L'ENFANT
Mercredi, 14.
J'ai appris par cœur aujourd’hui une jolie petite poésie de Victor Hugo, (1) intitulée: ‘ L’Enranr.” Les deux dernières strophes me plaisent particulièrement ; jeles ai répétées au moins dix fois en embrassant ma petite sœur; c’est qu’elle est jolie ma petite sœur; jolie comme les anges dont parle Victor Hugo, et elle s’appelle Jeanne comme la petite-fille du grand poète.
- I! est si beau l’enfant avec son doux sourire, Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, Ses pleurs vite apaisés, Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toute part sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers !
Seigneur, préservez moi, préservez ceux que j'aime, Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphant, De jamais voir, Seigneur, l'été sans fleurs vermeilles, La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants.
en mme de + mg
(1) Victor Hugo (1802-1886), poète lyrique, ép'que et dramatique dont la vie glorieuse a rempli et dominé presque tout le XIX* siècle. Malheureusement la plupart de ses productions sont malsaines,
SAVOIR-VIVRE, LS Jeudi, 15.
Mademoiselle nous a fait ce matin une leçon bien intéressante sur les petites obligations sociales. Elle nous a fait comprendre que le grand moyen de plaire à tous et de se faire aimer de tous, c’est de ne jamais rester insensible aux événements gais ou tristes qui arrivent à nos amis et Connaissances, Ainsi à part les visites que l’on se rend entre amis dans le courant de l’année, il ya des visites obligatoires dont i! ne faut jamais se dispenser. D'abord, les visites de bonne année, qu’on rend la veille du Jour de l’An aux Supérieurs et aux grandsparents. Pour les autres personnes, on a tout le mois de janvier, mais il va sans dire qu'aux parents et aux amis on rend visite le jour même du {+ janvier.
Quand on a reçu une invitation à dîner ou à déjeuner, on doit une visite dans la huitaine, quand même on n'aurait pas accepté l'invitation.
On doit une visite de remerciement à une per:onne qui nous a été utile, qui nous a rendu un service.
Quand on arrive dans une localité pour l’habiter, on rend visite dans la quinzaine aux personnes qu’on a l’intention de voir. Si l’on change de quartier, on rend des visites de voisinage. =.
On fait des visites de félicitations à propos d’un mariage, d’un aVancement, d’une distinction accordée. Mais on fait surtout des visites aux personnes qui sont dans la peine, à celles qui viennent de perdre un parent Où un ami, et ces visites-là on les fait le plus tôt possible.
Quand on apprend la maladie d’une personne avec
laquelle on a eu des relations d’affaires ou d'amitié, on doit d’abord aller la voir, et ensuite faire prendre sou-