DR LA DÉCOUVERTE DU CANADA
Exercice sur O aigu.
Le vice-amiral Charles de M ouy, sieur de la Meilleraye, fut, de tous les hauts personnages du temps, celui qui prit
le plus à cœur la découverte du Canada. Il obtint pour Cartier une nouvelle commission plus large que la pre-
mière, et lui fit donner trois navires et de bons équipages. Le navigateur malouin mit de nouveau à la voile, le 19 mai 1535. Il montait personnellement un navire de cent vingt tonneaux nommé la Grande-Hermine, et avait à son bord plusieurs gentilshommes em pressés de l’accompagner comme volontaires,
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Peu après le départ, une tempête sépara les trois navires qui, dans l’im puissance de gouverner, furent obligés de s’abandonner au Caprice tumultueux des flots et des vents. La Grande-Hermine fut portée au nord de Terre- Neuve: le 19 juillet, Cartier fit voile avec elle pour le golfe où il était déjà entré à son premier voyage, et qu'il avait assigné pour rendez-vous, en cas de séparation. Il y arriva le 25, et le jour suivant, il fut rejoint par ses deux autres navires.
Le 1er août, une forte tem pête le contraignit de se réfugier dans un havre situé à l'embouchure d’un fleuve immense, du côté du nord ; il donna à ce havre le nom de port de Saint-Nicolas—nom qu’il a conservé—et y planta une croix avec les armes de France.
Le 10 août, les trois navires rentrèrent dans le golfe, et en l’honneur du saint dont on chômait la fête ce jour-là, Cartier lui donna le nom depuis si fameux de golfe Saint- Laurent. Le même nom s'étendit par la suite au fleuve superbe qui a son embouchure dans le golfe. Le 15, il
s'approcha d’une île à laquelle il donna le nom de l’Assomption, mais qui a pris, depuis, celui d’Anticosti.
Les trois navires ayant remonté le fleuve Saint-Laurent, Cartier reconnut l'embouchure de la rivière de Saguenay, et après avoir poursuivi sa route l’espace de quinze lieues, il mouilla auprès d’unefle qu’on nomma île aux Coudres, à cause des nombreux coudriers qui s’y trouvaient. Cartier, se voyant alors engagé fort avant dans un pays inconnu, s’occupa de chercher un port où ses navires pussent hiverner en sécurité. Le septième jour du mois de septembre, après avoir entendu la messe avec son équipage, Cartier repartit de l’île au Coudres. Huit lieues au delà, il trouva une ïie beaucoup plus belle et plus grande que. celle qu'il venait de quitter, toute verdoyante de bois et. de vignes, ce qui l’engagea à lui donner le nom mytholo:
gique du dieu des buveurs : il l’appela l'île de Bacchus ; mais elle prit par la suite le nom d’tle d'Oriéans.
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De cette île, Cartier se rendit dans une petite rivière | qui n’en est éloignée que de dix lieues, et qui vient du nord. C’est celle que l’on appela depuis, en son honneur, € rivière Jacques-Cartier, mais qu'il avait nommée lui-m ême +
rivière de Sainte-Croix, aujourd’hui rivière Saint-Charles. |
Devoir.—Suivez ce voyage sur la carte géographique, L