CATARRHE SCROFULEUX DES BRONCHES
ches, sans avoir été précédé de l'inflammation de la muqueuse des voies aériennes.
Symptômes.— Lq catarrhe scrofuleux des bronches débute, comme la bronchite vulgaire, par une titillation laryngée, suivie de toux, d'enrouement, avec dyspnée plus ou moins forte, ou bien par le coryza, qui ne tarde pas à se propager des fosses nasales à la muqueuse gutturo-bronchique. Ce début du catarrhe est accompagné souvent de malaise, de céphalalgie sus-orbitaire, d'inappétence et d'un mouvement fébrile. La période irritative est de courte durée ; en peu de jours, l'expectoration devient muqueuse et puriforme. Il y a souvent de l'oppression et même de la suffocation, surtout chez les enfants. La fièvre est nulle ou existe à peine. La durée de cette affection est le plus souvent assez longue; ses retours sont fréquents et ordinairement provoqués par le froid humide.
Caractères de la lésion. — Vascularité de la muqueuse laryngo- trachéale et bronchique, qui est rouge, épaissie, mamelonnée, ulcérée, enduite d'un mucus puriforme ; — les tuyaux bronchiques sont alternativement rétrécis et dilatés. Les ganglions bronchiques sont rouges, hypertrophiés, ramollis, quelquefois infiltrés de tubercules.
Causes. — La cause la plus ordinaire du rhume se trouve dans le passage du chaud au froid, par suite des transitions brusques de température, ou dans l'action d'une constitution atmosphérique spéciale. Ces causes agissent indistinctement sur tous les tempéraments, sur toutes les diathèses. (Je demande qu'on me permette de me servir encore une fois de cette expression pour désigner les sujets qui sont actuellement sous l'empire d'une maladie constitutionnelle.) Le rhume occasionné par l'action du froid humide, chez les scro-
fuleux, pourra se comporter chez eux comme chez les sujets sains ou non scrofuleux, parcourir dans le même temps toutes ses périodes, et dès lors ce ne sera qu'un simple catarrhe; mais s'il se prolonge indéfiniment, s'il s'accompagne d'une expectoration muqueuse abondante; si, malgré sa généralisation et la dyspnée qu'il occasionne, il n'est suivi que de phénomènes réactionnels très légers, ce ne sera plus une simple bronchite, mais une bronchite scrofuleuse.
Le catarrhe scrofuleux des bronches peut atteindre tous les âges, mais on l'observe plus souvent dans l'enfance et dans la vieillesse que dans l'âge adulte. Le tempérament lymphatique prédispose à cette affection. Quant au sexe, des relevés statistiques démontrent qu'il est plus fréquent chez les garçons que chez les filles.
L'habitation dans un endroit humide, la privation d'air et de lumière, peuvent aussi être comptées au nombre des causes prédisposantes du catarrhe bronchique.
Diagnostic. — • La question du diagnostic se réduit ici à établir : 1° le diagnostic différentiel du catarrhe; 2° à reconnaître sa nature scrofuleuse.
On ne confondra pas le catarrhe bronchique avec la pneumonie ou la pleurésie. La sonoréité du thorax et l'existence des râles vibratoires, bientôt remplacés par les râles huileux, l'absence de point de côté, de fièvre intense, etc., sont des signes qui ne permettent pas une pareille erreur. Le croup, l'angine diphlhérique, ont des caractères propres qui les font reconnaître.
Le diagnostic de la nature de l'affection offre plus de difficultés. Comment distinguera-t-on le catarrhe scrofuleux des bronches, du catarrhe simple et des autres catarrhes constitutionnels?