‹ Lecture à haute voix [microforme]Chapitre 68 sur 190 · NOTRE FOI RELIGIEUSE ET NOTRE LOYAUTÉ CIVILE · texte numérisé non relu

NOTRE FOI RELIGIEUSE ET NOTRE LOYAUTÉ CIVILE

Quand le roi d'Angleterre, au jour de son avènement officiel, reçoit sur sa tête la couronne que lui ont léguée ses prédécesseurs, les nobles lords qui entourent le trône s’'approchent du nouveau monarque, portent avec respect la main sur cette couronne, et dans le vieux français de Guillaume, ils prêtent ce serment solennel: “Je maintiendrai.” Ils semble que, à ce moment, c’est tout le peuple anglais, dans la personne des vieux gardiens de l’empire, qui proteste de sa fidélité à la dynastie et à ses antiques traditions.

Il y a soixante ans, c'était une jeune femme que la Providence appelait à recueillir l'héritage de la maison de Hanovre. Née d’un sang qui menaçait de se faire rare, portant déjà sur son front de dix-huit ans la couronne d’une jeunesse vertueuse, elle venait à la vieille abbaye de Westminster y ajouter la royale couronne des ancêtres.

Ce jour-là comme autrefois, les nobles lords portèrent la main sur ce diadème qui ne faisait pas fléchir un front si jeune, et ils répétèrent la vieille formule normande : “ Je maintiendrai.” Alors, cette jeune reine, unissant à la grâce de sa personne la majesté royale, debout sur ce trône dont elle était le plus bel crnement, tenant dans sa main le sceptre de Guillaume IV, dut entendre au fond de son âme ce cri de la loyauté britannique renvoyé jusqu’à elle par tous les échos de l'empire, Les rivages de la Tamise et de l’Indus, les flots de l’Orange et du Saint-Laurent

vènement pnt léguée le trône respect la ançais de maintienle peuple l'empire, s antiques

que la Promaison de faire rare, | couronne le abbaye s ancêtres.

portérent run front normande :

issant à la ur ce trône s sa main nd de son usqu’à elle la Tamise nt-Laurent

retentirent des mêmes acclamations; toutes les colonies s’unirent à la métropole pour saluer reine d'Angleterre et d'Irlande la très haute et très puissante princesse Victoria, Fe du nom.

Il vous en souvient, les Canadiens-Francais traversaient alors une des périodes les plus critiques de leur histoire. Les longs retards apportés par le gouvernement royal à faire justice à nos réclamations, avaient exaspéré plus d’un défenseur de nos droits ; l’impatience avait soufflé dans un coin de notre province une ardeur jusqu'alors inconnue. L'incendie y alluma bientôt ses feux, le bruit du canon fit taire la voix des rebelles, et le Canadien se demanda avec inquiétude s'il porterait longtemps encore un joug qui pesait à ses épaules. ;

Cependant, nous le rappelons aujourd’hui à l'honneur de l'Angleterre et de son auguste Souveraine, sous ce règne bienfaisant, les nuages sombres s’en sont allés de notre horizon, l'avenir de notre race nous a paru plus assuré, et après soixante années d’une vie politique plus large et plus indépendante, voilà que, pour attester notre fidélité, nous nous unissons aux trois cents millions de sujets anglais qui, sur tous les points de l'empire, célèbrent aujourd’hui ce glorieux anniversaire. Nous nous retrouvons dans ces temples où priaient nos vieux pères; hier encore, par ordre de l’autorité diocésaine, toutes nos églises paroissiales, les voûtes de cette Basilique, antique témoin de nos combats pour la liberté, retentissaient des chants de l’action de grâce. Tous ensemble prosternés aux pieds du Dieu de la patrie, nous lui demandons de bénir les derniers jours d’un règne dont nos pères avaient, sous ce

| ciel, ensanglanté l’aurore, d'accorder longue vie à une Reine qui pâr sa puissance et sa vertu commande la vénération de ses sujets et du monde entier, de faire que cette tête chargée de cheveux blancs porte longtemps eacore les joyaux de la couronne d'Angleterre.

M. l'abbé CAMILLE Roy.

(Extrait de l’allocution à l’occasion du jubilé de lu Reine Victoria, juin, 1897.)

QUESTIONS.—Qu'entendez-vous par ‘‘ foi religieuse et loyau- ‘1 té civile” ?—Qu'est-ce que les lords ?—Quels souvenirs historiques rappelle le nom de Guillaume?—Qui sont désignés par ‘les vieux gardiens de l’empire ”’ ?—Qu'’est-ce qu’une dynas- : 4 tie?—Quelles sont les dynasties qui ont occupé le trône d’A ngle- F4 terre ?—A quelle époque remontent ‘‘ses antiques traditions ” ? —Pourquoi rappeler ici l’Indus, l’Orange et le Saint-Laurent ?— # Quelle période de l’histoire du Canada est rappelée au com- Î

mencement du quatrième hlinéa ?—Quelles sont les églises du Canada qui portent le nom de basilique ?

Page 1