EXPEDITION DU MARQUIS DE LA ROCHE
Comptez un temps à chaque virgule ; deux temps après un point-virgule ou deux points ; trois temps après un point. (1)
Le marquis de la Roche, très zélé catholique, poussé, dit Champlain, d’nne sainte envie d’arborer l’étendard de Jésus-Christ dans ces lerres, engagea généreusement une partie de sa fortune pour armer un vaisseau, dont il remit la conduite à un excellent pilote normand, nommé Chédotel. Mais l’idée qui était restée du Canada aux Français, après tant de tentatives infructueuses, était si défavorable par tout le royaume, que le marquis de la Roche ne trouva personne qui voulût le suivre, et se vit réduit à prendre, dans les prisons de l’Etat, des hommes condamnés à mort ou aux galères pour en faire les compagnons et les soutiens de ses travaux. Ces misérables au nombre de cinquante à soixante, sortirent avec plaisir de leurs cachots pour courir les aventures de la mer, et chercher, dans un nouveau monde un sort qu’ils ne pouvaient croire pire que celui auquel ils échappaient. Ce fut avec d'aussi tristes éléments de colonisation que le marquis de la Roche fit voile vers le Canada, conduisant avec lui environ soixante hommes. Arrivé à l’île de
(1) On exigera que les élèves indiquent ces temps à haute voix.
b6 LECTURE À HAUTE VOIX
Sable, il débarqua la majeure partie de ceux qu’i} t avait tirés des prisons, leur laissa des vivres et des marchandises, et leur promit de venir les reprendre aussitôt qu’il aurait trouvé sur la terre ferme un lieu favorable pour y former un établissement. Dans ce dessein, 1l rit une petite barque ; et se rendit du côté de l’Acadie ; mais, au retour, il fut surpris par un vent si violent, qu’il fut ramené en France en dix ou douze jours. La Roche se présenta alors à la cour pour réclamer. certains avantages qui devaient l’aider dans son entreprise ; et: quoique le roi les lui eût promis
déjà, ils lui furent refusés par l'effet des intrigues de quelques personnes qui ne désiraient
pas le succès de son expédition, toute à la gloire
de Dieu. ‘“ Ce qui, ajoute Champlain, lui causa
un tel déplaisir qu’il en mourut après avoir consommé son bien et son travail sans en recueillir aucun fruit sur la terre.”