LE DRAPEAU DE CARILLON
Le drapeau de Carillon (1) est tout entier de soie et d’un très beau tissu. Le fond en est vert très pâle (il a pu être bleu ciel autrefois) avec une grande fleur de 1ys blanche à chaque coin. Il porte les marques du passage de plusieurs balles et paraît avoir été lacéré par des coups de sabre. Sur une des faces du tissu, au centre, est un écusson aux armes de France, surmonté du: coq gaulois ; au revers est la vierge Marie tenant l'enfant Jésus dans ses bras. Toutes ces figures : les fleurs de lys, l’écusson et la Vierge, sont frappées ou imprimées dans la soie, —les fleurs de lys en blanc, et les autres figures en différentes couleurs,—et sont d'assez grandes dimensions. ..
Nous devons la découverte de ce drapeau. précieux à M. Louis G. Baillargé, avocat, qui, s'appuyant sur une légende historique qui affirmait que le drapeau de Carillon avait été déposé comme trophée dans l’église des Récollets à Québec, et marchant de supposition en su p* position, alla mettre la main sur cette relique vénérable chez le Frère Louis (2), qui l'avait sauvée de l'incendie: Et depuis il la garde pieusement chez lui.
‘Le 27 juin de la même année (1848) le drapeau de Cavillon figura dans la procession de la Saint-Jean- Baptiste, à Québec. Il était déroulé, et ses longs plis soyeux, soulevés par la brise, laissaient voir de larges déchirures. nr.
Une fois par an on por‘e, mais sans le dérouler, cet étendard si cher aux Cazadiens-français, à la place
(1) Carillon, passage entre le lac George et le lac Champlain. .
(2) Le frère Louis Bonami mourut le 9 août 1848, à l’âge de 83 ans; il était natif de l’Assompüton Il fut le dernier membte de l'Ordre de Saint François d'Assise à Québec, à
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d'honneur par excellence, dans les rangs de la procession de notre fête nationale. C’est ainsi qu’on peut le voir figurer, earoulé sur sa hampe et escorté d’une garde d'honneur formée de zouaves pontificaux canadiens, dans la grande démonstration des Plaines d'Abraham de 1880, et, plus récemment, en face de l’autel dressé sur les bords de la rivière Saint-Charles, au berceau historique du Canada, dans l’inoubliable fête de l'inauguration du monument Jacques-Cartier (1), le 24 juin 1889.
Cher et précieux souvenir ! pauvre vieux drapeau, vieux d’un siècle et de plus d’un quart de siècle: il nous parle non seulement des héroïques combats de Chouaguen (2), du fort George (8) et de Carillon, mais enccre d'institutions politiques et sociales disparues ou transformées depuis longtemps, d’une France idéale qu'on
nous a appris à chérir dès l’enfance, et qui reste toujours.
la patrie de nos cœurs.
Extrait de la ‘ Notice sur le Drapeau de Carillon, ” par M. E. Gacxon.
Répétez de vive voix tout ce que vous savez du drapeau de Carillon.