‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofuleChapitre 40 sur 153 · THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE DES MALADIES CONSTITUTIONNELLES · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE DES MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Les indications thérapeutiques dérivent : 1° De la maladie considérée comme unité ; 2° De ses périodes ;

3° Des accidents propres à chacune de ses périodes ; 4° Des complications, etc.

Je dois me borner, dans ces considérations générales, aux indications que fournissent l'unité pathologique ou seulement les périodes de la maladie.

Si vous interrogez les praticiens sur la curabilité des maladies constitutionnelles, ils vous répondront presque tous qu'une seule, la syphilis, est accessible à nos moyens d'attaque, et que la médecine est généralement impuissante contre la scrofule, l'arthritis ou la dartre : c'est une très grande erreur, qui a sa source dans l'ignorance. On confond toutes les affections entre elles, sans distinguer leur principe; de là suit une pareille confusion dans la thérapeutique. On méconnaît la nature du plus grand nombre d'affections tertiaires et quaternaires de la syphilis, ce qui explique l'idée moins sombre que l'on s'en fait.

Tâchez de bien établir le diagnostic des affections, quant à leur nature : et, par exemple, ne vous contentez pas seulement de savoir qu'un eczéma est un eczéma ; demandez-vous encore si c'est un eczéma scrofuleux, arthritique ou dartreux, parasitaire ou artificiel, et je puis vous donner l'assurance qu'en agissant ainsi, vous arriverez à guérir la scrofule et la dartre aussi bien que la syphilis.

Je me borne donc aujourd'hui à formuler quelques propositions sur la thérapeutique générale des maladies constitutionnelles. Commençons par la syphilis.

Le mercure est assurément le meilleur remède contre la vérole, mais vous ne sauriez le considérer comme un spécifique, c'est-à-dire comme un agent propre à combattre indistinctement toutes les manifestations de cette maladie.

Le mercure est-il utile dans la syphilis primitive? Cela est

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ii ii moins fort contestable. Peut-être son action dans ce c;is se borne-t-elle à éloigner les accidents secondaires.

Le mercure est généralement inutile ou dangereux dans la syphilis tertiaire ou quaternaire. L'observation m'a depuis longtemps appris que l'abus de ce médicament entrait pour une large part dans les paralysies qui surviennent si souvent chez les sujets atteints de syphilis. J'ai en ce moment présents à l'esprit deux, cas de syphilis ulcéreuse, d'ecthyma syphilitique, pendant la cure desquels je me suis vu forcé, à diverses reprises, de suspendre le traitement mercuriel, les malades ayant été pris d'accidents cérébraux et de paralysie qui, enrayés par suite de la cessation momentanée des préparations hydrargyriques, disparaissaient par l'emploi de l'iodure de potassium, pour reparaître toutes les fois qu'on revenait au mercure.

Le mercure est le médicament que vous devez employer contre la syphilis secondaire, l'iodure de potassium contre les accidents tertiaires et quaternaires. Vous trouverez, dans l'emploi isolé ou combiné de ces deux agents, un moyen efficace de guérir toutes les affections syphilitiques, le moyen de prévenir la cachexie, de la combattre et môme d'en triompher quelquefois. Le choix des préparations, les doses auxquelles elles sont administrées, exercent une remarquable influence sur la cure plus ou moins rapide de ces affections.

Il y a des cas de syphilis phagédénique où le fer et les toniques peuvent enrayer les progrès du mal : le mercure aggrave les accidents; il doit être sévèrement proscrit.

Enlin, nous devons reconnaître que, dans d'autres circonsliinces, la vérole marche, quoi que l'on fasse; et pour ces cas, rares à la vérité, aussi bien que pour ceux de la syphilis se^

conduire, où l'on a toute raison de redouter les pernicieux effets du mercure, on serait heureux de posséder d'autres ressources, d'avoir à sa disposition une nouvelle méthode de curation des affections syphilitiques.

Vous parlerai-je, à ce sujet, de la vaccination syphilitique, dont l'auteur ici présent, M. Auzias-Turenne, vante les heureux résultats? Je le proclame tout d'abord, la conviction, la sincérité de M. Auziasne sauraient être mises un seul instant en doute, et tout le monde doit lui rendre cette justice qu'il a mis à propager sa découverte et à la défendre contre les attaques de ses adversaires une persévérance et un zèle vraiment dignes d'éloges.

La syphilisation paraît avoir été pratiquée, en Norvège, par le professeur Boeck, avec un rare bonheur. Un succès brillant aurait couronné cette pratique, qui aurait obtenu des avantages non moins grands en Suède et en Italie.

M. le professeur Nymann, qui nous fait l'honneur d'assister à nos leçons, se propose aussi, à son retour à Stockholm, de traiter par cette méthode les syphilitiques confiés à ses soins, ^attendrai qu'il m'ait fait connaître les résultats de sa nouvelle pratique pour émettre mon opinion sur la valeur de la syphilisation.

Je dirai de l'iode contre la scrofule ce que j'ai dit du mercure contre la syphilis : c'est un excellent remède, mais il ne saurait remplir toutes les indications.

L'iodure de fer et la ciguë sont les agents avec lesquels je combats le plus habituellement les accidents de la première période.

L'huile de foie de morue jouit d'une réputation justement méritée dans le traitement de la scrofule ; mais elle ne convient pas dans toutes les affections scrofuleuses : celles qui

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