‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 30 sur 190 · LE PALAIS ET LE JARDIN D’ALCINOUS · texte numérisé non relu

LE PALAIS ET LE JARDIN D’ALCINOUS

Cependant Ulysse se dirigeait vers la splendide demeure d'Alcinoüs, Il s'arrêta au moment de franchir la porte d'airain, et mille pensées agitèrent son esprit. Comme brille la lumière du soleil ou de la lune, ainsi resplendit le palais élevé du magnapime Alcinoüs. Des murs d'airain apparaissent partout, depuis le seuil jusqu’à l'appartement le plus reculé. Une corniche de la couleur de l'azur en faisait le tour ; des portes d’or fermaient solidement l’intérieur de la maison. Sur le seuil d’airain, se dressaient des montants d'argent; le linteau des portes

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était d'argent et l’anneau, d'or. Aux deux côtés, des chiens d’or et d'argent, œuvre du savant génie de Vulcain, gardaient la maison du magnanime Alcinoüs. Ils étaient immortels et à jamais exempts de vieillesse, A l'intérieur, de place en place, depuis le seuil jusqu’à l'appartement le plus reculé, des sièges étaient fixés à la muraille. Ils ctaient recouverts de fins tissus artistement fabriqués, ouvrage des femmes. C’est là que s’asseyaient les chefs des Phéaciens pour boire et pour manger, car jamais les provisions ne leur faisaient défaut. Sur des piédestaux admirablement construits, des statues d’or, représentant de jeunes hommes, et tenant dans leurs mains des torches allumées, éclairaient pendant la nuit les convives dans l’intérieur du palais.

Il y avait dans les appartements cinquante femmes esclaves. Les unes écrasaient sous la meule le froment doré; les autres tissaient la toile et tournaient les fuseaux. Quoique toutes assises, elles s’agitaient comme les feuilles du haut peuplier. Les tissus de lin semblaient avoir le lustre de l'huile. Autant les Phéaciens dépassent les autres hommes dans l’art de diriger un léger navire sur l'étendue des mers, autant leurs femmes sont habiles à tisser la toile, Minerve les à dotées et du talent de confectionner ces ouvrages merveilleux et d’une profonde intelligence,

Hors de la cour, près des portes, s'étend un grand jardin, de quatre arpents, fermé de toutes parts par une elôture, Là, végètent des arbres grands et vigoureux, des poiriers, des grenadiers, des pommiers aux fruits splendides, des fizuiers aux doux fruits, des oliviers verdoyants,

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Jamais le fruit n’y dépérit, jamais il n’y manque ni l’hiver ni l'été ; il prospère continuellement. Toujours le souffle du zéphyr fait croître une partie des fruits et mâûrir l’autre. La poire vieillit après la poire, la pomme après la pomme, le raisin après le raisin, la figue après la figue. Là fut plantée une vigne féconde dont une partie, exposée au soleil sur un terrain uni, laisse sécher ses grappes; ailleurs on fait les vendanges ; ailleurs encore on foule les raisins. Sur le devant, il est des grappes qui ne font que fleurir, et d’autres qui commencent à noircir.

Tout au fond du jardin, sont établies des plates-bandes régulières, remplies de toutes sortes de légumes et perpétuellement varnies de fleurs. Deux sources sônt à l’intérieur : les eaux de l’une vont se distribuer par tout le: jardin; celles de l’autre, coulant sous le seuil de la cour, longent la haute demeure et désaltèrent les habitants. Tels étaient les dons splendides dont les dieux avaient enrichi la maison d’Alcinoüs.'

HOMÈRE, Odyssée, chant VIT, vers 81 à 132.

QUESTIONS. -- Que savez-vous d'Ulysse ?— d’Alcinoüs ?— de Vulcain ?--de Minerve ?—Quelles sont les œuvres attribuées à Homère, et que savez-vous de cet auteur ?—Quels sont les sujets de l’Zliade et de l'Odyssée ?—Peut-on se faire une idée de la civilisation des temps homériques d’après la description du palais et du jardin d’Alcinoüs ?

l. Cette description montre des hommes vivant dans unc abondance un peu grossière, se livrant aux premiers essais de l’art, mais ayant peu de goût et attirés surtout par la richesse, les magnificences, par tout ce qui brille.

Ulysse se dit en grec Odysseus.—Homère a chanté dans l'Odyssée les voyages et les malheurs d'Ulysse revenant dans sa patrie après la prise de Troie

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