‹ Lecture à haute voix [microforme] (volume 2)Chapitre 136 sur 184 · SI DIEU ME DISAIT · texte numérisé non relu

SI DIEU ME DISAIT

Ah ! si Dieu me disait :— Homme, veux: tu la gloire

Je la mets à tes pieds ; je répondrais : Seigneur,

Amère ést cette source, et je craindrais d'y boire. Donnez-n -moi plutôt le bonheur.

Et si Dieu me disait :—La vaste renommée :

T'attend ; suspends ton vol à ses riles de feu ; Aux siphriés essors ina pauvre âme fermée Dirait :—C'est Lu à pour moi, mon Dieu !

Et si Dieu me disait ts cette multitude ;

Sous ton souffle puissant voudraistu la ployer ?.

Je dirais :--Laissez-moi ma chère solitude, L’écho discret de mon foyer.

Etsi Dieu me disait :——Des projéts de la terre ‘Poursuis les plus brillants, choisis les plus nouveaux ; ‘1% Je dirais au Seigneur :-—Ma lampe solitaire Bas: Sourit à mes humbles travaux.

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1 "Et si Dieu me disait :—Sois un hommé de guerre ; Je lui dirais : Mon Dieu, s’il faut être un vainquéur, Aù lieu du dofi fatal qui frappe le vulgaire,

Rendez-moi maître de mon cœur.

Mais si Dieu me disait :— Veux-tu d’un grand poète

Connaître—fût-ce un jour—le redoutable honneur ?

Pour ses divins tourments ton âme est-elle prête ?. Oh ! je répondrais :—Oui, Seigneur |

ADOLPHE POissoN.

me L’'INSOLATION.

Catherine eût été une charmante petite fille si elle se fût montrée plus docile aux observations de ga bonne mère. Elle obéissait bien... à la longue, mais une infinité de prétextes retardaient toujours cette soumission qui devrait être immédiate.

Souvent la fillette allait au jardin sans se munir d’un chapeau de.paille, à la grande contrariété de sa mère, qui savait à quel danger elle s’exposait. :

Un jour, Catherine voulant aller vers la grille du jardin, pour chercher un panier qu’elle y avait oublié, sa mère lui cria :

‘* Prends done ton chapeau Catherine ! "

Mais Catherine se contenta de répondre:

—Oh ! je ne fais qu’aller et revenir !

Et elle partit en courant. Mais arrivée à la grille, l’attention dela petite fille fut attirée par un régiment qui

passait, musique en tête, et elle s'arrêta pour le voir défi- .

ler. Le soleil était brûlant; lorsque Catherine rentra, elle était fort rouge et peu après elle se plaignit d’un grand mal de tête, et l’on fut obligé de la coucher. Quel ne fut

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pas l’effroi de sa mère lorsque deux heures plus tard) elle s’aperçut que l'enfant délirait. On envoya chercher le médecin, qui constata une insolation et fit mettre des compresses d’eau glacée sur le front de la pauvre Catherinè. Jusqu’au lendemain la vie fut en danger; enfin on parvint à enrayer le mal et elle en fut quitte pour un violent mal de tête qui se prolongea a plusieurs jours.

Catherine a compris, maintenant, que nine les parents exigent une chose de leurs enfants, c’est toujours dans l'intérêt de ceux-ci.

Questionnaire. — Quelle recommandation. la mère faisait-elle souvent à Catherine —Qu'arriva-t-il un jour. à l’enfant ?—Quelle est la conclusion morale ?

LA SOLE. LR ee

Vous avez souvent vu, mes enfants, de la. vole: et du velours. Comme c'est doux, soyeux et luisant1. Sâvez- Il y a un insecte qui ressemble beaucoup à un | pabillon. Cet insecte pond plusieurs centaines de petits œufs, à peu près gros comme un grain de moutarde. Ces œufs deviennent de petits vers qui, aussitôt éclos, commencent à manger et à grossir. Ces vers sont de grands mangeurs. Tout le jour, ils font festin sur les ones feuilles du mûrier blanc. D Après un certain nombre de jours, le ver commence Là filer la soie jaune ou blanche. De ce fil de soie, le petit ver travailleur se fait une case, aussi appelée cocon. —Comment, me direz-vous, le ver à soie peut-il filer ? — Le ver file sa soie comme l’araignée, sa toile ; dans les premiers jours, on peut apercevoir le petit ouvrier à

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travers le tissu qu’il fabrique ; mais bientôt il devient invisible à travers les couches nombreuses et serrées du fil dont il tapisse sa maison.

= Quand le ver à soie s’est entièrement enfermé dans le Cocon ou la case qu’il s’est faite, il tombe dans un état de

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sommeil pour une quinzaine de jours ou plus ; alors, il brise son enveloppe, et apparaît au dehors métamorphosé en un gai papillon qui s'envole pour jouir d’une courte mais joyeuse vie. Cependant la plupart des vers à soie sont tués avant de devenir papillons,

—Comment cela ?

Les cocons sont placés dans un four très chaud et sont étouffés dans leur case ; autrement le ver percerait le cocon et au lieu d’un fil long et régulier, il ne resterait qu'un amas de bouts de soie

Le fil est dévidé sur des bobines pour être ensuite tissé, dans de riches manufactures, en soie, en satin, en velours, en rubans.

Vous laisseriez échapper un cri si vous aperceviez un de ces vers sur votre robe de soie ou votre habit de velours ; mais, s’il pouvait parler, le petit insecte aurait le droit de vous dire: “C’est mon bien! c’est mon ‘ bien! ! je l’ai fait ; c'est une partie de moi-même ; il ‘ m'a été volé !”

Questionnaire.-—Comment appelez-vous l’insecte qui

produit la soie 7—Racontez les diverses transformations qu'il subit.—Nommez les étoffes qu’on fabrique avec la soie.

LES MILLE ILES (Fragment.)

Quand Eve à l’arbre de la vie De sa main eut cueilli la mort, Sur la terre à jamais flétrie On vit paraître le remord.

Puis Adam s’en fut sur la terre, Qui déjà pleurait avec lui, S'abreuver à la source amère

Où nous allons boire aujourd’hui.

Et lés archanges, sur leurs ailes Prenant l’Eden silencieux,

Au haut des sphères éternelles, Le déposèrent dans les cieux.

Mais en s’élançant dans l’espace, Ils laissèrent sur leur chemin Tomber, pour indiquer leur trace, Quelques fleurs du jardin divin.

Et ces fleurs aux couleurs mobiles Tombant dans le fleuve géant, Firent éclore les Mille-Iles,

Ce paradis du Saint-Laurent.

Au retour de mon long voyage,

Saluant le ciel canadien,

Je viendrais là, dans le feuillage, ” Bâtir mon nid aérien.

La douce voix de la patrie, Chantant au milieu des sapins Bercerait mon âme attendrie Au bruit de ses accords divins.

J’écouterais, quand du rivage Mille voix s'élèvent en chœur Ce que la fleur dit au nuage, Ce que le flot dit à la fleur,

Ce que dit la rose embaumée

Quand, aux premiers rayons du jour La brise fraîche et parfumée,

Vient tout bas lui parler d'amour.

OCcTAVE ORÉMAZIE.

\ZIE.

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