‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 186 sur 190 · DR GUIRAUD · texte numérisé non relu

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Le budget d’une bonne ménagère.

La comptabilité domestique.

Il est impossible à toute personne ayant à gérer des intérêts financiers de le faire avec sagesse et habileté, si elle ne voit pas clairement ce qu’il lui est possible ou impossible d'accomplir avec les sommes dont elle dispose.

Considérer les sommes probables qu’on aura à toucher | dans un temps déterminé et considérer les dépenses probables qui s’imposeront; étudier le moyen de faire face aux secondes à l’aide des premières, voilà sommairement ce qui s'appelle établir un budget.

Le budget d’un ménage est donc le tableau approximatif des dépenses et des recettes de ce ménage.

Une bonne ménagère a le soin d'inscrire avec la plus yrande ponctualité ses recettes et ses dépenses journalières, | Pourquoi ? dira-t-on. | |

— Parce que c’est là un principe d'ordre d’où découlent une foule de conséquences importantes.

En effet, il ne suilit pas d’être pleine de bonne volonté pour faire tout ce que l’on désire. On aura beau être réso- | lue à mettre de côté chaque mois, chaque semaine, une l somme déterminée, il y a tout lieu d’aftirmer qu’on n’y | arrivera pas si, en déterminant cette somme, on n’a pas calculé de très près avec les impérieuses nécessités du moment, Par conséquent, il faut inscrire sur un cahier spécial, et chaque jour, les dépenses que l’on fait, en réaliser le total chaque semaine ou chaque mois, comparer

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ce total à celui qu’on avait prévu en dressant le petit budget annuel et, de la sorte, on saura si l’on est dans la bonne voie, s’il y a des dépenses qu’on doit diminuer et s’il est possible de faire ou d'augmenter les économies destinées à grossir la petite épargne.

On inscrit ses dépenses pour un autre motif : c’est afin d’avoir l'esprit tranquille sur l'emploi de l'argent disponible, dont la masse diminue au jour le jour. Il n’y a pas une maîtresse de maison qui, une fois ou l’autre, ne se soit écriée : “ Mais qu’ai-je bien pu faire de mon argent aujourd'hui? Voilà que j'ai changé un billet de vingt dollars, de dix dollars, de cinq dollars, ce matin, et il ne m'en reste plus rien ce soir.”

Elle prend la plume, elle appelle sa mémoire à son secours, elle inscrit toutes les menues sommes qu’elle a dépensées et elle en fait le total: 20 dollars, 10 dollars ou 5 dollars ; voilà ce qu’elle trouve et elle est rassurée : elle n’a rien perdu, il ne lui a été rien dérobé.

Il faut inscrire nos dépenses en détail parce que, lorsque par nécessité ou de bonne volonté, nous voulons faire des économies, il faut que nous sachions sur quelles sortes de dépenses nous pouvons faire porter la réduction. Quand on dit d'une manière vague et générale: “Il me faut réduire mes dépenses,” on est encore loin de le faire. Mais on en est tout près quand on ajoute : “ C’est mon loyer ou les frais de mon entretien que je veux diminuer.” Alors les efforts se concentrent sur ce point unique, et l’on arrive à un bon résultat.

Cette troisième considération nous amène à conclure qu’il faut non seulement inscrire nos dépenses journalières,

ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET HYGIÈNE. 345 etit Ê mais que nous devons encore les détailler à part, par s la espèces et par genres. Ainsi on aura :

r et 1° Loyer, impôts, assurances ; des- 2° Nourriture ; 3° Chauffage et éclairage ; afin 4° Entretien de la maison; ible, 5° Entretien des personnes ; Ë une 6° Blanchissage ; | soit | 79 Frais divers.

jour- On divisera en sept parties un petit cahier, correspons, de dant à ces sept titres, et on établira au jour le jour la liste reste de ces sept espèces de dépenses.

Mais pour cela, un autre cahier sera nécessaire : c’est son | celui sur lequel on inscrira les dépenses de chaque jour lle a | tous les soirs avant d'aller se reposer. Ce livre, qui existe | rs ou | dans la grande comptabilité commerciale comme dans celle | elle | des particuliers, peut s'appeler journal, brouillon ou {| brouillard, C’est de lui que l’on se sert pour reconnaître lors- les dépenses en détail et les reporter sur leurs listes res- | faire pectives. | ortes A ces deux cahiers, le Journal et le cahier du Détail | uand des dépenses, on en ajoutera un troisième qui pourra n'être faut | le plus souvent qu’un tout petit carnet : celui des Recettes Mais et Épargne, où l’on marquera les sommes reçues et celles | er où qu'on met de côté, à la Caisse d’Épargne ou ailleurs, s les ve à QUESTIONS.—Pourquoi est-il nécessaire de se rendre un compte exact des recettes et des dépenses d’un ménage ?— Qu'est-ce que: établir un budget ?—Qu'est-ce que le budget ?— clure Pourquoi devons-nous inscrire régulièrement nos dépenses ?—

Quelles sont les conséquences les plus importantes de la compères, tabilité domestique ?—Sur quel livre inscrit-on d’abord les dépenses ?—Comment les inscrit-on?—$Sous combien de titres se groupent les dépenses d’un ménage ?

Travail intellectuel et manuel.

L'exercice des facultés intellectuelles, l'éducation et l'instruction qui en dérivent, rendent l’homme meilleur ; la paresse et l’oisiveté sont, au contraire, des causes de déchéance des facultés morales et des forces du corps ; elles engendrent l'ennui qui empoisonne l'existence et conduisent souvent à une vie de désordre et d’immoralité. Laissez-moi par quelques citations vous démontrer l’utilité du travail et le danger du désœuvrement.

Le célèbre chirurgien anglais Astley Cooper qu’un travail opiniâtre avait élevé de la condition la plus humble à la renommée, aux honneurs et à la fortune, s'étant retiré dans un splendide domaine, avant l’âge de la retraite, fut atteint de dégoût de la vie et d’idées de suicide engendrées par le désœuvrement, Il ne s’en délivra qu’en se remettant au travail et à la clientèle.

Le marquis de Spinola, capitaine fameux au service de l'Espagne au X VI* siècle, demandait un jour à sir Horace Vère de quoi son frère était mort: “ De n'avoir rien à faire,” répondit celui-ci.— Hélas ! s’écria Spinola, c’est bien assez pour tuer n'importe qui.”

Un grand seigneur se plaignait à son fermier de s’ennuyer à mourir. “C’est qu'il est trop souvent dimanche pour vous,” répondit ce dernier,

Soyez persuadés, en effet, comme l’a dit le philosophe scythe Bion, “que personne n’a plus de peine que celui qui n’en veut prendre aucune,”

à ÉCONOMIE DOMESTIQUE ET HYGIÈNE. 347 Le travail du corps et de l'esprit est donc indispensable au maintien de la santé ; mais il entraîne une consommation de forces vitales qui amène bientôt le besoin de ur . réparation. C’est par le repos et par le sommeil, qi on € s'effectue.

[leur ; 3 d Ne remarque-t-on pas qu'après un travail assidu et proes de Il # longé la tête devient pesante, les idées sont moins vives elles A et moins nettes, les yeux se fatiguent et on éprouve un nduisentiment général de lassitude, Lais- j pl té d Il en est de même après un exercice violent ou de té du longue durée, après un travail manuel énergique et sou- " tenu: les membres deviennent douloureux, les forces n trable : s’'épuisent et un besoin de repos se fait sentir. able à b ; Il importe donc de suspendre de temps en temps, ou retiré ds Le s dt d'une manière périodique, l'exercice de l'intelligence et e, fu , As d À l'exercice des muscles pour réparer les forces épuisées, et idrées :

de les juire succéder l’un à l’autre, de telle sorte que le ettant ; Den SEE 2 à repos intellectuel coïncide avec l’activité musculaire, et vice versa. C’est dans ce but que les classes et les études ce de | sont séparées par des récréations pendant lesquelles l'esprit, Lorace ‘ ‘ ‘ Stage délivré de toute contrainte et de toute application, se en à ‘ F repose et les membres se livrent à des exercices variés. t bien i Dr L.-A. RAIMBERT.

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Conseils d’un poète à une jeune fille,

Y a-t-il sur la terre un être plus aimé, plus choyé, j'allais dire plus gâté que la jeune fille? Elle ne trouve devant elle que des personnes disposées à lui être agréables ; mais, en retour de tant d’attentions, on voudrait la voir parfaite, et les plus grands écrivains se sont plu à lui donner des conseils. V. Hugo lui recommande de travailler, de rester pure, d’être calme, joyeuse et bonne.

Laisse-toi conseiller par l’aiguille ouvrière,

Présente à ton labeur, présente à ta prière,

Qui dit tout bas : ‘‘ Travaille ! ’’ Oh! crois-la ! Dieu, vois-tu, Fit naître du travail, que l’insensé repousse,

Deux filles : la vertu, qui fait la gaîté douce,

Et la gaîté, qui rend charmante la vertu !

Sois pure sous les cieux! comme l’onde et l’aurore,

Comme le joyeux nid, comme la tour sonore,

Comme la gerbe blonde, amour du moissonneur,

Comme l’astre incliné, comime la fleur penchante, i Comme tout ce qui rit, comme tout ce qui chante,

Comme tout ce qui dort dans la paix du Seigneur !

Sots calme. Le repos va du cœur au visage ;

La tranquillité fait la majesté du sage.

Sots joyeuse. La foi vit sans l’austérité :

Un des reflets du ciel, c’est le rire des femmes : La joie est la chaleur qui jette dans les âmes Cette clarté d’en haut qu’on nomme vérité.

hoyé, ouve bles ;

voir \ lui iller,

Sois bonne. La bonté contient les autres choses. Le Seigneur indulgent sur qui tu te reposes Compose de bonté le penseur fraternel.

La bonté, c’est le fond des natures augustes. D'une seule vertu Dieu fait le cœ'ir des justes Corime d’un seul saphir la coupole du ciel.

Ainsi, tu resteras, comme un lis, comme un cygne, Blanche entre les fronts purs marqués d’un divin signe ; Et tu seras de ceux qui, sans peur, sans ennuis,

Des saintes actions amassant la richesse,

Rangent leur barque au port, leur vie à la sagesse,

Et, priant tous les soirs, dorment toutes les nuits !

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