‹ Lecture à haute voix [microforme] (volume 2)Chapitre 152 sur 184 · HISTOIRE DE MON AIGUILLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE MON AIGUILLE

Petite aiguille qui brillezentre mes doigts, d'où venezvous ? Si je ne me trompe, vous avez dû joliment voyager pour arriver jusqu’à moi. Je vais vous raconter votre histoire comme l’on fait aux petits enfants dont la mémoire ne saurait remonter jusqu’au jour de leur naissance.

D'abord, des ouvriers appelés mineurs sont allés chercher, dans les profondeurs de la terre, le minerai propre à former l'acier dont vous êtes faite. C’est dans de grandes usines nommées hauts-fourneaux que ce changement a eu lieu. Puis l'acier, tourné, étiré, juste à la grosseur convenable, on l’a coupé en petits morceaux ; chaque morceau appointé d’un côté et percé de l’autre, est venu se ranger dans un petit papier noir plié comme une lettre, et l'Angleterre, où se fabriquent les meïlleures aiguiiles, expédie dans le monde entier ces petits paquets ; ainsi vous êtes venue à moi, petite aiguille.

Aiguille, ma compagne fidèle, je vous aime, car c’est ma bonne mère qui vous a mise entre mes doigts: si j’acquiers quelques qualités utiles, je vous les devrai : j'avais un penshant marqué pour l’oisiveté, mais, Ô chère petite conse: ière, vous m'avez corrigée de ce vilain défaut, en

Page 1