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EXFOLIATIONS

Par exfoliation cutanée on doit entendre un symptôme organique caractérisé par la présence à la surface légumen taire de produits de sécrétion , comme les lamelles épidermiques, de liquides concrétés, pus desséché formant des croules, de lambeaux de tissus mortifiés et de parasites vivants ou morts.

Les exfoliations ont pour caractère commun d'être des corps étrangers dont l'élimination doit s'opérer, et forment la classe des squames de Willan, et celle des croûtes de Plenck.

§ I. — Cause ou nature.

J'admets quatre groupes d'exfoliations :

Premier groupe. — Exfoliation parasitaire. — Elle est végétale ou animale : à la première appartiennent les croûtes laveuses, les lamelles blanchâtres du trichophyton, etc.; à la seconde, le sillon de l'acarus et les croûtes de gale norvégienne qui m'ont été envoyées par le professeur Boeck, et sont formées d'acares, d'œufs et de débris d'acares.

Deuxième groupe. — Exfoliation excrémentitielle. — Elle forme deux variétés : X ex foliation sébacée, constituée par une matière jaunâtre, tantôt à l'état liquide, tantôt sous forme de croûtes, qui caractérise l'acné sébacée; et Y exfoliation épidermique pure, qui comprend les lamelles, les écailles et les pe-

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tites particules qu'on a comparées à du son et qu'on rencontre dans le pityriasis.

Troisième groupe. — Exfoliation inflammatoire. — Elle est tantôt séro-albumineuse : telles sont les écailles molles, humides, de l'eczéma, du pemphigus, etc.; ou crustacée, et alors formée par du pus desséché, mélangé quelquefois avec du sang, ce qui lui donne une teinte brunâtre comme dans l'ecthyma, l'impétigo; ou pseudo-membraneuse, et alors plus fréquente sur les membranes muqueuses.

Quatrième groupe. — Exfoliation gangreneuse. — Celle-ci est tantôt spontanée, comme dans la gangrène sénile, tantôt développée sous rinlluencc des maladies aiguës, comme dans les fièvres graves, ou de maladies chroniques, comme dans la syphilis et la scrofule.

§11.— Diagnostic différentiel.

Bien que le plus souvent on puisse, à première vue, reconnaître les exfoliations, leur diagnostic peut dans certains cas présenter des difficultés. Ainsi on peut confondre celles qui sont parasitaires avec les autres : le pityriasis versicolor^îiv exemple, avec les éphélides ou le lentigo ; mais on devra tenir compte des démangeaisons et de la présence de petites écailles sur les surfaces malades, phénomènes qui existent constamment dans le premier cas, et manquent dans le second.

On pourrait également prendre une acné sébacée concrète pour un lupus érythémateux. Le fond cicatriciel est un caractère excellent qui sert à distinguer cette dernière affection de l'acné; cependant l'existence d'une cicatrice antérieure à la maladie peut jeter une grande obscurité sur le diagnostic. 11 importe aussi de distinguer entre elles les diverses variétés

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l'exfolialions : la croûte peut au premier aspect simuler 'escharc, mais la première est conliguë, surélevée, insensible par elle-même, quoique transmettant la sensation aux parties profondes, et ne présente pas, à son pourtour, de cercle inflammatoire; tandis que la seconde est continue, déprimée, dépourvue de toute vitalité et entourée par une aréole inflammatoire.

Quoi de plus difficile souvent que de distinguer entre elles V exfoliation épidermique et. l'exfoliàtion séro-albumineuse.

En effet, quand la dartre a vieilli et s'est généralisée à toute la surface du corps, on ne sait si l'on a affaire à un psoriasis, à un pemplugus ou bien à un pityriasis. Le microscope peut être utile en pareil cas, en faisant reconnaître la présence des cellules épidenniques si l'exfoliàtion n'est pas inflammatoire et des globules granuleux ou pyoïdes si elle l'est.

Il est aussi fréquent de voir l'exfoliàtion parasitaire prise pour une exfoliation croùleuse ou épidermique : le favus, pour un impétigo -, le tricbopbyton ix la période pityriasique, pour un pityriasis.

Il faut aussi ne pas confondre le sillon de l'acarus avec des égratignures, des souillures de la peau. La loupe et le microscope ne permettront pas, en pareil cas, une longue erreur.

§ III, — Différences des exfoliations, valeur séniéiotique.

a. Valeur diagnostique. — 1° Siège. — La présence des exfoliations à la paume des mains et à la plante des pieds fait naître de suite l'idée de la syphilis. Il est bon, toutefois, d'ajouter que, dans un grand nombre de cas, les exfoliations palmaires et plantaires ne sont pas de nature syphilitique.

2° Nombre, étendue, quantité. — Elles peuvent être isolées, discrètes et confluentes; ce qui a fait établir deux variétés de la variole dont le pronostic est bien différent.

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3° Texture, — L'exfolia lion est pulvérulente dans le pityriasis ; dans la scarlatine en desquamation, elle forme des lambeaux étendus qui enveloppent quelquefois tout un doigt.

h° Couleur. — La couleur est souvent un caractère séméiotique de la plus haute valeur. Tout le monde connaît en effet l'importance de la coloration jaune soufrée des croûtes dans le diagnostic du favus. L'aspect chatoyant des squames, dans le psoriaris, et la teinte blanc de neige de la matière qui engatne les petits poils cassés, dans la teigne tonsurante, ne sont pas moins caractéristiques.

5° Odeur. — Si l'on exerçait plus le sens de l'odorat, sans aucun doute il fournirait souvent des indications séméiotiques précieuses. Dans certains cas, il donne des signes très utiles, La gangrène ne se traduit-elle pas par une odeur caractéristique, spéciale ? Quand les autres signes ne sont pas bien tranchés, l'odeur de souris n'indique-t-elle pas assez qu'il s'agit d'un favus ?

6° Forme, — La forme alvéolaire appartient au favus et au favus seul, et constitue par conséquent un signe pathognomonique de cette teigne.

La disposition en patelle caractérise les croûtes du rupia et celles de l'ecthyma profond. La présence de squames déchirées au centre, relevées par leur bord interne, sur une région quelconque, la paume des mains par exemple, milite en faveur de la syphilis.

7° Durée. — La durée des exfoliations est variable et dépend de la maladie qu'elles traduisent et de la thérapeutique qu'on leur oppose. L'exfoliation épidermique, congénitale, permanente, caractérise une forme d'affection cutanée que l'on connaît sous le nom d'ichthyose.

8° Nature.— La gangrène est due tantôt à l'introduction de certaines substances dans l'économie, c'est ainsi qu'on

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