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LA JEUNE FILLE CHRÉTIENNE

Que c’est beau et bon, un cœur de jeune fille réellement chrétienne ! Quel ordre ! quelle simplicité ! quelle transparence dans son âme ! Tout y est vrai, parce que tout vient d’un fond vraiment angélique ; c'est la vertu qui semble personnifiée, c’est la pureté, la bénignité dans sa plus discrète expression, enfin c’est la plus délicate des | créatures, pleine encore de la grâce baptismale, et qui À offre cependant la plus virile fermeté, Dès que le mot devoir frappe son oreille, docile elle avance, et si yn mot impie ou immonde s'échappe devant elle, elle sait opposer la plus invincible résistance. D’un regard, d’un mouvement de sa paupière abaissée ou relevée, elle écrase, elle anéantit, Du fond divin de son âme, ce regard foudroie,

Rien ne montre plus la force d’une éducation chrétienne bien conduite, que l'alliance magnifique de la pudeur et du courage, dans une jeune fille de quinze, seize, dixsept ans. Elle sait craindre et fuir comme un petit oiseau ; et elle sait attaquer, résister, soutenir la lutte comme un lion, dès qu’il s’agit d’un bien réel à faire, d’une vertu à défendre. C’est merveilleux ! et quand elles sont plusieurs arrivées ensemble à ce même résultat, très

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fréquent dans un pensionnat religieux, c’est un spectacle qui ravit le cœur de Dieu, et qui fait bénir toutes les sollicitudes de l'éducation ! Et tout l’héroïsme de ces maternelles sollicitudes, Dieu seul le connaît, les hommes l'ignoreront toujours ; car si je parle des admirables résultats obtenus, 1l faut bien dire aussi à quel prix, et après quelles luttes souvent on voit apparaître les vertus solides, et le gage des fruits à venir !

Je sais qu'une modeste et timide jeune fille, profondément pieuse, est vraiment un ange intelligent et pur, plein d'amour et de grâces, qui, dans un pensionnat, fait loi, domine tout, éclaire tout, entraîne toutes ses compagnes vers le bien et vers le saint tabernacle, où réside l'objet de son unique amour, Elle est un reflet vivant de l’état de justice originelle, dont Marie, sa mère et maîtresse, lui révèle au fond de l’âme le secret, en lui enseignant personnellement à diriger chacune de ses actions, conformément aux vertus qu’elle-même a pratiquées sur la terre.

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