UN TRAIT DE BIENFAISANCE
C'était à la récréation de midi : à un signal donné, les é:èves avaient apporté dans le préau leurs paniers garnis de provisions, et elles se disposaient à déjeuner de bon appétit.
Tout à coup la maîtresse prit la parole: ‘ Dites-moi, mes enfants, s’il se trouvait une de vos compagnes qui eût faim et qui n’eût pas de quoi manger, que feriezvous ?— Nous partagerions avec elle, répondit une voix. Et toutes de répéter : Oui, nous partagerions avec elle. —Je lui donnerais ce petit vain, dit l’une. —Et moi, cette pomme, dit une autre.—Kt moi, ajouta une troisième, la moitié de mes confitures. —
Bravo ! dit la maîtresse. Eh bien, regardez dans ce coin.” Et du doigt elle désigna une enfant, qui, les mains vides-et le cou tendu, regardait tristement le repas de ses cCompagnes. En un instant, toutes coururent à elle, toutes à l’envi lui présentèrent une partie Ce leurs provisions.
La pauvre affamée était bien émue et bien heureuse, mais les autres étaient encore plus heureuses qu'elle ; car C'est un grand bonheur qne de faire du bien.
Questionnaire.—Où dinaient les enfants î—Que dit la maîtresse —-Rappelez les réponses des enfants.—A qui firent-elles la charité ?— Qui fut la plus contente !— Pourquoi !
ne CU LORD t OU LE SOU DE L'ORPHELINE,
Ecoutez, c’est une histoire
Qui remonte au temps jadis.
Un jour, dépouillant sa gloire, Jésus vint du paradis...
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Tout petit, pauvre, il chemine :
Or, voilà, je ne sais où,
Qu'il rencontre une orpheliue :
“ Veux-tu me donner un sou 1” L'orpheline aux tresses blondes Regarde l'enfant des cieux,
Et de grosses larmes rondes Tombent de ses beaux grands yeux.
Puis de sa poche bien close Tirant un sou bien luisant, Tremblante, sa main le pose Dans la main du Tout-Puissant Or, Jésus lui dit : ‘ Petite, Dans ta poche fouille encor.” Et l’enfant tout interdite
En tire un beau louis d'or.
A l’humble enfant qui s'incline Jésus disait : ‘* Pas d’effroi, Tu donnes en orpheline,
Moi, je sais payer en roi.”
Cette petite légende nous rappelle que Notre-Seigneur paye toujours au centuple ce que l’on fait pour lui, c'est quelquefois dès cette vie, et ce sera sûrement dans l’autre.
Questionnaire.—De quel métal fait-on le sou — Nommez quelques pièces d'argent, d’or ?—Qu'est-ce qu'une orpheline ? oo
D iii héritiers JA LVES. CARTIER À HOCHELAGA.
Le jiendemain de son arrivée à Québec, Jacques
Cartier y reçut, à son bord, la visite d’un chef du p:ys nommé Donnacona. Il traita avec lui par l'entremise
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de deux Indiens qu'il avait conduits en France l’année précédente, et qui y avaient appris quelques mots françäis. Ceux-ci dirent à Donnacona que les étrangers vou- : laient aller à l’île où se trouvait la bourgade d’'Hoche- : laga, qu'ils avaient entendu nommer. | Le ‘chef indien paraissant, dans un intérêt de lucre et de commerce, préférer que les étrangers restassent dans son propre pays, chercha à dissuader Cartier de se : rendre plus loin. Le navigateur n’y fut point pris, et, : laissant deux de ses navires dans la rivière qui a emprunté son nom, et où la Grande- Hermine n'avait pu eûtrer, il partit avec celle-ci, accompagné de deux chaloupes seulement.
Mais bientôt arrêté par un lac, celui de Saint-Pierre, que la Grande- Hermine ne put passer, parce qu’apparemment elle n’avait pas bien enfilé le canal, Cartier prit le : courageux parti d'armer ses deux chaloupes, et de s’en : contenter pour atteindre son but.
Il parvint enfin à Hochelaga, le 2 octobre, avec trois de : ses volontaires nommés de Pontbriand, de la Pommeraie : et de Goyelle Il trouva une bourgade de forme arron- “ die, et ayant trois enceintes de palissades qui renfer: maient environ cinquante cabanes, longues de plus dé’ cinquante pas chacune, et larges de quatorze à quinze. On entrait à Hochelaga par une seule porte, au-dessus de laquelle régnait, ajnsi que tout le long de la première enceinte, une espèce de galerie à laquelle on montait avec des échelles, et qui était abondamment pourvue de pierres pour la défense de la place. Tel était le lieu qui devait devenir célèbre sous le nom de Montréal, nom qui s’étendit par la suite à toute l'ile. Cartiér lecommença en appelant ia montagne au pied de laquelle était située Hochelaga, le Mont-Royal. Les habitants d'Hochelaga parlaient la langue huronne,
Leur étonnement fut inexprimable à la vue. des: étrangers; ils avaient un désir immodéré de toucher aux trompettes, aux armes à feu, aux habits et même aux longues barbes des Français, qui, du reste, n'en furent pas moins bien reçus par eux. S’étant élevé sur le Mont-Royal, Cartier découvrit de ce point une vaste étendue de merveilleux pays, et en descendit avec: mille idées d'importants établissements pour la France. |
Il revint ensuite à la rivière de Jacques-Cartier, sur Îes bords de laquelle il trouva que son monde s'était construit des baraques et des retranchements pour l’hivernage. Tout se passait donc bien jusqu'ici, mais une espèce de scorbut vint malheureusement attaquer les Français avec leur brave et habile capitaine. Déjà vingtcinq avaient péri sous le fléau, et tous infailliblement ailaient succomber, quand les Sauvages enseignèrent à Cartier un remède souverain tiré d’un des arbres de leur pays. Dès qu’il fut à demi revenu à la santé avec ses gens, Cartier fit voile pour la France, et remit à François I un mémoire détaillé de son second voyage. Le. Canada, nom qui fut emprunté à la langue même du puys, le Canada était découvert. :
(L. QUÉRIN.)
Mots à expliquer.—L'entremise—Intérêt de lucre.—Dissuader,—Fshelles. —Etonnemnent inexprimable. — Baraques.—Scorbut..—Un mémoire détaillé. |
Quelles difficultés Cartier cut-il à surmonter pour 8 rendre de Stadaconé à Hochelaga ?—Comment le nom de Montréal fut-il donné à l’île ?—D'où vient au pays le nom de Canada !
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