à cette époque de la vie, c'està-dire vers dix-huit, vingt ou vingt-cinq ans, de nouveaux accidents viennent souvent se montrer sur la scène : ce sont des engorgements articulaires, des tumeurs blanches,, des ostéites, aCTectant plus particulièrement les os de la main, de lavant-bras ou du pied ; puis le sujet peut guérir et rester tranquille pendant un temps quelquefois fort long, jusqu'à Tige de quarante ou cinquante ans. Alors de nouveaux désordres vont se manifester : chez l'un, des tubercules se développeront dans le poumon, ou bien, déjà préexistants, ils feront explosion, et les phénomènes de la phthisie apparaîtront; chez un autre, c'est du côté du ventre qu'auront lieu les déterminations morbides : il surviendra des tumeurs dans le mésentère, dans le tissu du foie, des hydropisies, etc., et le long intervalle qui s'est écoulé entre les accidents précités et ceux qui se manifestent alors auront fait perdre de vue la liaison qui les rattache les uns aux autres. L'origine commune

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sera méconnue et ridentité de nature incomprise. C'est ce qui se passe tous les jours sous les yeux des médeelus, sans qu'ils puissent s^en rendre compte.

T Scrofule incomplète (vulgaire). — C'est assurément celle qui se présente le plus souvent à l'observation; elle est d'une moyenne gravité. Nous pouvons en reconnaître plusieurs variétés.

Ici des ophthalmies ont ouvert la scène ; à ces ophthalmies, et sans ganglites intermédiaires, a succédé le lupus. Ailleurs ce sont encore les ophthalmies qui se sont manifestées les premières ; puis ont apparu des engorgements écrouelleux : ceux-ci même ont pu manquer; mais enfin le phénomène principal, c^est l'apparition de tumeurs blanches, d'ostéites. Dans d'autres cas, la première et la seconde période font défaut; c'est la «troisième qui se montre d'emblée. Des caries s'emparent de certaines parties de l'appareil osseux, mais plus spécialement des parties qui constituent le squelette de la main ou du pied, et bientôt on voit survenir les signes de la tuberculisation pulmonaire. Enfin on peut observer seulement les accidents de la seconde et de la troisième période, et particulièrement le lupus^ ou bien la scrofule osseuse plus ou moins profonde, plus ou moins multipliée.

3** Scrofule bénigne. — Elle est caractérisée par le plus faible degré des accidents de la première période : quelques éruptions de gourmes, des ophthalmies plus ou moins répétées, avec ou sans engorgement glandulaire. Ces accidents peuvent exister simultanément, ou ne se montrer que d'une manière successive.

Nous devons encore considérer comme appartenant à la scrofule bénigne des cas dans lesquels se montrent quelquesuns des accidents propres aux difi^érentes périodes, mais

proroptement arrêtés dans leur cours et notablement atténués dans leurs manifestations.

A* Scrofule maligne. — C'est le degré le plus élevé et le plus grave des affections qui constituent la scrofule. Cette gravité peut exister pour tous les accidents des différentes périodes, qui se montrent alors [avec une intensité insolite; mais elle est surtout recrnnaissable par sa tendance aux tuberculisations viscérales, aux dégénérations de diverse nature, à Tassociaiion des différents éléments morbides. Cetle fâcheuse disposition ne légitime que trop la distinction que nous établissons ici.

i^ Scrofule phagédénique. — Lsi tendance à l'ulcération est commune à toutes les variétés de la scrofule; mais elle existe quelquefois à un degré exagéré, de manière à constituer une forme à part. Du reste, cette disposition peut se rencontrer dans les différentes formes déjà établies. Il ne faut pas confondre le phagédénisme scrofuleux avec la pourriture d'hôpital, qui est contagieuse, tandis que l'autre ne Test pas. C'est là, notez-le bien, le caractère distinctif de la forme qui nous occupe. Le phagédénisme apparaît dès le début. On le trouve souvent réuni à la scrofule fixe primitive, dont nous alloDs parler.

6* Scrofule fixe primitive. — Ici la maladie n'est accusée que par une seule affection, qui se montre au début et persiste pendant tout le cours de la maladie. Tantôt c'est une ophlhalmie, tantôt un lupus ^ ailleurs une tumeur blanche ; souvent même le début de l'affection particulière coïncide avec une cause extérieure. Ainsi, par exemple, une tumeur blanche bien manifestement scrofuleuse se développera à Toccasion d'une entorse ou d'une contusion. C'est ici que se montrent souvent les accidents du phagédénisme.

110 DE LA SCROFtlLE.

T Scrofule larvée. — Elle emprunte l'appareil symptomatique d'une autre maladie. Ainsi, elle pourra revêtir l'apparence d'une phlegmasie, d'une phthisie, d'une fièvre typhoïde. Il faut considérer la méningite granuleuse comme une forme larvée de la scrofule ; nous devons en dire autant de la péritonite tuberculeuse.

La diathëse tuberculeuse générale n'est autre chose qu'une forme larvée de la maladie qui nous occupe.

4* Marche de la scroftile.

Elle est généralement lente; quelquefois cependant on voit la maladie marcher avec une grande rapidité; la scrofule larvée, par exemple.

Dans certains cas, la terminaison a lieu d'une manière très prompte ; c'est ainsi qu'une olorrhée scrofuleuse, avec carie du rocher, détermine brusquement une méningite, bientôt suivie de la mort. La puberté, le mariage, l'âge critique chez les femmes, influent quelquefois d'une manière très notable pour activer ou ralentir les progrès de la maladie.

On voit, dans certains cas, des intervalles de santé s'élablir et persister pendant un temps plus ou moins long. Les saisons, dont on a tant exagéré Pinfluence, me paraissent agir seulement sur la scrofule primitive. La scrofule muqueuse ou catarrhale est plus intense pendant l'hiver, et la scrofule cutanée se réveille habituellement au printemps. Les climats chauds ont une action incontestable, mais plus particulièrement sur les sujets qui ont habité antérieurement des régions moins favorisées. Le régime, les agents thérapeutiques, modifient également la marche de la scrofule.

MAlICfiB ET DURÉE. 111

5* Terminaisons.

Une guérison radicale, définitive, peut être obtenue, cela est incontestable. On a parlé de crises, d'éruptions furonculeuses, de la formation d'abcès à la suite desquels on voyait les accidents marcher rapidement vers la guérison. Je n'ai jamais rien vu de semblable. La mort est assez commune : elle arrive le plus souvent d^une manière graduelle, par le fait des progrès de la cachexie. Quelquefois elle succède à un accident, et arrive alors prématurément. Ici, c'est une héroorrhagie rapidement mortelle; là, c'est un caillot qui ferme le calibre d'une artère et amène le sphacèle des parties situées au-dessous ; ailleurs, c'est Taclion mécanique d'une tumeur scrofuleuse sur un organe très important situé dans le voisinage. Une masse tuberculeuse placée sur le trajet des grosses bronches va comprimer les canaux aériens et donner lieu à une asphyxie progressive. D'autres fois, une vomique va s'ouvrir dans les bronches, et ici l'asphyxie sera instantanée. Dans d'autres cas enfin, c'est une perforation du péri* loine qui amènera une péritonite suraiguê. Je possède des exemples de ces diOërentes terminaisons.

a* Durée.

Elle est généralement très longue. Comme nous l'avons dit en parlant de la marche, pour s^en convaincre et s'en faire une idée, il sudit, en parcourant une salle de scrofulcux, de jeter les yeux sur les pancartes, et l'on verra que la plupart des malades sont admis depuis cinq, six, huit mois, et môme depuis plusieurs années. Dans cette durée, il faut faire entrer en ligne de compte les récidives. Ici il ne faut pas con-

fondre le3 récidives de la maladie avec les récidives des affections ou des accidents de la maladie elle-même. Il faut appeler récidive le retour, après guérison, de toutes les périodes, ou au moins de la deuxième et de la troisième période, et la persistance des accidents pendant un temps assez long. Quant aux accidents isolés, ils reparaissent 1res fréquemment, parfois même à plusieurs reprises, mais sans que cela implique nécessairement le retour de la maladie. Les scrofulides, les autres phénomènes de la scrofule primitive sont très sujets à récidiver, et ils se répètent assez souvent aussi dans le cours de la seconde et de la troisième période.

7" CompUcatioas.

Les plus ordinaires sont les suivantes : Térysipèle, les Gèvreséruptives,la coqueluche, lasyphilis, le rachitis, Tarthritis, la dartre et les teignes.

Vérysipèle est une complication des plus communes. Loin d'aggraver la maladie, il semble plutôt en bâter la solution favorable.

Je puis en dire autant des fièvres éruptives. Plusieurs fois, à la suite d'un exanthème fébrile, j*ai vu les ulcérations scro* fuleuses marcher activement vers la cicatrisation. Lugol était d'une opinion contraire : il croyait ces fièvres, mais surtout la variole, susceptibles d'aggraver les accidents et de donner une impulsion nouvelle à la maladiç. Mon expérience n'est pas ici d'accord avec celle de ce praticien, et je crois qu'il se sera laissé influencer par quelques cas exceptionnels.

Quant à la coqueluche ^ son influence m'a paru défavorable. Je l'ai vue provoquer la phthisieou bien en hâter les progrès, lorsqu'elle était déjà développée.

TERMINAISONS. — COMPLIGATIOMS. 113

La st/pfdlis et la scrofule sont deux maladies essentiellement différentes. C'est par erreur que certains auteurs ont dit que, quand la scrofule venait à se compliquer de syphilis, il y avait association, en quelque sorte mariage ou fusion des deux maladies, pour produire des phénomènes particuliers, de la même manière qu*un acide et une base forment un sel dont les propriétés diffèrent de celles des corps composants. La syphilis et la scrofule qui se rencontrent sur un même sujet marchent isolées, conservant chacune la physionomie que lui imprime sa spécificité, ou du moins si elles s'influencent, ce n estque très légèrement. Ainsi, il peut arriver que,quand Tune des deux a une très faible intensité, la plus forte fasse taire la plusfaible; mais alors, quand celle qui prédominaita été guérie, l'autre reparait et reprend son cours. Du reste, quand je rencontre la syphilis et la scrofule chez un même individu, je guéris d*abord la première, et c*est seulement quand elle a complètement disparu que je m'occupe de la scrofule.

Le rachiiis complique la scrofule bien plus rarement que ne le pensent beaucpup de médecins, qui semblent même confondre ces deux maladies. Quand elles existent simultanément, elles marchent et guérissent indépendamment l'une de l'autre.

Vartkritis peut agir d'une manière éminemment nuisible; en fixant, par exemple, sur les articulations, le travail morbide, elle éveille les accidents de la scrofule osseuse. Rien de plus ordinaire que de voir Tarthritis, dans l'adolescence ou l'âge adulte, venir remplacer la scrofule de l'enfance.

La teigne^ je veux parler ici du favus, se montre souvent chez les scrofuleux-, aussi plusieurs auteurs, et notamment M. Hilcent, se sont demandé si le favus est une maladie essentielle ou bien une complication de la scrofule. Voici ma uzm. 8

lia D£ LA SOftOFtJtfi.

réponse à cette question î Os deux maladies n'ont rien de commun que de se rencontrer sur un même individu. Tout ce que l'on peut dire à cet égard, c'est que le scrofuleux offre un terrain très favorablement disposé pour le développement des végétaux parasites qui constituent la teigne proprement dite.

La teigne achromateuse et le pityriasis versicolor se remarquent aussi très souvent chez les scrofuleux. Ce que je viens de dire du favus s'applique également à ces deux aflections parasitaires.

8* Anatomie pathologique.

A Tautopsie des scrofuleux, on trouve les nombreuses lésions qui caractérisent chacune des affections que nous avons précédemment signalées, très souvent aussi des lésions organiques qui ne se sont révélées par aucun trouble fonctionnel pendant la vie, des tumeurs fibreuses ou iardacées, des tumeurs graisseuses, Tintiltration graisseuse ou tuberculeuse des os.

Un des élèves les plus distingués des hôpitaux, M. Bergougnoux, qui a rempli pendant quelque temps les fondions d'élève interne dans mon service, nous a fait voir des pièces préparées par lui, qui ne laissent aucun doute sur Texistence de ces altérations. J'ai vu le tissu compacte des os longs offrant l'aspect, la légèreté, la structure de l'os ethmolde, et des cavités creusées dans les os du tarse, assez grandes pour y loger des marrons, cavitésqui évidemment avaient contenu des tubercules. Le plus ordinairement on constate une altération non équivoque de la membrane muqueuse des voies digestives. Le foie est assez souvent altéré, atrophié ou hypertro-

ËTIOLOGIE. 115

phié, graisseux, albumineux ou tuberculeux ; la bile cysiique est décolorée, etc. A ces lésions, il faut encore ajouter celles des complications ou accidents survenus dans les dernières périodes de la maladie : des phlegmasies ultimes, de la phlébite, de Vobturation artérielle, etc., etc.

90 Êtiologie.

Dans la définition que j\ii donnée de la scrofule, se trouve implicitement renfermée mon opinion sur l'étiologie de cette maladie. J*ai dit en effet : C'est une maladie non contagieuse et le plus souvent héréditaire; par conséquetU les influences extérieures ne jouent qu'un rcMe secondaire dans sa production, et ne peuvent être regardées que comme des causes occasionnelles.

Permettez-moi tout d'abord de réclamer votre attention pour justifier les termes de ma définition, non contagieuse^ héréditaire.

Les auteurs ont été partagés d'opinion au sujet de la contagion. Charmetton, Bordeu, Lalouette ont cru la scrofule contagieuse. Charmetton va jusqu'à dire qu'elle ^est contagieuse à la manière de la variole, par contact direct, par inoculation et par l'intermédiaire de l'air atmosphérique, qui sert de véhicule au principe contagieux. Bordeu rapporte l'observation d'un mari qui fit cadeau à sa jeune épouse, le premier jour de ses noces, de la gale et de la scrofule. Cette scrofule sans doute n'était qu'une angioleucite déterminée par la piqûre de l'acarus. Peut-être, ce qui serait encore plus vraisemblable, était-ce un bubon syphilitique. On a prétendu que le lait d'une nourrice scrofuleuse pouvait engendrer la scrofule chez le nourrisson : c'est là une erreur. Assurément

ce lait n*est pas pour Tenfant une nourriture parfaitement saine, et je pense qu'il est peu de personnes disposées à faire choix, pour allaiter un enfant, d*une nourrice entachée de scrofule; mais je ne sache pas qu'une analyse comparative du lait des scrofuleuses et du lait des nourrices douées d'une bonne constitution ait été faite. Il se pourrait très bien que le sang fût altéré dans la scrofule, et que le lait d'une nourrice atteinte de cette maladie fût parfaitement bon, aussi riche en globules que celui d'une nourrice non scrofuleuse.

L'observation de chaque jour démontre que la scrofule n'est pas une maladie contagieuse. On peut impunément fréquenter les salles de scrofuleux : les infirmiers, qui sont journellement en contact avec les malades, qui pansent leurs ulcères, ne contractent pas la maladie. Kortum a inoculé le pus scrofuleux à des enfants; il n'est résulté de celte inoculation aucun accident scrofuleux. UN. Lepelletier en France, Goodlad en Angleterre, se sont inoculé la scrofule sans résultat.

Tous les auteurs aujourd'hui rejettent la contagion de la scrofule; toutefois, si l'idée de contagion est abandonnée pour la maladie, elle ne Test pas complètement pour toutes les affections de la scrofule. Ce n'est pas du favus que je veux parler : le favus est essentiellement contagieux ; mais il est indépendant de la scrofule. Je veux parler de l'acné varioli* forme, liée presque constamment à la constitution scrofuleuse, affection dont j'ai fait connaître le siège et la nature, et que quelques auteurs, M.Gaillault entre autres, voudraient faire passer pour une maladie contagieuse, s'appuyant sur ce fait qu'à un moment donné des cas nombreux se présentent à l'observation, et parfois sur les divers membres d'une même famille. De cette circonstance particulière, qu'à un

ÉTIOLOGIB. 117

moment donné, un grand nombre d'affections de même nature se présentent simultanément dans les hôpilaux, il ne faut pas en conclure que ces affections sont contagieuses-, il n*y a là qu'une coïncidence fortuile, et c'est ce qui a lieu d'ailleurs pour toutes les affections de la peau. On voit, aux consultations de l'hôpital Saint-Louis, affluer, à certaines époques, les pemphigus, les zona, etc., tellement qu'on pourrait les croire épidémiques. Il doit en être de même du varus ombiliqué.

Voyons actuellement le rôle que joue l'hérédité.

J'ai dit : La scrofule est le plus souvent héréditaire; mais telle n'est pas l'opinion de tous les auteurs. Il en est qui ont nié l'hérédité (Faure, Diels, White, Henning); d'autres ont pensé, avec Lugol, que la scrofule était constamment héréditaire; d'autres enfin, comme Baudelocque, que l'hérédité seule ne suffisait pas, et qu'il fallait encore l'intervention d^une cause occasionnelle.

Que doit-on entendre par l'hérédité de la scrofule? Est-ce la transmission, des parents aux enfants, de la maladie déclarée, de la complexion scrofuleuse ou de la simple prédisposition? Chacun de ces trois états morbifiques peut être transmis héréditairement. Chaussier rapporte le cas d'un enfant qui vint au monde avec des écrouelles en suppuration ; mais des faits de cette nature sont assez rares. Il est moins rare de voir des fœtus avec des tubercules suppures dans les poumons. Un fait moins rare encore , c'est la transmission de la prédisposition effective ou de la constitution strumeuse. D, dans rimmense majorité des cas, ce n'est que la simple osition ou la cause interne que le père lègue à ses enfants.

On a dit que l'influence héréditaire pouvait sauter une

génération — cela me paraît exact; — qu'elle s'exerçait surtout du côté paternel. Les preuves manquent à l'appui de cette manière de voir. La faculté de transmettre héréditairement la scrofule est-elle innée ou acquise? Dépend-elle constamment de la même maladie en germe ou déclarée chez les parents avant la procréation, ou peut-elle se développer sous l'influence de certaines conditions spéciales, de maladies, par exemple, étrangères à la scrofule?

Que des parents scrofuleux puissent engendrer des enfants scrofuleux, il ne saurait y avoir sur ce point aucune dissidence parmi les médecins ; mais peut-on admettre de môme, avec Lugol, que des phthisiques engendrent des scrofuleux! Il faut s'entendre.

Lugol a confondu la phthisie essentielle avec la scrofule ; il a trop généralisé un fait d'observation qui n'est vrai que dans des circonstances particulières. Des parents phthisiques peuvent donner le jour à des enfants scrofuleux ; cela est certain, personne ne le conteste. Mais ces parents phthisiques étaient atteints de phthisie scrofuleuse symptomatique,et non de phthisie essentielle ou diathèse tuberculeuse.

Beaucoup d'auteurs, et Lugol encore, prétendent que des parents atteints de syphilis peuvent engendrer des enfants scrofuleux. Cette opinion, qui n'est pas nouvelle, puibqu'elle a pour elle l'autorité d'Astruc, de Stoil, de Selle, d'Alibert, n'est pas admise par Baudelocque; elle ne l'est pas par M. Lebert; je ne la partage pas non plus. Elle a d*ailleurs contre elle, parmi )es anciens auteurs, une liste assez longue de noms respectés, parmi lesquels on peut citer CuUen, Baumes et Kortum.

Si les parents sont scrofuleux et syphilitiques, ils pourront transmettre à leurs enfants Tune ou l'autre maladie, ou toutes

ÉTiOLOGIE. J19

les deui à la fois. Je n'adinels pas la dégénérescence ou la transformation de Tune dans l'autre par voie d'hérédité. Baudelocque fait remarquer (jue certains pays, comme Palerme, offrent beaucoup de syphilitiques et peu de scrofuleux, et que, dans d^autres contrées, la scrofule est très commune et la syphilis rare; que la scrofule a existé de tout temps, et que la syphilis ne date que du xv* siècle.

On a avancé que des parents épileptiques ou aliénés engendraient des enfants scrofuleux. La distinction que j'ai faite pour la phthisie est encore ici parfaitement applicable : répilepsie et la folie sont quelquefois symptomatiques de lésions cérébrales d'origine scrofuleuse, et Ton comprend parfaitement que, dans ce cas particulier, les personnes qui en sont atteintes puissent donner naissance à des enfants scrofuleux. Dans tous ces cas, le fond est le môme; la forme seulement est différente.

La conception pendant les règles, la disproportion d'âge chez les époux, les extrêmes limites de lu jeunesse ou de l'âge mûr chez les parents, ont été données, mais sans preuves, comme des causes de la scrofule chez les enfants. Il en est de même des chagrins, des émotions de toutes sortes éprouvés parla mère pendant la gestation. Toutes ces causes peuvent sans doute débiliter la constitution, mais la faiblesse de la constitution n*est pas la scrofule.

La plupart des auteurs admettent que, dans une même famille, la scrofule se transmet plus particulièrement aux derniers nés. Je pense, au contraire, qu'en général l'hérédité s'exerce avec plus de force sur les premiers produits de la fécondation. Ainsi, des parents entachés de scrofule engendreront tout d'abord des enfants qui succomberont fort jeunes à h scrofule maligne ou à la scrofule larvée, à la méningite

granuleuse par exemple^ et plus tard ils auront des enfants sur lesquels on verra se développer les accidents de la scro* fuie commune ou de la scrofule bénigne.

Il en est absolument de même pour la syphilis. Si Tun des parents se trouve sous Tempire de la dia thèse syphilitique à répoque de la fécondation, les premiers enfants qu*il engendrera mourront dans le sein maternel ou peu de temps après la naissance, tandis que ceux qui viendront plus tard seront atteints de syphilis héréditaire dont Fart pourra triompher.

Pour terminer ce ]qui est relatif à l'hérédité, je mentionnerai encore une opinion particulière de Lugol sur le croisement des races, qu*il regarde conf me un moyen préservateur de la scrofule. C'est à ce défaut de croisement qu'il faut attribuer, suivant lui, les progrès de la scrofule chez les Juifs; mais il me semble qu'il faudrait commencer par établir le fait. C'est à la même cause qu'il rapporte le développement de la scrofule sur les grands d'Espagne et les nobles de Pile de Jersey, qui ne s'allient qu'entre eux.

Voyons actuellement quelle influence exercent sur le développement de la scrofule les modifications physiologiques et hygiéniques ; nous dirons après la part que peuvent y prendre les causes pathologiques tant externes qu'internes.

Age. — C'est assez souvent vers l'âge de deux à cinq ans que se montrent les premiers accidents de la scrofule. Sa plus grande fréquence est entre cinq et quinze. Après la puberté, la scrofule est moins fréquente. Elle est déjà rare de quarante à soixante, et après soixante ans, elle est extrêmement rare.

Sexe. — Elle attaque à peu près indilTéremmcnt l'un et Vautre sexe. Si l'on s'en rapporte à H. Lepelletier, elle serait beaucoup plus fréquente chez la femme que chez l'homme.

ÉTIOLOGIE. 121

dans la proportion de 5 à 3. Les relevés de M. Lebert ne s'accordent pas avec ceux de M. Lepelletier; suivant lui, les deux sexes seraient à peu près également partagés; seu*lement le sexe aurait une influence marquée sur la détermination de tel ou tel genre d*aflections scrofuleuses. Ainsi, prédisposition égale chez l'homme et chez la femme pour la scrofule; prédisposition plus grande du sexe masculin pour les affections articulaires, les abcès et les ulcères ; plus grande du sexe féminin pour les ophthalmies et les affections de la peau.

Tempérameni lymphatique. — J'ai déjà dit ce que je pensais du tempérament lymphatique et de la constitution : je De le répéterai pas. Les sujets dits lymphatiques, à peau blanche et fine, aux yeux bleus, cheveux blonds, aux formes arrondies^ sont en minorité; on voit plus souvent la scrofule attaquer des individus aux cheveux châtains ou noir», à l'œil vif, aux formes sèches et grêles. Au reste, on conçoit fort bien, comme le dit avec beaucoup de justesse M. Beaugrand, que les caractères physiologiques des sujets scrofuleux doivent varier suivant les pay^

Air ambiant. — Son influence serait très grande dans la production des scrofules, au dire de quelques auteurs. Baudeloc(|Qe, entre autres, attribue à la viciation de Pair la plus large part dans le développement de cette maladie ; mais, évidemment, il s'est exagéré cette influence en la regardant comme la cause occasionnelle à peu près unique de la scrofule. Toutefois, l'action d'un air condensé, insuffisamment renouvelé, altéré par des miasmes, ne peut être mise en doute quand on songe au nombre considérable de scrofuleux que renferment les grandes villes, et notamment les quartiers les plus populeux, qui sont aussi les quartiers les plus

malsains, ceux où les rues sont étroites, les maisons élevées, les chambres petites et sombres, dans lesquelles ne pénètre qu'avec peine Tair, qui doit cependant servir à la respiration d^habitants nombreux et pour ainsi dire, entassés. Aussi le moyen le plus efficace de diminuer le nombre des scrofuleux dans la capitale, c*est bien assurément, comme on le fait aujourd'hui, d'élargir les rues trop étroites, d'ouvrir des voies nouvelles au milieu des quartiers les plus populeux, et d'élever pour le pauvre de nouvelles habitations où tout est calculé sur les règles d'une hygiène bien comprise.

Ajoutons que la scrofule est aussi plus commune dans les vallées que sur les montagnes.

La privation de lumière, la diminution du fluide électrique, d*après M. de Humboldt, l'humidité de l'atmosphère, sont autant de causes prédisposantes de la scrofule. C'est aux vicissitudes atmosphériques, aux transitions subites du chaud au froid, que l'on attribue la plus grande fréquence des scrofules dans les zones tempérées.

Aliments et boissons, — La nourriture exclusivement végétale, les légumes farineux, le pain ihal préparé, mal cuit, le pain noir de farine de seigle, d'orge ou de sarrasin, les vins acides, le cidre, l'eau provenant de la fonte des neiges, etc., ont été regardés comme autant de causes de scrofule.

On a aussi accusé l'allaitement artificiel; mais, comme le dit Baudelocque avec juste raison, dans la Normandie, oh la plupart des enfants sont élevés au biberon, il n'y a pas plus de scrofuleux qu'ailleurs, et si la mauvaise nourriture était la cause principale des écrouelles, on les observerait presque uniquement dans la classe pauvre, tandis qu'il s'en faut de beaucoupque la classe riche soit entièrement épargnée.

PATHOOÉNIE. 123

Enfin, les causes pathologiques de la scrofule sont les pblegmasies, le rhumatisme, les fièvres éruptives, la coqueluche, etc. ; les causes physiciues sont les coups et les chutes, les brûlures, les plaies, etc., qui toutes peuvent éveiller les maoifestations scrofuleuses.

10* Pathogénio.

Elle soulève les trois questions qui suivent :

1* Quelle est la nature de la scrofule?

2* La scrofule existe-t-elle comme unité pathologique ; comment prouver qu'elle existe?

3"* Quelle place la scrofule doit-elle occuper dans les cadres nosologiques ?

Les médecins naturistes se partagent en deux classes : humoristes et solidistes.

L'humorisme a successivement placé la nature de la scrofule : l"" dans les altérations de la pituite (humeur froide ou mélancolique), c'est la théorie ancienne ; 2* dans les altérations de la lymphe (acidité ou alcalinité, épaississement, viscosité, acrimonie, vices ou virus scrofuleux); 8* dans les altérations du sang.

La première opinion n'a pas besoin de réfutation. La double hypothèse des altérations de la pituite ne pouvait plus être admise après la découverte du système lymphatique; la lymphe devait naturellement remplacer la pituite. Mais si l'existence de la lymphe comme fluide normal ne peut être contestée, il ne s'ensuit pas que la scrofule doive être considérée comme une conséquence de ses altérations. Personne n'a constaté des altérations de la lymphe dans la scrofule. Les anatomo-pathologistes qui ont analysé les produits mor-

bides de la scrofule n'y ont pas rencontré les éléments constitutifs de rhumeur qui se trouve normalement dans les vaisseaux lymphatiques.

Quant à la troisième opinion, qui fait dériver la scrofule • d'une altération du sang, opinion à laquelle sembleraient vouloir se rattacher M. Bouillaud et beaucoup de médecins de nos jours, elle mérite d'être examinée.

Le sang des scrofuleux a été analysé par M. Andral, .MM. Becquerel et Kodier. On l'a trouvé moins riche en Bbrine, moins riche en globules. On a constaté une augmentation proportionnelle du sérum ; on a trouvé aussi les globules déformés. Mais, comme le dit M. Lebert, ces altérations ne sont pas constantes ; elles n'ont lieu qu'à une période avancée de la maladie, et tout semble prouver qu'elles ne sont qu'un effet secondaire.

Les solidistes ont cru pouvoir expliquer la scrofule par la débilité du système lymphatique. L'un admet en môme temps une augmentation d'activité dans les bouches absorbantes et une faiblesse des conduits et des ganglions, d'où la viscosité, le ralentissement et la concrétion de la lymphe; l'autre, une faiblesse particulière des organes chargés de l'élaboration des fluides blancs, d'où l'altération de ceux-ci, qui deviennent acres et produisent secondairement l'irritation des vaisseaux lymphatiques (Lepelletier). Pour Brous* sais, c'est un état d'irritation et d'inflammation des lymphatiques.

Enfin, quelques auteurs ont cru mieux faire en réunissant les deux opinions, et faisant consister la maladie dans une altération des solides organiques et du sang. Les auteurs du Compendium de médecine pratique trouvent cette opinion de Kortum peu compromettante, et l'adoptent pleinement.

PATHOGtMIR. ^2^

Quant à raoî, je la trouve aussi compromettante que Topinion isolée des humoristes ou des solidistes. Toutes ces hypothèses sont vicieuses et radicalement fausses. Dire que la scrofule consiste dans une altération des solides ou des fluides, c'est confondre la maladie avec la lésion. Puisqu'il est impossible de connaître l'essence des maladies, pourquoi perdre son temps en recherches vaines, et ne pas s'abstenir de toute hypothèse sur la nature de la scrofule?

La seconde question pathologique est relative a Texisteoee même de la scrofule, considérée comme unité pathologique*

Nous avons prouvé l'existence de cette maladie par U description que nous en avons donnée, eo exposant successivement son évolution symptomatologique, ses {lériodes, ses variétés, sa marche, etc.; îl ne saurait rester le moindre doute dans vos esprits. Telle n est pas cependant la manière de voir.de tous les médecins.

Parmi les aoteors qui ont écrit sor U ycrAM^ il faut distinguer ceux qui nient compl^temefit soo eiJ*Urîyne H r^À^i dans les aflEselioiisscroCaleQ?esaatarA de ixia'-i.î>* i.l^^r^'A^, n ayant d'autre liea entre e-j« q»«e U laîLi^?*^ -S^ îa ^^r.t'ilulion, et ceux qm nAmetiecit «me pr^: >fr/K^.>ï vir Â^'^^j^^ une complexioa écrow&ffi^, a U^o^ -5 Tr* i'rc*«-: U v/m de scrofule, réscrant le uim 4e miL^i>% v?»c j'tw.4.»^ avx différentes manileslalKMS Vyak«.

Les premiers «e tig— ut mryi^ nc^-*^ ot l^-j ; y^ régulière des srmfft^oBa, ■ ie h iLsrt^je i*: a «a.i.:^, ^ des caractères spnaatx 4es iaiSjssfsiaijj&f v.7'/Jt^jv^ ^ les seconds, ea ^âÊmifJtmc a ^jr*r^\^\j'x. h^i^r^jt»^^

naissent imptitHrifii* rm*.^ »-V...>r»r>*'. Vtrr^-^

eux, vient de ce np^'is f^jûjuyiSLt fcs 4.5.*-'^ « ^ complicatioBs.

iié DE LA SGROPlLË.

Une autre source d'erreur, et qui n'a pas peu contribué à embrouiller Thistoire de la scrofule, c'a été de prendre la lésion pour principe de classiPication des états morbiCques. De là est venue la séparation de la scrofule et des aflectioas tuberculeuses. MM. Lebert, Guersant, les auteurs du Cornpendium^ MM. Rilliet et Barthez, ont scindé la scrofule en faisant de Tengorgement ganglionnaire, de l'ostéite tuberculeuse, du carreau, etc., autant de maladies différentes. Ils ont évidemment méconnu l'unité pathologique, et confondu la lésion avec la maladie, la partie avec le tout.

D'un autre côté, Lugol est tombé dans une erreur directement opposée. Imbu de l'idée qu'un produit morbifique spécial devait avoir constamment pour point de départ un état morbide identique, et son expérience et son bon sens ne loi permettant pas de démembrer la scrofule , d'en retrancher toutes les affections tuberculeuses qui s'y rattachent essentiellement, il a préféré en faire la source de toutes les productions tuberculeuses, et a confondu ainsi la scrofule avec la phthisie essentielle.

Quelle place donner à la scrofule dans les cadres nosologiques f

Par la multiplicité de ses symptômes et de ses lésions, par sa longue durée, par les intervalles souvent très longs qui séparent ses périodes, la scrofule doit être rapprochée de la syphilis et de Tarthritis. Elle appartient à cette catégorie de maladies qui a été désignée sous le nom de maladies constitutionnelles, bien que cette expression ne soit pas exemple de reproches, puisque la plupart des maladies chroniques Unissent toujours par attaquer la constitution. Mais enfin il suffit de s'entendre et de savoir que, par ce mot, on désigne une famille de maladies que caractérise la muiti-

SÉliÉlOTIQtlE. — DlAGWStlC. 42Î

plicité des aflections, qui sont elles-mêmes très variables et par le siège et par la diversité de leurs produits morbides.

11* Diagnostic.

On doit établir le diagnostic de la maladie, considérée comme unité pathologique, le diagnostic des affections et celui des symptômes.

J'exposerai le diagnostic des affections dans la troisième parlie, consacrée à Tétude particulière des accidents de la scrofule. Il ne doit être question en ce moment que de l* unité pathologique.

La scrofule, considérée comme unité pathologique, peut être confondue avec la dartre, la phthisie essentielle et le rachitisme. Voyons quels sont les caractères distinclifs.

1" La dartre^ au début, est caractérisée par des éruptions cutanées morbides, erratiques, qui ont plus particulièrement pour siège les extrémités supérieures ^t inférieures du corps. Les affections cutanées de nature scrofuleuse affectent, en général, de préférence, la tête et le cuir chevelu; et, circonstance importante à noter, elles ont un retentissement très marqué sur l'appareil lymphatique ganglionnaire voisin. Dans les gourmes, les gangliofis cervicaux sont habituellement engorgés, ce qui n'a pas lieu, en général, pour les dartres proprement dites. Ces dernières sont éminemment prurigineuses; les démangeaisons sont provoquées et aggravées par la chaleur du lit; elles affectent quelquefois des personnes dont les parents avaient été eux-mêmes dartreux. Les sujets chez lesquels elles se montrent, ne présentent pas les attributs aue nous avons reconnus comme étant propres a la constitut* scrofuleusr.

128 DE Là SCROFULE.

Les scrofulides de la seconde période ont pour caractère dominant leur fixité, leur persistance dans les lieux où elles sont nées, tandis que la dartre est mobile, comme nous Ta* vons déjà dit, ou bien suit une marche rampante, progrès* sive, et alterne souvent avec des névralgies, des névroses de diverse nature.

Pendant le temps qui répond à la troisième période, la dartre est fixe et généralisée ^ elle couvre l'enveloppe tégumentaire, et les lésions viscérales qui lui appartiennent diffèrent de celles qui caractérisent la scrofule.

2"* La phthisie essentielle a été confondue par les auteurs avec la phthisie scrofuleuse. L'identité d'aspect de la lésion anatomique, le tubercule, a fait croire à Tidentité de nature; mais c^esl là une erreur très sérieuse. En raisonnant ainsi, on arriverait à confondre des maladies essentiellement distinctes. Ainsi, on ne ferait nulle différence entre la carie scrofuleuse et la carie syphilitique. Le tissu fibro-plastique peut se rencontrer chez des scrofuleux, des dartreux... L'origine est-elle la même? Non, assurément. Ce n'est donc point sur la lésion matérielle qu'il faut se baser pour établir son diagnostic, sous peine de commettre de singulières et bien graves erreurs.

Si vous lisez l'histoire delà phthisie dans R. Norton, vous verrez que cet auteur distingué a établi sur de très bonnes raisons la nécessité de reconnaître une phthisie scrofuleuse. [Phthisiological, lib. III, c. 1.)

Quels sont donc, en réahté, les caractères dislinctifs?..*

Dans la phthisie essentielle, le tubercule est plus petit, plus répandu dans le poumon; il provoque plus promptement l'inflammation éliminatoire. Enfin, il y a ici habituellement des désordres du côté du larynx et des intestins.

SÉMÉIOTIQUE. — DIAGNOSTIC. 129

Dans la pbthisie scrofuleuse, les tubercules sont plus gros, ordinairement agglomérés en masses qui restent ainsi, pendant un temps quelquefois fort long, sans provoquer de réaction inflammatoire et sans se fondre. La pbthisie scrofuleuse s'accompagne presque toujours d>ngorgements dans les ganglions bronchiques, dans les ganglions cervicaux et enfin dans les ganglions du méscnlere.

Les symptômes communs cirent également des difle* rences très tranchées. La marc:>? e?t beaucoup plus rapide dans la pbthisie essentielle. Ik iyy^ie plus forte, la fièvre heclique plus prononcée; kt^ hit^zrs. la diarrhée, sont très abondantes et concourent a(.'j^*:r:ir^: a i'épuisement des ma* lades, ce qui n'a pas lieu àum il 'ii-L.îie scrofuleuMî- Ici, on observe un désaccord tr^ -tmïii-T^L e entre les lésions analomiques et les phèucraHm^ lu: i ies; la réaction fébrile est très peu marquât-, «. v-r-. a. ta, on voit plut6t survenir de Vanasarque e: u*^-: ir vr .^..drrs que de rém»ciation.

S' Le rachitisme est exciusiv^rui-nî p'-prc à l'eiifaii'-e, tandis que la scrofule peul ïr ui .'.!!r^ « s, ,s ies â^e^- lî ^^t caractérisé par une seule i«^iioh t rir.:, .^^«u^iAt d*^ c«; tandis que, dans la scruiuk oi r-ni /.:-*:, cj-iuie ii'juj l'avons tant de fois répelti. un* :. .k -^ j^rjn^ c .'i^-reijiet- Et, quant aux lésions du sysi*r:i>- i4>*-ii :^.»;i:e5r h e* :it ô»^!nière maladie, elles ne prei^mfrii »:«- uixin j^-rt mniA^^^ji' lions, l'ordre régulier d«'.u....:j; ;, ...i-*: as^ ravL.^Miie, comme Ta parfaitement elai)!. £ v û*i-r.:.. t ♦î^i-s^-tà:*- *nj allant de bas en haut. Enbi. i*. ^ -, .. ur ia vr .«^uir s'jul des caries, des nécroses, el<.. ui; !; » ,, v-.»^»- i; rîiv..- i r. lisent des déviations, des iucu»-..*. .«.

\M t)£ LA SGROrCLB.

12* Pronostic.

D*une manière absolue, on peut dire que la scrofule est une maladie grave; elle entraine souvent la mort, et, quand elle guérit, elle laisse le plus souvent après elle, comme traces indélébiles de son passage, des diflbrmités et infirmités incurables. Elle est héréditaire, et cette transmissibililé aux enfants, qui n'est que trop bien démontrée, jointe au dégoût qu^elle inspire et à la crainte imaginaire de la contagion, devient, dans le monde, un motif trop légitime d'empêchement aux mariages avec les personnes infectées de ce vice de la constitution.

Le pronostie doit varier, cependant, suivant une foule de circonstances particulières, relatives aux causes, aux périodes, aux formes, à la marche, au siège et à la modalité des affections, aux accidents et aux complications, au moit de traitement et à la manière dont il est administré ou suivi.

Causes. — La scrofule acquise est, toutes choses égalei d'ailleurs, moins grave que la scrofule héréditait*e. La scro fuie des enfants est relativement moins grave que celle de adultes et des vieillards. Dans Tàge adulte et dans la vieil lesse, la scrofule débute le plus souvent par les accidents d la troisième et de la quatrième période.

Périodes. — Le pronostic est d'autant plus sérieux que I scrofule est arrivée à une période plus avancée. Les scri fuies viscérale et osseuse ont des suites généralement pli fâcheuses que les scrofules cutanée et muqueuse. Ce que dis là s^applique aussi bien à la scrofule qui a suivi régulièi ment ses périodes qu'à celle qui débute par un accidetit U tiaire ou quaternaire.

Firas. — Les hitmes brrre, fixe prioûtire et mtypm sa:.: pin§ crvr!!» ^?e les iwiDes htz.îznt H rdiiwe. O'-^oJ te fcrms fa*. 5ei=i:'i'^ et «kêieuse se tryrjrcsii rrrr >çf . k laicer «£ ia^Cim.: ri» me saonit arrKer k fraçr** ** « lopft, yne Tun/^irrif roror carattcrâe f uae naiii^re s es*

BrrtK ie «racacs t:^wcrs L-lii»:-us çu , ébos» in. lanifs t^ OMTt. ftcfsarziûe&t ks «rtir^^fiiMfi. nouuljuru: la «M se rarrr^a: £ ^mes fcoçiiPcs^

Mmràe, — S ja «recule a oie Dar!ie «.v^ « 19 f*»n:<fci snf. 11 pa ■ i. j par de Vjiigi k**îTiiIi»^ -^jr» irtnnflQjr In eôdoBBoc an»» ç^^*^- parre 93^ v;«u> air^ e isava f uoAfaa' •» rsmiie» su? r<&ra^-l> é*!«a-ii4S!» vnia -«fiMi 41^

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Les arsnniiKsCi tf^ a^ Bpteir pcncfâe ve aduI io» Vjib •£»» l'BB'ac ^oÉSBa^aftics Btes la ^iaI'^ks»*'. la iMnuuc'^ crvuir^ iswe, la aafn«9» tc-:^Tru.^-î«* ç^îit^'Tu^^ îjut •nnua-* n«

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Dans la seconde^ le lupus, toujours plus grave que la scn fuie cutanée proprement dite, a quelquefois des effets désa treux, et, dans la première, Toplithalmie désespère souve le praticien le plus expérimenté par son opiniâtreté et 5 fréquentes récidives.

Dans la transition de la première à la seconde ou de seconde à la troisième période, les suppurations sous-cu' nées, les ulcères, par leur nombre et leur étendue, conf tuent quelquefois des lésions fort graves.

Dans la cachexie scrofuleuse, la fièvre hectique, Yam grissement, les sueurs, qui ne sont pas des phénomènes or naires, doivent être considérés comme des symptômes dup fâcheux augure. Quoi quon en ait dit, la fièvre, et mèmf fièvre dite de croissance^ dans le cours de la scrofule, n jamais un bon signe.

Accidents. — Les accidents peuvent donner lieu à un | nostic très fâcheux ou même mortel : tumeurs qui comprirr les vaisseaux du cou, Tœsophage, les conduits aériens, les n pneumo*gastriques; sphacèle à la suite de TobUtératiot la veine ou de Tartère principale d'un membre.

Complications. — Quelques-unes semblent exercer influence favorable sur la marche de la scrofule, comme rysipèle. D'autres ne modifient en rien le pronostic. Ëxem le favus et les autres variétés de teignes. La plupart c rendent le pronostic plus fâcheux et d'autant plus g. qu'elles sont plus graves elles-mêmes.

Moyens thérapeutiques. — Enfin le pronostic, avons-: dit, varie encore suivant le traitement adopté et suivai manière dont il est administré. Si Ton confond la di avec les scrofulides primitives, et qu'on donne des prép lions arsenicales, que l'on prescrive des lotions astringet

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fournies par la maladie elle-même, par ses périodes, ses formes, sa marche, ses accidents, le siège el la nature de ses affections. Je n'ai à parler, pour le moment, que des indications fournies par Tunité pathologique.

Indications fournies par la maladie essentielle. — Cest le traitement spécifique. Eh bien I la scrofule, il faut le dire tout de suite, n'a pas de remède spécifique, et sous ce rapport elle ne diffère en rien du plus grand nombre des maladies. La syphilis elle«méme n'a pas son spécifique. Le mercure est i peu près inutile dans la syphilis primitive ; il aggrave en général la syphilis tertiaire, et ne convient que dans la syphilis secondaire.

Un très grand nombre d'agents ont cependant été tour i tour prônés comme des spécifiques de la scrofule ; j'indiquerai seulement les principaux.

Viode, dont Logol avait exagéré les vertus. Ce médicament peut être utilement administré dans un très grand nombre d'affections scrofuleuses ; mais peut-être est-il appelé i rendre plus de services comme agent externe, comme topique siccatif, modificateur local, que comme agent interne. Rapprochons de l'iode l'éponge brûlée et le chêne marin ou fucus vesiculosus^ qui autrefois ont été regardés comme des spécifiques de la scrofule, et les plantes antiscorbutiques, qui ne paraissent agir que par l'iode qu'elles contiennent.

Le soufre a aussi été décoré du titre de.spécifique. Bordeu a spécialement recommandé les eaux sulfureuses contre celte maladie, notamment celles de Baréges. Le soufre seul ne me parait pas avoir une action bien efficace dans le traitement de la scrofule. Le plus ordinairement je me borne i le prescrire extérieurement, en bains. Toutefois il serait bon 4^ savoir à quoi s'en tenir sur U violeur du soufre comme

TBAITEMENT. 136

remède anliscrofuleux, et si Tadminislration de l'assistance publique donne suite au projet quelle médite de faire venir à l'hôpital Saint- Louis les eaux sulfureuses naturelles de Belleville, je ne manquerai pas d'expérimenter ce remède en l'essayant contre toutes les formes de la scrofule (1).

Le mercure a été préconisé dans le traitement de la scrofule; mais il me parait très naturel d'admettre que les scrofuleux guéris par le mercure n'étaient que des syphilitiques doDt les affections ont été confondues avec celles de la scrofule.

Vor a été employé contre la scrofule par les médecins de Montpellier. J'avoue, que je n'ai pas une bien grande confiance dans les vertus de ce médicament. J'en dirai autant du carbonate de potasse ^ des préparations alcalines^ de Xeau de mer et du muriate de baryte^ si vanté par les médecinf allemands, et dont je n'ai pu encore jusqu'à ce jour constater Tefficacilé (2).

Le fer, l'huile de morue, la ciguô, etc., sont d'excellents médicaments, mais ils ne satisfont qu'à des indicaUons particulières. AucoD d'entre eux ne mérite le titre de ffé« cifique.

(1) Les eaox loifwf u naturelles conTiennent iUbs le Uwtes les affections acrafiieuses, aussi bieu dans celles et la pam^fm étmê celles du système oasen. J'en dirai autant des eaoi salines, tdk» ^ae E/eitf- OKh, Salins, BourtMiOBe. etr.

(2) J'ai TU qoelqnelots les fréparatioos alcaliocs foétir é» affectiws oda- Bée» de nature arthritique, qui ne disparaissaien& q%ie fmm Hn nmyUcbet par des affections ganglionnaires Banifestemeol KrvfekMca, o»ntit lesqaeiies ou employait ûratikiBeat la aèn

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