‹ Lecture à haute voix [microforme] (volume 2)Chapitre 74 sur 184 · VIVE SAINTE CATHERINE · texte numérisé non relu

VIVE SAINTE CATHERINE

Lundi, 25 novembre.

A-t-on ri, grand Dieu, a-t-on ril Aussitôt après la messe, je me suis rendue chez Maria pour l’aider à mettre son couvert. Nous avons préparé le dessert sur des jattes, et fait une crême au chocolat.

A onze heures, les invitées sont arrivées par bandes, nous étions vingt-huit! On nous a servi un déjeuner princier; rien n’y manquait, pas même le eafé, chose absolument défendue aux gamines de notre âge. Maria a fait les honneurs du déjeuner avec une grâce que je lui enviais ; elle avait l'œil à tout et un mot aimable pour toutes. Nous avons mangé comme des petits loups; et, pour faire descendre les pâtisseries et les sucreries, nous sommes allées faire une bonne promenade. En rentrant, nous avons trouvé la salle à manger transformée en salle de danse; seulement nous n’avions pas de musiciens... Voici ce que nous avons imaginé pour composer un orchestre : Toutes celles qui savaient des airs de danse se sont groupées quatre par quatre et ont chanté, à tour de rôle, des polkas, des mazurkas et des quadrilles. Pour les galops, nous n’avions pas besoin de musique, ça allait

tout seul. Maria nous faisait passer des rafratchissements comme à un vrai bal, et l’on mangeaïit des gâteaux quand on ne pouvait plus galoper. A la fin nous avons fait des rondes, c'était le plus amusant... Et dire que cette jolie fête est passée ! Comme tout passe! c'est désolant! Nous parlions de la Sainte Catherine, il y a un mois, comme d’une chose lointaine, et la voilà faite, et en voilà pour un an! Le jour du certificat arrivera et passera de même... Si j'allais être renvoyée? Oh ! non, je vais me mettre à travailler, mais là, pour tout de bon, et tant, tant, que jaurai un prix...

Qu'était sainte Catherine? Qu'est-ce qu’un déjeuner princier ?—Qu’est-ce que faire les honneurs du déjeuner 7—Qu'estce qu’un orchestre —Quelle réflexion y a-t-il à Ja fin du récit !

LE ROI ET LE BERGER, Exercice sur I, OU et U.

Rencontrant un berger, un roi lui dit: “Voyons,

Que gagnes-tu, mon brave, à garder tes moutons ? —Moi ? Je gagne autant que vous, sire.

—Autant ? reprit, et non sans rire,

Le souverain ; fais-moi ton compte.—11l est fort clair ; Que m’importent les grosses sommes ?

Jeconduis des moutons, vous conduisez des hommes,

Et nous gagnons tous deux le ciel ou bien l'enfer.

Définition : berger....roi...sire...compte.. .ciel...enfer..,

LE PORTRAIT DE MON AMIE, Exercice sur les voyelles nasales.

Lydie, élève du cours intermédiaire, nous fait ainsi le portrait de son amie;

si le

Rose a le front ouvert, blanc et uni, les cheveux bien plantés, et dociles pour cet arrangement naturel qui coûte tant à trouver} Une certaine fraîcheur que les couleurs empruntées ne savent imiter, forme son teint. Ses yeux ne sont pas grands, mais ils sont vifs, et ses regards signifient tout ce qu'elle veuf;)àa bouche est pleine d’agréments ei le tour de son visage, parfait. Un petit nez délicat et retroussé n’est point le moinäre orneinent d’un visage tout aimable. Son esprit est à peu près comme sa figure. Ce n’est point par ces vivacités importunes dont les saillies ne font qu’étourdir, qu’elle cherche à briller dans la conversation. Elle évite encore plus cette lenteur affectée dans le discours dont la pesanteur assoupit ; mais sans se presser de parler, elle dit ce qu'il faut, et pas davantage.

Comme si la Providence s'était plu à tout harmoniser chez Rose, on sent dans l'expression d’une pensée vraie le ealme d’une âme pure. Son esprit conçoit le bien, son cœur l'aime, et par une pente naturelle, la vertu chez elle se traduit utilement en efforts et en actes. :

Questionnaire.—Qui nous fait le portrait de son amie?—N'est-il rien dit des qualités morales de Rose }— N’aimeriez-vous pas à avoir une amie aussi bonne que Rose ?

et tenaient M. E. M. FAILLON, Ptre, S. S, BIOGRAPHIE.

\ s Exercice sur les voyelles nasales.

- Monsieur Etienne-Michel Faillon naquit à Tarascon, département des Bouches du Rhône, le 1° mai 1799.

Vers 1812, il alla commencer ses études classiques au &éllège d'Avignon. L'atmosphère religieuse de cet an-

tique séjour des Papes, au moyen âge, depuis le XII‘ au XIVe’ siècle, semble avoir exercé une durable influence sur le jeune Kaillon.

Vers l’année 1818, 11 vint à Paris faire son cours de théologie, et entra à Saint-Su]pice vers 1820.

En 1829 on le retrouve directeur du séminaire de Paris.

Une de ses premières entreprises littéraires fut d’esquisser la carrière de M. Olier, fondateur de Saint-Sulpice, lequel, comme l’on sait, avait pris une large part à la colonisation de la nouvelle France—surtout à l’établissement de Ville-Marie.

En 1854, M. Faillon publiait la ‘ Vie de la Vénérable Marguerite Bourgeois,” fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, qui vint au Canada avec M. de Maisonneuve, le fondateur de Montréal. Vers le même temps paraissait en deux volumes, une biographie de Mademoiselle Mance—fondatrice de l’Hôtel-Dieu—et une biographie de Madame d’Youville, fondatrice des Sœurs Grises en Canada.

‘C’est par ces importants travaux qui bia une notable partie de notre histoire, qu’il préludait à son œuvre principale, l'Histoire de la colonie française en Canada.

Ce colossal travail, imprimé avec luxe à Paris, devait comprendre dix volumes, in-quarto, dont trois seulement ont paru-—-deux en 1865—le troisième en 1867.

Ilne va pas au-delà de 1675, mais l’infatigable annaliste a laissé les matériaux, pour mener le récit jusqu’à l’année 1759.

Dans le but de se renseigner sur les lieux, l’abbé Faillon entreprit trois voyages au Canada.

Il arrivait à Montréal en 1849, repartait en 1850, revenait en 1854. Il y séjourna trois années de 1858 à

nce

1861, obéré de travail, livré à d’incessantes recherches, employant comme copistes six assistants, trois secrétaires. Aux jours si sombres pour la France de l'année 1871, M. Faillon expirait à Paris, le 25 octobre, Agé de 72 ans.

Saluons ce zélé chercheur—ce travailleur infatigable qui a passé au Canada sept années de sa laborieuse existence, pour compléter nos annales—qui, par ses travaux, ses recherches colossales, a mérité le nom de Bénédictin de la Nouvelle-France.

J. M. Le More.

(Mémoire de la Société Royale du Canada.)

Expliquer. —Collège...biographie.….antique. théologie... esquisse. ..obéré.

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