SAINT THOMAS D’AQUIN
La journée avait fui pleine et laborieuse,
Le temple était désert, la nuit silencieuse,
Les fils de Dominique étaient dans le sommeil. Seul aux pieds de son Dieu, le Docteur angélique Le priait d'approuver par un signe authentique L'écrit que tant de vœux appelaient au réveil.
Et le Christ était là debout sur cette page
Où Thomas précisait dans son noble langage, L’exacte vérité du Divin Sacrement ;
Et la voix de Jésus à son âme ravie
Disait dans un accent de douceur infinie :
“ Du mystère d'amour tu parles dignement ! :
C'est alors qu’empruntant les harpes séraphiques
Des sons tombés des cieux il formait ces cantiques
Que l'amour et la foi répèteront toujours.
Il ouvrait dans l'Eglise un concert de louanges
Que les siècles verront se joindre au chant des anges Tant qu’ils prolongeront leur cours !
Quand du Dieu de l’autel se célèbre la fête,
- Quand les chants inspirés de son Royal Prophète Avec des flots d’encens s'élèvent vers l’Agneau ; Quand ies nouvelles fieurs, ies flambeaux et les Ames Confondant leurs parfums, leurs élans et leurs flammes
Forment un spectacle si beau ;
aces chréts.—Mal-
iges
Quand rayonne l’hostie à nos yeux pleins de larmes, Lorsque l’on croit du ciel entrevoir quelques charmes, Et que le cœur se fond d’amour et de bonheur, Dans le calme du soir au Dieu qui nous inspire, En soupirs enflammés, oh ! qu’on aime à redire
Le cantique du saint Docteur |
« Je t'adore humblement, Divinité voilée :
« Ta gloire n’est pas là brillante et révélée,
Mais ma raison s’immole et mon cœur est soumis.
& Lorsqu’en te contemplant succombe ma faiblesse,
& Quand mes sens sont trompés, je crois que ta tendresse Nous donne ce qu’elle a promis !
« O Verbe-Vérité, j'adore tes paroles ; « Je te vois plus caché sous ces faibles symboles « Que sur la croix sanglante où tu voulus mourir &« Je te crois Homme et Dieu dans l'ombre du mystère, & Et du larron contrit répétant la prière « J'implore aussi ton souvenir.
« Hélas! je ne vois pas tes blessures divines : & Comme l’heureux Thomas quand vers lui tu t'inclines « Pour l’élever à toi dans un fidèle amour ; “ Je confesse mon Dieu, mais rends ma foi plus vive, « Mon espérance en toi plus ferme et plus active
“ Que je t’aime plus chaque jour.
« De la mort du Seigneur, mémorial sublime, & Pain vivant, ta vertu vivifie et ranime « L'homme que dès l’exil tu sais diviniser.
« De toi seul, je t'en prie, oh! que je puisse vivre, « Et que dans tes douceurs où mon âme s’enivre ‘ J’aille souvent me reposer.
‘ Pélican de l'amour, verse sur mes souillures
“ Le sang qu'ont fait jaillir tes cruelles blessures
‘* Pour me rendre sans tache à tes regards divins ;
‘ Une goutte suffit pour laver tous les crimes,
“Sauver tout l’univers et fermer 1-+ abimes Ouverts pour les pauvres hu:
‘Jésus, que j’aperçois voilé sous un nuage,
‘J'ai soif de contempler l'éclat de ton visage.
‘ Exauce ce désir par toi-même inspiré ;
“Oh! viens me découvrir ta beauté glorieuse,
‘ Qu'au ciel en la voyant mon âme soit heureuse, “ Mon cœur enfin désaltéré ! ”
(UNE sœur pu P.S.) De quelle hymne cette poésie est-elle la traduction ?—
u’était Saint Thomas d'Aauinr Comment est-il surnommé et pourquoi ?