L’'ESPOIR EN DIEU
(FRAGMENT
Il existe, dit-on, une philosophie
Qui nous explique tout sans révélation,
Et qui peut nous guider à travers cette vie
Entre l'indifférence et la religion.
J'y consens.—Où sont-ils, ces faiseurs de systèmes, Qui savent, sans la foi, trouver la vérité,
Sophistes impuissants qui ne croient qu’en eux-mêmes ? Quels sont leurs arguments et leur autorité ?
L'un ! me montre ici-bas deux principes en guerre, Qui, vaincus tour à tour, sont tous deux immortels ; L'autre * découvre au loin, dans le ciel solitaire,
Un inutile Dieu qui ne veut pas d’autels.
Je vois rêver Platon et penser Aristote ;
J'écoute, j'applaudis et poursuis mon chemin:
Sous les rois absolus je trouve un Dieu despote ;
On nous parle aujourd’hui d’un Dieu républicain. Pythagore et Leibnitz transfigurent mon être * ; Descartes !‘ m’abandonne au sein des tourbillons ; Montaigne s’examine, et ne peut se connaître ? ;