‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 26 sur 190 · LE SACRIFICE · texte numérisé non relu

LE SACRIFICE

Êtes-vous de ceux que le bon saint Antoine n'écoute pas, qui s’attristent de ses lenteurs et lui disent : “ Nous vous avons promis du pain pour vos pauvres, Nous VOUS prions avec ferveur et avec confiance, pourquoi, bon saint, ne nous EXAUCEZ-VOUS pas ?

Si vous êtes de ces âmes délaissées, ou qui se croient telles, rassurez-vous : il se peut que saint Antoine ne paraisse vous oublier, que parce qu'il attend de vous quelque chose de plus et de mieux que laumône matérielle,

Depuis que vous mettez à l'épreuve sa bonté, il serait étrange que vous n'ayez pas compris le but qu'il s’est proposé en créant la chère petite œuvre,

Ne crovez pas qu'il ait uniquement voulu procurer du pain aux pauvres. L'aumône, pour lui, était surtout un moyen.

Avez-vous remarqué avec quelle facilité il exauce ceux qui sembleraient, parfois, les moins dignes de son attention ?

Il veut ouvrir ainsi les yeux aux incrédules par une première faveur, leur montrer que le ciel n’est pas vide, comme ils le disent, et préparer, pour plus tard, leur retour à Dieu,

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Si l’impie n’était pas écouté tout de suite, il ne persévérerait pas. Il invoque notre Saint comme par surprise, et c’est par surprise aussi qu’il en est exaucé, afin que cette faveur inopinée le touche d'autant plus et le fasse rentrer en lui-même.

Ne doutez pas que ce ne soit aussi dans des vues mmiséricordieuses, et pour procurer, avant tout, la gloire de Dieu, que saint Antoine reste quelquefois sourd à vos plaintes.

Ce qui importe le plus à notre époque de sensualisme et de lâcheté, ce ne sont pas tant des cœurs intéressés qui croient aux saints et les invoquent, que des âmes géné-

. reuses qui les imitent.

Si vos promesses de pain ne vous réussissent plus comme auparavant, c'est que saint Antoine, par ses retards, souhaite que vous deveniez une de ces âmes, et qu’à l’'aumône vous ajoutiez le sacrifice.

Donner de l'or, pour beaucoup de elients du bon Saint, est souvent ce qui coûte le moins. Mais donner un peu de soi-même, voilà ce qui est plus rare, d’un autre prix et qui réussit merveilleusement. ;

Mais, me direz-vous, qu'appelez-vous sacrifice ?

Ah ! les clients du bon Saint qui, déjà, ont expérimenté ce moyen presque infaillible, pourraient vous dire qu'il n'y a rien qui s'offre plus fréquemment au cours de nos

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journées que les occasions d'accomplir des actes de renon-

cement, de détachement, de pénitence, de mortification. C’est cela le sacrifice.

Promettez à saint Antoine un lever plus matinal, la privation d’un plaisir, moins de recherche dans la nourriture, un quart d'heure de méditation chaque matin, cela vous semble peu de chose ! Essayez-en. |

Désespérée de l'insuccès de ses prières, une jeune femme eut l’idée de s'engager envers notre Saint à ne plus lire de romans; elle fut exaucée tout de suite. Un jeune homme promit de ne plus fumer; un vieillard, de supprimer la tabatière.

Que n’obtiendrez-vous pas en cherchant les occasions de vous humilier, de captiver votre volonté, de réprimer votre impatience ou votre humeur; en vous efforcant par de la condescendance, de la douceur, l’oubli des offenses, de maintenir la paix et l'union autour ‘te vous; en vous réconciliant avec vos ennemis !

S’abstenir de la raillerie, de la médisance, supprimer les visites inutiles, fuir les spectacles dangereux, modérer les excès du luxe dans la toilette, dans les ameublements, voilà encore des sacrifices possibles... et combien d’autres, que nous ne pouvons énumérer.

Quel progrès ne ferez-vous pas dans cette voie si, toutes les fois que vous avez obtenu une faveur de saint Antoine, vous vous souvenez qu’il ne s’est proposé d'autre but que de vous gagner toujours davantage à Dieu !

| Ah! ne vous croyez pas quitte envers lui, lorsque { vous aurez donné le pain qui vous assure la prière toute- | | puissante du pauvre. Il vous reste encore à devenir î meilleur, plus pieux, plus mortifié, et, à ses yeux, c’est l'essentiel.

Vous seriez un ingrat si vous négligiez de le faire ; vous Li ‘ ne comprendriez rien aux desseins de Dieu sur vous et à 4 4 ses bontés, et vous mériteriez de n'être plus écouté par ü saint Antoine.

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Vous vous êtes servi avec succès du premier moyen qu'il vous offrait; osez employer le second, et vous aurez retrouvé le secret de le toucher encore et de vous assurer sa protection.

QUESTIONS.—Qu'était saint Antoine de Padoue ?—Où est-il se né ?—A quelle époque vivait-il ?—Quel est le fondateur de l’ordre auquel il appartenait ?—Pourquoi le nom de Padoue ajouté à son noin ?—Pourquoi est-il représenté tenant l’Enfant-Jésus ?—Conil naissez-vous quelques faits merveilleux de la vie de saint An- |Ê toine ?—Nomimez quelques saints remarquables de l’ordre des Franciscains.

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