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le sien estoit demeuré arreté aux montagnes HR d’Ararat, c’est à dire de la Grande Armenie)
[I pour reparer la desolation de la terre ? Luy nn | qui avoit la conoissance de mille choses | que nous n'avons point par la traditive des | sciences infuseés en nôtre premier pere,
k duquel il peut avoir veu les enfans, igno- ! roit-il ces terres Occidentales ?... Certes en ni | tout cas il est à presumer qu'ayant l'esprit de nl. | Dieu avec luy etayant à r’etablir le monde ‘13 par une speciale election du ciel, il avait nl | (du moins par renommée) conoissance de } At ces terres-là ausquelles il ne luy a point nl ! esté plus difficile de faire voile, ayant peuplé | LU l'Italie, que de venir du bout de la mer
Hi | Mediterranée sur le Tibre fonder son Zani.
culum, si les histoires prophanes sont veri-
cci- ts ion tables, et par mille raisons y a apparence » de de le croire. Car en quelque part du monde Cin- qu'il se trouvast, il estoit parmi ses enfans. ime Il ne lui a, dis-je, point esté plus difficile un d'aller du détroit de Gibraltar en la Nouoire velle-France, ou du Cap-Vert au Bresil. qu'à | de ses enfans d'aller en Iava, ou en [apan. | oup planter leur nom ; OU au roy Salomon de | qui faire des navigations de trois ans, lesquelles voit- quelques-uns des plus scaväns de nôtre {car siecle dernier passé, et entre autres François gnes Vatable, disent avoir esté au Perou, d'où il nie) faisoit apporter cette grande quantité d'or Luy d'Ophir tres-fin et pur, tant celebré en la ous saincte Ecriture.”
des . Cette théorie, fondée sur des inductions pere, ou sur les connaissances spéeiales du consignoO- tructeur de l'Arche, ne satisfait pas, comme es en bien on pense, les savants de notre époque. rit de A défaut de preuves précises d’une mionde gration européenne ou asiatique vers notre avai continent, certains auteurs ort cru pouvoir Fe de donner une explication bien simple de la point présence de l’homme en Amérique : ils ont AU dit que les américains étaient une race
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autochthone, distincte de celle d'Adam.
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Cette hypothèse ne vaut rien pour ceux qui croieut au récit biblique; et d'ailleurs, au point de vue de la science, elle est toute gratuite, Dans le Congrès des Américanistes tenu à Nancy en 1875, le P, Petitot, M. Francis A. Allen et le baron de Bretton en ont fait pour toujours justice ; il n’en reste plus que cette plaisanterie de Voltaire : ** Dieu a créé les mouches en Amérique, donc il a bien pu y créer des hommes. ”
Le P. Petifot, un de nos héroïques prètres, ne s’est pas permis, suivant son expression, de parler de ce qu'il n’a pas vu, entendu, recueilli lui-même. *‘ Missionnaire dans l'Amérique depuis treize ans, dit-il, j'ai passé ces années de mon existence, non parmi les nations civilisées du Mexique, des Etats-Unis ou de l'Amérique centrale, mais dans les possessions britanniques du Nord-Ouest, que j'ai parcourues de long en large, depuis les confins des Etats-Unis jusqu'à la mer Glaciale, et des bords du grand lac des Ours jusque dans l'Alaska.
Je ne les ai pas seulement parcourus ces déserts, j'y ai résidé, j'ai vu, étudié les mœurs, les costumes, les idiomes äe leurs habitants. Je me suis appliqué, avec l’aide
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de Dieu, et tout en vacant à mon ministère, à composer les dictionnaires complets de la langue Déné-Dindjié et du dialecte Esquimau des bords de la mer Glaciale arctique.”
Rien de plus curieux que la comparaison qu'il fait entre les traditions des Asiatiques, des Hébreux en particulier, et celles des Dénés-Dindjiés, vaste famille peau-rouge qui comprend une multitude de tribus et habite du 539 de latitude Nord au 69 et de la baie d'Hudson aux montagnes des Cascades. La circoncision, l'horreur des cadavres, le mépris pour le chien, les viandes défendues, le jeûne et la confession des péchés, le péché, source du mal, et la mort comme sa punition, le serpent, cause des maladies, ‘ bien qu'il n’y ait pas le plus petit orvetdansleur pays,” la femme.auteur des maux de l’humanité, une trinité divine, l’immortalité de l'âme, voilà autant de coutumes et de croyances retrouvées chez les Dénés-Dindjiés,en même temps que certains préceptes de conduite et d'hygiène que l’on dirait copiés du Lévitique et du livre des Nombres. Les analogies frappantes entre les divers idiomes de ces tribus et les langues asiatiques ne sont pas moins concluantes.
Les études du P. Petitot sur les Esquimaux offrent aussi un grand intérèt. Les Esquimaux ou Innoït ont, dit-il d'abord.
à peu près la même langue, le même costume, les mêmes habitudes au Groënland comme dans l'Alaska. ”
Or, en examinant leur langue, il y trouve un certain nombre de locutions malaises, japonaises, etc. Ensuite il constate qu'ils connaissent très-bien le singe, animal étranger à l'Amérique, et 1l considere ce fait comme péremptoire, car cette Connaissance n'a pu leur venir que par la tradition.
Le P. Petitot ajoute :
‘ Les Esquimaux possèdent la tradition d'un déluge universelle, mais leur version revêt un caractère bien plus oriental que celle des Dénés et des Algonquins, dont les traditions sont tout simplement bibliques.
Le seul fait d’un peuple relégué aux confins de la terre, séquestré du reste de l’humanité, perdu durant dix mois au milieu des neiges et des frimas, de l'immobilité et de
* Cette nation s'étend des rives du Kamstchatka à celles du Groënland.
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la mort, et cependant possesseur de la
croyance à une inondation par l'effet d’une
pluie torrentielle, ce seul fait, dégagé de
tous les autres, et qui s'accorde si bien avec les récits des Chaldéens, des Hébreux, des Egyptiens et des Grecs, n'est-il pas une autre preuve péremptoire de la communauté d'origine des Esquimaux et des peuples asiatiques ?”
Cette communauté d'origine est aujourd'hui généralement admise, mème par les savants libres-penseurs ; mais de l’histoire des anciens peuples américains, on ne connait que peu de choses. GaffarePrésume ainsi les conclusions de la science moderne :
‘* Ainsi donc, à une époque inconnue, ** mais assurément fort reculée, vivait et se ‘* développait en Amérique une race forte, ‘ énergique, indnstrieuse, assez puissante + pourconsacrer à des travaux improductifs ‘Je labeur de plusieurs milliers d'hommes.
** Lorsque les Espagnols du XVIe siècle ** découvrirent les peuples même les plus “ civilisés de l'Amérique, cet éclat avait ‘* disparu; cette puissance s'était dissipée. ** Mais supposons qu'un peuple quelconque ‘ait découvert l'Europe au Xe siècle de
‘ notre ère, dans le siècle de fer de la “ féodalité, il nous eut trouvés bien bar- ‘ bares, et pourtant la civilisation gréco- ‘ romaine avait longtemps brillé dans ces ‘ mêmes contrées. Il en restait encore sur ‘ le sol ou dans les esprits des traces nom- ‘ breuses. Un phénomène analogue dut se ‘ produire dans l'Amérique: elle eut ses ‘ jours de splendeur, mais à l’antique civi- ‘lisation succéda la barbarie moderne.
‘ Quand enfin nous pourrons déchiffrer ces ‘illisibles hiéroglyphes du Mexique et du ‘ Yucatan, ces manuscrits mystérieux, ces ‘* rituels, ces cartouches qui défient encore - notre” curiosité, peut-être alors connaî- ‘trons-nous l’histoire de la vieille : .mé- ‘ rique, et ce prétendu nouveau monde # deviendra une partie de l’ancien monde, ‘un pays dont les habitants avaient avec ‘‘ nos ancêtres des relations fréquentes.”
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