‹ Lecture à haute voix [microforme] (volume 2)Chapitre 84 sur 184 · SOUVENIRS DE PREMIÈRE COMMUNION · texte numérisé non relu

SOUVENIRS DE PREMIÈRE COMMUNION

Sur les consonnes K, G, GN, LL.

Madame Octave Feuillet, dans une page délicieuse, raconte ainsi les impressions de sa première communion.

‘“ Mes scrupules empoisonnèrent les heures mystiques qui précèdent la première communion, Souvent, pendant la retraite, en chantant nos cantiques, ma voix restait étranglée par les sanglots. Lorsque je fus recevoir l’absolution, je fis une telle pitié à mon confesseur, que malgré sa goutte et son esprit sévère, il g’attendrit, trouva de rassurantes paroles et m'inonda de paix jusqu’au lendemain.

Légère comme si j’ avais eu des ailes, je courus en quittant le confessionnal me jeter aux pieds de mon père, de ma mère, de mes grands-parents. Je leur demandai pardon de mes fautes, ils me bénirent. On appela les domestiques, à tous je donnai la main. Victoire, rouge comme

na roms M » mn? : “ une cerise, m'enleva dans ses bras et m'embrassa si fort,

qu’elle imprima sur ma poitrine l'effigie du scapulaire qui m'avait été donné le matin.

âme

yes

se, raion.

tiques ndant restait ’absonalgré va de a len-

n quitre, de i paromesomme 4 4nut À AVI Us

re qui

Je dormis comme un ange et je méveilai avec le jour On était au mois de juin, le ciel était radieux. Victoire ouvrit la fenêtre. Ma chambre s’emplit du parfum des campagnes. L'air frais entra, agitant les plis légers de ma robe blanche suspendue aux rideaux du lit. Les oiseaux du jardin se mirent à chanter, même ceux des boïs lointains. J’eus envie de chanter comme eux. Victoire m’habilla, je laissai mettre un bonnet sur mes beaux cheveux dont on voulait cacher les boucles par modestie. On m'attacha mon voile, on plaça dans mes mains le chapelet d'ivoire et l’on m’entraîna vers l’église.

Ma mère souriante et parée me donnait la main. Mon père nous suivait avec mes petits frères et Victoire, qui portait mon cierge et le livre de velours blanc. Quel charmant voyage que celui de la maison à l’église ! Comme nous marchions dans nos rues étroites, les vieilles gens sortaient sur leurs portes pour nous voir passer ; toutes les fenêtres s’ouvraient sur nos têtes, et l’on entendait des voix qui chuchotaient entre elles et se faisaient douces pour ne pas troubler mon recueillement.

La foule pressée sur les marches de l’église jetait dans l'air matinal de joyeux murmures. Les cloches sonnaient à ébranler les tours, semblant prévenir Dieu que j'allais à Lui.

Cette journée m’enivra! Les fleurs de l'autel, l’encens, les cantiques, le serment fait à Dieu sur les fonts baptismaux, la procession autour de la cathédrale sous le brillant solei/, tout cela me jeta dans l’extase, tout cela me donna le sentiment du mot : bonheur. I1 me sembla n'avoir jusqu'alors rien compris, rien senti, et qu'en ce jour j'étais tout-à-coup inondée de clartés, que la vie éclatait en moi comme un fruit mûr. Non seulement Dieu, mais j'aimais l’avenir, l'inconnu, la jeunesse qui

m'attendait. La mort. dont il nous avait été souvent

parlé dans nos instructions m'apparaissait sous la forme du sommeil. Je la voyais sans ses douleurs, sans sa des-

truction au bout d’une lointaine vieif/esse et me souriant

presque autant que la vie.

À ces ivresses qui durèren’ jusqu’au lendemain succéda un morne abattement. Il fallait quitter le temple, où j'avais pris racine comme Joas. Mon cœur se fondit lorsque, près la messe, je me dirigeai vers Ja sacristie pour dire adieu au prêtre qui s'était occupé de ma jeune âme. Mes yeux obscurcis s’arrétaient avec tendresse sur les saintes images, sur les anges du sanctuaire, sur la statue de Moïse qui soutenait le livre des chantres, sur le grand Christ qui protégeait l’entrée du chœur. Tous ces témoins silencieux de mon bonheur étaient devenus mes amis, Je ne savais m'en séparer. J'aurais voulu que l’on me chargeât d'entretenir les autels, de veiller à la petite lampe éternelle qui brûle devant le tabernacle. J'aurais béni la voix qui m'aurait dit: “ Tu ne retourneras pag

dans la maison de ton père, tu vivras ici, dans la maison de Dieu ! ”

Questionnaire. — Comment se fit la retraite ?,,,,— Comment se passa la journée de la première communion ?, — Pourquoi y eut-il un moment de tristesse ?

ET . mm.

AM. PIERRE VEULLLO £ LT A Mu MARGUiaci di VEUILLOT. (1)

Exercice sur les consonnes soutenues F,, V.

LA chère grosse Margueri

(1) Pierre n’avait pas encore sept ans, et Marguerite n'en avait pas encore six,

nimes nn nr eenerenns rome cena ann me - mm à + gg mm à mm am

uvent

forme

a desariant

ccéda le, où t lorspour âme.

1r les statue grand moins amis, nn me petite urais S pas aison

que c’est Pierre qui m’a écrit ; mais je parle à vous deux, parce que je vous aime tous les deux. Quand Marguerite m'écrira, je lui écrirai !

Pourquoi Marguerite ne m’écrit-elle pas ? Elle dit qu’elle est trop petite; mais quand Pierre n'avait que l'âge de Marguerite, il m’écrivait. M arguerite pourrait écrire, si elle voulait travailler. Alors je lui répondrais. Elle recevrait des lettres sur lesquelles il y aurait : ‘ A Mademoiselle Marguerite Yeuillot, rue du Regard, n° 5.” Et le portier dirait: Voilà une demoiselle que l’on traite comme un garçon. Ce n’est pas tout Je donnerais à Marguerite tout ce qu’elle me demanderait par écrit: des livres à images, du papier blanc, des crayons, des poupées à ressort. Mais elle n’écrit pas.

Toi, Pierre, mon cher neveu, tu écris, et tes lettres me font beaucoup de plaisir; mais elles me feraient bien plus de plaisir encore, si tu t’appliquais davantage à mettre bien l'orthographe. Fais attention à cela. L'homme doit se distinguer par la correction. Je désire aussi que tu écrives plus gros,

Il y a une autre chose que je désire bien plus, mon neveu et ma nièce: c'est que vous soyez sages. Il paraît que ça ne va pas très bien depuis quelques jours. Vous vous battez, vous criez, rous n’obéissez pas à votre maman. Ni le bon Dieu, ni papa, ni moi, ni tante Elise, ni personne ne peut être content de cette conduite.

Mes petits enfants, faites plaisir au bon Dieu et à toue ceux qui vous aiment, soyez sages et obéissants. |

C’est par ce moyen que Marguerite apprendra à écrire, et que Pièrre mettra bien l’orthographe et écrira gros, et deviendra un fameux homme. En attendant, je vous embrasse. Je vous rapporterai quelque chose quand nous reviendrons. Priez le bon Dieu pour votre oncle qui vous

aime de tout son cœur. | Louis VEuriLor,

us CR ne À ii GRR énigmes ne Re en nn nn sen eenemens Lens DT Re Este ee 138 LECTURE A HAUTE VOIX i

Indiquez les phreses où Louis Veuillot exprime l'affection qu’il porte à son neveu et à sa nièce.

Quels désirs Louis Veuillot exprime-t-il à son neveu et à sa nièce ?

Quelle est la manière d'adresser une lettre ?

Détachez les mots de cette lettre où se trouveat les articulations LL, P, BZ, V, 8.

nn on me rt

Page 1