MARTHE ET MARIE
Elles étaient deux sœurs : Marthe aux cheveux châtains, Et Marie aux yeux clairs, plus jeune, rose et blonde ;
Et Celui qui devait léguer l'amour au monde
Etait le guide sûr de ces cœurs incertains.
Marthe, tout orgueilleuse, était la ménagère, Les soins et les soucis donnant l’autorité.
L'autre, offrant un secours chauue fois écarté, Dans sa propre maison semblait une étrangère.
Or, Marthe ayant reçu Jésus dans sa maison, Marie, aux pieds du Maître assise, écoute et songe, Et Lui, par des discours qu’elle-même prolonge, Forme attentivement sa naïve raison.
— ‘* Maître, dis-moi, crois-tu que mon âme est gâtée ? C’est ta brebis perdue ?. . . Oh! si c'était cela,
Je la ferais pour toi légère . . . porte-la ! ”
Et sans fin elle boit la parole écoutée.
Marthe, le ton grondeur, le visage un peu sombre, Jalouse quand sa sœur veut sa part de travail, Maîtresse en tout, s’acl'arne au plus petit détail, Comptant sans fin des plats dont elle sait le nombre.
— Oh! Maître, dit Marie, oh ! que tu paries bien Des 1ys vêtus de soie et des douces colombes ! Dis-moi, tu seras là, quand s’ouvriront les tombes ? Alors, si je te vois, je ne craindrai plus rien ! ”’
Un jour, tournant les yeux vers sa blonde cadette, Irritée à la voir se plaire aux chers discours :
— ‘* Tu ne fais rien, quand moi je travaille toujours, Dit Marthe, I1 serait temps de nie payer ta dette. ”
À nt ARE og
> LE TS DRE, > Ru nas ces ? Den LL DS LES tps ce > È
ads 7
En à TR RC eve — —— ee NUE
— ‘* Viens écouter comme elle et te repose un peu, ? Dit Jésus. — ‘‘ Commandez, dit Marthe, qu’elle m'aide. Or l’irritation la fit paraître laide,
Kt par l’entêtement elle déplut au Dieu.
— ‘* Marthe, Marthe, dit-il, laisse ta pauvre tâche ; Ta sœur veut bien la faire et tu m’écouteras . “ Mais Marthe répondit : ‘‘ J'aime occuper mes bras. Ma maison est trop grande et mon cœur n’est point lâche. ”
Voyant son injustice, il répondit encor :
— ‘{ La part que se choisit Marie est la meilleure. Et tandis que, tout bas, la petite sœur pleure, Jésus, posant sa main sur les beaux cheveux d’or:
— ‘‘ Cette meilleure part ne peut plus être Ôôtée
A l'enfant qui me cherche et qui veut mes leçons. Et pensive, Marie, avec de doux frissons,
Boit, les yeux sur Jésus, la parole écoutée.