‹ Lecture à haute voix [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 184 · AO AR MR CS AU SES TRAIT DE L’ENFANCE DE LÉON XIII · texte numérisé non relu

AO AR MR CS AU SES TRAIT DE L’ENFANCE DE LÉON XIII

Exercice sur les consonnes P, B, M.

C'était au printemps de 1817. Le ciel bleu et sans nuage de l’heureuse Italie brillait d’un nouvel éclat. Le soleil dans toute sa gloire jouait sur les vagues roulantes de la Méditerranée. ”

Une voiture élégante et légère attelée de deux coursiers rapides parcourait la route qui conduit d’Anagni à Carpinetto. Dans cette voiture était assis à côté de son gouverneur un enfant de sept ans, Vincent-Joachim Pecci, dont les regards ardents embrassaient le magnifique

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paysage. Cet enfant paraissait frêle et presque trop grand pour son âge. Les boucles gracieuses de ses cheveux bruns se jouaient autour d’un visage intéressant, aux lignes accentuées. À la pâleur de son teint, on pouvait deviner qu'il relevait de maladie et qu’il avait dû longtemps garder la chambre.

Que tout cela est bean! dit-il, en joignant les mains avec une sorte de recueillement, tandis que sa poitrine affaiblie aspirait à longs traits l’air embaumé et fortifiant du matin.

Le gouverneur contemplait en souriant son jeune compagnon de route dont l’enthousiasme avait coloré la joue d’un léger incarnat et lui apprenait à bénir Dieu dans ses œuvres. ,

Tout à coup un cri plaintif arrive aux oreilles du jeune Joachim. Sur son désir, la voiture s'arrête ; il s’élance vivement à terre, et a bientôt rejoint un pauvre enfantaux vêtements souillés et en lambeaux qui sanglotait, couché sur la pierre dure, au bord du chemin.. Le pied de l’enfant était très enflé et tout rouge à la cheville. ‘“ Qu’as-tu ? demanda le jeune voyageur d’une voix compatissante : ton pied est-il brisé ?—Je ne sais, répond en gémissant le pauvre chevrier. Il y a quelques minutes, la voiture d’un laitier descendait rapidement la route ; avant que j'aie pu me garer, j'ai été renversé et une roue m'a passé sur la cheville. Sans faire attention à mes cris, le conducteur s’est éloigné. Oh! que cela me fait mal ! ”

Bien vite, Joachim descend le talus escarpé, couvert de broussailles et d’épines. Il emplit son béret de l’eau claire du ruisseau, et il fait boire l’enfant altéré. Puis, de son blanc mouchoir de £atiste, il bande la cheville enflammée du petit montagnard don le pied bruni sort de cette enveloppe inaccoutumée comme d’un champ de neige sort la souche noircie par le temps.

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“ Où demeures-tu ? demanda Joachim. Le petit garçon nomma un village assez éloigné dans la montagne. ‘ Tu ne peux pas y retourner maintenant; viens avec nous à Carpinetto, là tu trouveras du secours. Le pauvret sourit plein de reconnaissance, et marcha en clochant jusqu’à la voiture, appuyé sur Le bras de son jeune bien. faiteur.

‘“ Que faites-vous, Joachim ? dit le gouverneur étonné. —Ce que je fais? Ce que tout chrétien doit faire, assistér un malheureux. Pouvons-nous laisser ici sans secours, ce pauvre petit blessé ?—Et vous voulez l'emmener à la maison ! Que diront votre père et votre mère ?—Ils diront que j'ai bien agi. Est-ce donc une chose extraordinaire que de soigner un enfant délaissé et de bander sa blessure ? Tout le monde n’en ferait-il pas autant à ma place ? Le gouverneur frapra amicalement sur l'épaule de l’en-

fant confié à sa garde, et la voiture roula rapidement vers

Curpinetto. | La mère de Joachim fut d’abord un peu étonnée de

voir arriver au logis un hôte aussi inattendu ; Mais lors-

qu’on lui eut tout raconté, elle donna ordre d’aller cher-

cher immédiatement le médecin de la maison et de soi-

gner au mieux le pauvre petit blessé. Joachim était rayonnant, et dans ses grands yeux remarquablement beaux, il y avait des larmes de bonheur. ‘ Ai-je bien fait, mère? demanda-t-il.— Oui, cher enfunt, tu as noblement agi, répondit la mère; et aussi fière que joyeuse, elle pressa son fils sur son cœur.

Questionnaire.—Faites le portrait du jeune Joachim Pecci.—Racontez l’histoire du petit chevrier—La mère de Joachim le réprinandu-t-elle ?

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