‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 49 sur 190 · GAUTIER · texte numérisé non relu

GAUTIER

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1. Si tous les sujets de la reine se formaient en procession pour venir téfiler devant elle, et si elle restait assise pour recevoir leurs hommages, h supposant que chacun ne pritque six secondes, quel temps ne faudrait- Hi pas à cette procession pour défiler! Il faudrait que la reine restât pour 4 éla quatre-vingts ans assise sur son trône jour et nuit.

d'Europe. Ne parlons que pour mémoire, de Chypre occupée, de l'Égypte administrée, du Soudan, dont la conquête est commencée,

Mais tous ces pays de protectorat sont moins étendus et possèdent moins de ressources que les colonies de l’Amérique du Nord et celles de l’Australie qui, ensemble, couvrent une superfice de 6,500,000 milles carrés.

Notons seulement que le Canada, par la réunion de ses provinces autrefois séparées, est passé de 1 million d’habitants en 1837, à 5 millions en 1897. Quant aux colonies australiennes, elles avaient 2,050 habitants de race blanche en 1837 ; elles en ont maintenant 5 millions.

L’étendue totale de l'empire britannique est aujourd’hui de 10 millions de milles carrés, et sa population s'élève à 350 millions d'habitants, soit un quart de celle du globe. Seul l'empire russe est aussi vaste. Seul l'empire chinois est aussi peuplé.

Cependant l'ambition des hommes d’État anglais n’est pas encore satisfaite. Ils espèrent achever, avant la fin du siècle, la fondation d’un empire anglo-africain s'étendant, sans solution de continuité, d'Alexandrie au Cap, des bouches du Nil à la pointe sud du continent noir.

“ Nous créerons,—disait lord Salisbury, répondant ces jours derniers au toast porté aux Parlements de l’Angleterre et des colonies, —nous créerons un empire tel qu’il n’a pas encore été donné au monde d’en voir.”

Ce programme est en voie d'exécution, et sera certainemeñt mené à bonne fin. Alors, l’Angleterre sera probablement arrivée à son apogée, et n’aura plus qu’à achever l’œuvre commencée de son retour à la foi catholique,

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| lé règne de Victoria I"° et celui de Louis XIV,

Nous avons dit plus haut que la reine Victoria n’est pas un mannequin sur le trône, ce qui lui serait pourtant plus permis qu'aux rois, empereurs et présidents, qui ne sont guère autre chose. Il est bien des questions de politique extérieure, même intérieure, où elle donne encore tous les jours le branle et l'impulsion décisive. Pas une dépêche importante ne part du Foreign Office sans avoir été soumise à son contrôle et revêtue de son visa.

Si vous voulez vous faire une idée de l'influence possédée et exercée sans bruit, du fond de son cabinet de Balmoral, ou du salon de Windsor ou d’Osborne, par cette femme d'apparence plutôt bourgeoise, rappelez-vous qu’elle peut dire : “Mon fils régnera un jour sur le Royaume-Uni; mon petit-fils est empereur d'Allemagne ; une de mes petites-filles est impératrice de toutes les Russies; j'ai un fils qui règne sur le modeste duché de Saxe-Cobourg-Gotha ; une de mes filles fut impératrice d'Allemagne ; un de mes petits-fils est grand-duc de Hesse ; j'ai des petites-filles qui régneront sur la Roumanie et la Grèce ; le roi de Belgique et le roi de Portugal sont mes cousins ; toute l’Allemagne est pleine de mes rejetons, de leurs alliés et, en dehors des dynasties catholiques d’Autriche-Hongrie, d’Italie, d'Espagne et des Bourbons de France, il n’est pas une maison royale en ce bas monde qui ne lève les yeux vers moi comme vers la vénérable grand’mère et la source de ce flot intarissable de Majestés et d’Altesses.”

Au XVIT® siècle, Louis XIV pouvait en dire autant : tous les trônes d'Europe étaient occupés par des Bourbons.

C'est peut-être le plus grand trait de ressemblance entre

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