Lecture sur l'entreprise du Chemin de fer du nord [microforme]
Ce qu'il faut, ce qui est un besoin ezsentiel, une condition absolue d'existence pour les peuples modernes, ce sont les grands travaux industriels, l'application
vaste et répétée de la science, et des voies |
de communication aussi nombreuses qu’é-
| monde,
sa Capitale, accumuler lentement ses ruines et s'en aller vers les choses du passé ; il s’est vu, lui, up des peuples les plus vigoureux, et sans nul doute l’un des vieux doués de la terre, contraint de :
déserter ses foyers et de chercher du travail sur un sol loininia, quand le sien propre régorgeait de trésors. Ce que nous
| avons de richrsses ferait la fortune d’un
tendues. La vie matérielle est analogue | continent, et cependant nous n'avons Das à la vie animale; il faut qu'un pays soit | pu nourrir un million d'hommes | Nos sillonné de chemins de fer comme en | mines sont inépuisables, et cependant où membre est sillonné de maurtcles et de | sont les bras qui les exploitent, où les
nerfs. Les voies de communication rapides sont comme les artères et les veines où 8e précipite le sang : sans elles, pas de circulation, pas de vie possible. Or, le saug d’un peuple aujourd'hui, c’est le commerce, ce sont les produits de son activité qu’il fait circuler dans tous les sens et qui, incessan:ment, se renouvellent, — S'il refuse de se frayer des routes vers les grands centres et les ports de mer qui servent de débouchés à son travail ex à son industrie, il s’affaissera, il périra au milieu même de sa richesse. Les parties éloignées succomberont les premières, puis, la tête et le cœur suivront.
V’est à cette agonie, agonie de lui-même que le peuple de notre province assiste depuis vingt-cinq ans, Il a vu une à une ses plus belles régions s’appauvrir et se dépeupler; il a vu la plus belle ville du
chemins de fer qui en transportent les produits capables d'alimenter l’industrie de toute l'Amérique ? L'admirable vallée du St: Maurice offre en vaia son sein intarissable à quiconque voudrait le presser, mais à peine quelques milliers d'hommes s’échelonnent sur cet espace que devraient couvrir les puissantes machines de l’industrie. La vallée du Saguenay, si brillante de promesses, il y a quelques années à peine, maintenant se dépeuple, languit et mesure, dans un abandon douloureux, ce qui lui reste de forces pour retarder sa chûte,
Et nous, habitants de Québec, où en sommes nous? Depuis vingt-cinq ans, Québec n’a pas fait un pas ; au contraire, il a vu disparaître graduellement tout ce qu'il avait acquis jusqu'alors Oette fière cité n’est plus qu'uve suite de ruines, et
tout l'effort de ses citoyens se perd à éta.
yer, à soutéhir debout des maisons qui g'écroulent, à rapiècer, à combler des crevasses, à refaire du neuf avec du vieux et à blanchir les loques.—Quelques petites industries ont pris naissance, mais les grandes ont disparu, et d'autres plus grandes encore, que réservait à la capitale son développement naturel, n’ont pas méme vu le jour. Oui, depuis vingt-cinq ans, nous diminuons, nous cédons du terrain tous les jours, la propriété tombe d'année en année et ses possesseurs perdent de plus en plus les moyens de la rétablir ; tous, en général, nous perdons ce que nous aurions pu acquérir durant ce quart de siècle de merveilleux progrès qui a vu s'élever par centaines des cités dans des régions inconnues, et des villes au berceau devenir de grandes métropoles.
Sile génie actif de notre époque, si l'esprit d'entreprise eussent fait pour nous ce que la nature les conviait à faire, si nous avionsseulement suivi une marche proportionnée à celle d’autres villes placées dans dés conditions bien inférieures, Québec serait en voie de devenir aujcurd’hui le
remier port de mer de l'Amérique du
ord, si l’on en excepte New-York qu'il est impossible d'atteindre, même à pas de géant.—Quoil Québec, capitale d’un pays constitutionnel depuis 1791, n’a pas même les édifices publics nécessaires, Les ministères sont à loyer et ils y seront encore jusqu'à..." jusqu'à ce qu'on les réunisse dans une vieille caserne rafistolée pour les recevoir. Le parlement n'est qu'une masure de briques et d’étoupe que le feu avertit, tous les trois mois, et que la neige envahit par vingt ouvertures au moindre vent. Les deux ou trois rues commerciales de la ville offrent en maints endroits de misérables taudis lézardés, cragseux, noircis, suintant la moisissure, pendant que des espaces.entiers, et de vastes espaces, restent vides de toute con:
struction; à chaque pas, on heurte des décombres; des restes de maisons, et d’autres. devenues inhabitables et abandonnées, se dressent partout sous les yeux ; des vieilleries de toute espèce jonchent ce sol si jeune où devraient s'ouvrir les vastes avenues et les vivantes
âmes; nous vivons, nous, habitants d’un monde nouveau, comme les fossiles d’un monde ancien ; nous desséchons sur pied et nous restons renfermés dans nos murailles-comme des momies dans leurs band:lettes, attendant que nous n’ayons plus absolument rien à faire que de pleurer sur tant de débris qu'un souffle de volonté et de détermination sufirait à convertir en splendeurs.
Voyez nos hôtels, ils sont viiles ; les rues ne montrent jamaisque les mêmes figures, le plus souvent oisives, comme fatiguées de leur monotonie réciproque ; rien ne vit, pas d'animation, on n'ose remuer de crainte de faire des faux pas. Le capital est défiant, jaloux, toujours sur ses gardes, détestant le nouveau, ne voulant rien favoriser : le commerce est craintif, il suit son sillon tête baissée, yeux fermés, avec l’effroi des routes inconnues. La hardiesse et la conception sont des témérités bien près d'être des folies ; ceux qui peuvent beaucoup ne font rien, et ceux qui feraient beaucoup ne peuvent rien...
et, tout cela, pourquoi? Pourquoi ? parce que Québec, privé de communications l'hiver, avec le monde extérieur, vit durant six mois de sa propre substance, absoiument improductif pendant cette morte saison qui dure la moitié de l'année, incapable même de rien préparer pour la belle saison qui suivra.
Et ici, plaçons, au sujet de Montréal, une réflexion dont le cours de cet écrit démontrera la justesse. Qui a fait le Montréal d'aujourd'hui, le Montréai que l’on connaît, cette ville florissante, magaifique, qui, dans un quart de siècle, rivalisera avec New-York lui même, lorsque |: canaux auront été élargis et que les chemins de fer y viendront de toutes les directions? C'est le pont Victoria. Avant que fût covstruit ce pont qui met Montréal en communication non interrompue, l'hiver comme l'été, avec tout le continent américain, Montréal n'existait pas ou existait comme Québec, ce qui revient au même.--Depuis, des relations constantes avec les américains, un échange quotidien d'idées, uue émulation toujours entretenue, des projets succédant aux projets, des entreprises nouvelles chaque jour mises en avant, un
artères d'une ville de cent cinquante mille | courant . énergique et vigoureux, sans q )
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cesse renouvelé, passant À travers tous les rangs de la population, lui ont versé un sang riche et allumé un esprit d’une hardiesse telle que les plus fastueures conceptions lui semblent aisément réalisables.
Or, ce qu'a fait Montréal, il y a vingt
min de fer du Nord qui n’est que le prolongement, et, pour ainsi dire, une section de la grande ligne du Pacifique.
De Québec, par le moyen du Grand Tronc et de l’Intercolonial, on arrive jusqu'à Halifax, de sorte que voilà une ligne
ans que Québec aurait dû commencer à | unique au monde, traversant le continent
le faire, il y a vingt ans que tous les cito-
Américain dans sa plus grande largeur,
yens de la capitale auraient dû faire un | et dont Québec sera, comme on va le sacrifice intelligent et intéressé qui assurât | Voir, ie principal entrepôt.
la construction du chemin de fer du nord ; toutes les fortunes anraient dû se réunir et s'offrir pour cette œuvre patriotique qui était en même temps une œuvre pleine de récompense, et Québec serait en voie de devenir, comme nous le disons plus haut, le secoud port de mer de l'Amérique.
Nous ne voulons rien risquer, rien dire au hasard dans cet écrit qui est avant tout une étude serrée et précise ‘de la question qu'il s'agit d'exposer, Qu'on veuille nous suivre dans notre démonstration, et l'on se convaincra qu'il n'y a pas de destinées trop hautes auxqueiles Québec ne puisse espérer et atteindre.
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Ou peut considérer aujourd'hui, l'entreprise du chemin de fer du Pacifique Canadien comme définitivement abandonnée, à cause de son irréalisation telle qr'elle avait été originairement conçue, Ce chemin projeté se réduit maintenant à une ligne partant du lac Nipissingue et aboutissant au Sault Ste, Marie, près du lac Supérieur, d'où un embranchement le reliera au Northern Pacific Américain qui sera bientôt en pleine opération jusqu'à quarante milles de Fort Garry. De ce dernier point, la ligne canadienne s'étendra jusqn’à un portde la Colombie Anglaise, sur l'Océan Pacifique, de sorte qu'à part l'espace compris entre le Sault Ste, Marie et la frontière de Manitoba, le Dominion aura une ligne directe depuis la Colombie Anglaise jusqu'au lac Nipissingue,
Maintenant, à partir du lac Nipissingue, une autre ligne vient toucher Ottawa, en passant par Pembroke; c’est l'extension du Chemin de Colonisation du Nord qui reliera directement la capitale fédétale aveo Montréal! vient ensuite la Che:
a LU 2 LE et RER DE
Il suffit de jeter un coup-d'œil sur la carte pour se convaincre qu'uno ligne suivant la rive sud du lac dapérisr de.
puis Duluth, à son extrémité ouest, jusqu'au Sault Ste. Marie, à son extrémité est, pour de là se prolonger jusqu’à Québec, est presque droite et par conséquent plus courte qu'aucune autre; avec un pont traversant la rivière Ste. Marie, le fret et les passagers peuvent étre transportés de Duluth à Québec sans transbordement, sur un chemin de fer d’une largeur uniforme, en trente heures de moins que par toute autre route allant de la tête du lac Supérieur jusqu'à New-York ou Boston, attendu que la distance est de 800 milles moins grande. Il est donc établi, par ce seul fait, que les convois de chemins de fer peuvent être conduits À travers le Michigan, le Wisconsin et:le Minnesota, le long du lac Supérieur, sans transbordement ni changement, jusqu’à Québec qui est à 480 milles p'us près de Liverpool que ne l'est New-York,
Et non seulement cela. Mais, lorsque le chemin de fer qui doit atteindre le littoral de la Colombie Anglaise, en suivant la ligne américaine, depuis Duluth jusqu’à Pembina, et de là à travers Manitobu, la Saskatchewan et les Montagnes Rocheuses, comme nous le disions plus haut, sera construit et relié au chemin do fer du nord, on verra que laville de Québec est, par cette route, à 840 milles plus près de la côte du Pacifique que par toute autre route, sans compter que le poir t où elle devra aboutir sur cette côte est 4 500 milles plus près du Japon et de la Chine que ne:l’est le port de San Francisco, qui a déjà avec l’Asie un commerce si considérable,
Ainsi donc, par une voie absolument canadienne, en exceptant l'espaee compris entre le Sault Ste, Marie et la frontière do la Rivièra Rouge, la distance entre
l'Asie et l'Angleterre est raocourcie de | passant sous ses pieds, et cela, grâce au 1800 milles, | chemin de fer du Nord servant de pro- Maintenant, qu'il s'agisse de transporter ! longement à la grande ligne du Pacifique, les produits de l'extrême ouest à un port chemin tant désiré, tant attendu, qu'on quelconque sur ï’océan Atlantique, il croyait n ôire plus qu’un rêve, et qui, v’y a pas le moindre doute que le com-|avant trois ans peut-êcre, sera une réalité ! mérce prendra de préférence la vois qui| La ville des souvenirs, de l'histoire et euit tout le nord des provinces d'Ontario | des ruines ne se contentera plus du passé et de Québeo, depuis le Sault Ste. Marie, | pesant sur elle de l’amas accumulé d’une comme étant la plus courte et exempte | poussière séculaire; elle ve se contentera de transbordements, et qu'alors le plus plus de la poésie de son site et de la pomimpérieux des intérêts, la nécessité com- | pe grandiose du vaste panorama qui l’enmerciale, obligera de construire un pont | veloppe en s’écartant comme pour agranqui relie Québec avec la côte sud, de telle | dir l’espace autour d'elle ; elle ne se consorte qu'il 8e tronvera exister une ligne tentera plus d'avoir de magnifiques dénon interrompue depuis l'extrême ouest, | bris et d'être belle encore dans son dénûou, si l'on veut, la côte du Pacifique, jus- | ment et sa déchéance, elle deviendra, qu'aux ports de l'Atlantique, ligne unique, | aussi, elle, une ville du nouveau monde, incomparable, incontestablement destinés | elle se tournera vers l'avenir et en aspireà devenir la plus grande artère commer-|ra le souffle puissant qui flotte sur tant ciale du Nouveau Monde, | de cités naissantes et déj} merveilleuses ; Autre chose. Une nouvelle ligne, en | elle prendra sa place, éclatante et superbe, voie de construction, devra relier avant|dans les splendeurs de ce monde encore longtemps Toronto à Ottawa. Cette | inconnu et cependant si près de nous ; la ligne amèvera le commerce de Toronto, | cité de Champlain et d: Montculm sed'Hamilton, de Détroit et de Chicago à | couera les langes épaisses de son berceau, Québec, sur une largeur de voie uniforme | devenu presque une tombe ; elle jettera et par une route 25 milles plus courte | au vent sa poussière, et, sans rien perdre ue la route actuelle du Grand-Tronc. | des gloires attachées à son noi, s'élancera e fret de toute nature pourra ainsi étre |daris la clarté de l'avenir, plus fière enexpédié à Québec des extrémités de la|core de ce qu’elle peut être que de ee province d’Ontario et placé dans les | qu’elle a été. | navires ea partance pour l'Europe, pan-| Nous, la génération actuelle, nous verdant que le fret arrivant d'Europe, sera | rons le commencement de ces grandes également expédié de Québec à Toronto, | choses, nous verrons les lueurs grandisou bien au Sault Ste. Marie d’où il sera | santes de cotte splendide aurore; et, ce écoulé dans les états du Michigan, du qui mieux vaut, nous aurons écarté les Wisconsin, du Minnesota, dans le Mani- | voiles qui la couvrent, nous aurons fait toba et jusqu'au Pacifique. Cette route |le grand effort pour déchirer le nuage qui sera à la fois la meilieure pour les éuni- |s’appesantit depuis si longtemps sur nos grants; car, À leur arrivée à Québec, ils | têtes, et nous aurons livré aux générapourtont être dirigés vers leurs destina- | tions futures, spectacle inouï, une ville tions respectives sans changer detrain. | enfant sortie de ruines, avec une jeunesse Entre l'Europe et l'Asie, Québez placé | dont nul ne peut prévoir le terme, Pour comme au centre, comme point d’abou- | avoir attendu un quart de siècle, Québec tissement des voies ferrées et des voies | prendra un quart de siècle d'avance; il maritimes qui relieront entre eux trois | suffira de vivgt ans pour faire une ville continents, quelle splendide perspective ! | nouvelle sur des remparts démolis, tristes La province de Québec devenue, non vestiges du passé, avec de larges avenues seulement le pivot de la Confédération, conduisant à des campagnes rayonnantes, mais encore de l'Amérique du Nord, et au lieu des tristes ruelles où nous trafaons sa capitale réalisent eufin la destinée aujourd’hui péniblement nos pas. Tout infinie pour laquelle la nature l'a créée ! |le Québec de l'avenir est dans l'œuvre Les innombrables produits de l'Ouest, les |accomplie du Chemin de Fer du Nord, esrgaisons du Japon et de l'Angleterre let ce Québec Jà n'aura rien à envier au
| Au proque, u’on qui, lité!
p et A886 ’une itera )0 M l'enrancon-
déénûidra, ads, piretant 18e ; erbe, core s ; la SC ceau, ttera zrdre ncera > éNe ee
y verindes ndist, ce Lé les a fait e qui r n08
ristes enues in tes, taons Tout
uvre Nord, er au
passé auquel il apportera, au contraire, une majesté nouvelle et des splendeurs à jamais ineffaçables,
Maintenant que nous avons devant nous l’ensemble de cet avenir magaifique, voyons en ilétail e8 qui contribuera à le former, Laissons la place aux faits seuls, ils sont assez éloquents pour convaincre en même temps que pour éblouir.
La position géograrhique de la ville
cinq mille dollars. Cette dette, peut-être assez lourde aujourd'hui, quoique bien insignifiante, comparée à celle de la plupart des villes américaines, sera à peine sentie dans quelques années, alors que la population aura pris un accroissement rapide et que le développement du commerce sera tel que la seule différence des fortunes suffira à effacer l'intérêt de la dette avant dix ane.
| Une dette n’est jamais lourde, du reste, lorsqu'une population est prospère; et |la Grande Bretagne, malgré ea dette
de Québec est telle que, fût-elle abandon- | énorme de cinq milliards, ne s'en apernée, et ses habitants fssent-ils atteints | çoit que pour s'en glorifier; elle y puise d'uue léthargie incurable, le grand cou- | même son principal élément de puissance rant de l'ouest s'y fraierait forcément un | et se fait une richesse de ce qui l'eût mené passage, un nouveau peuple viendrait | à la banqueroute, sans le prodigieux essor l'habiter, et les besoins du commerce y | de son commerce dès la fin des guerres crééraient en peu d'années un entrepôt | de l'empire. Les Etats-Unis, pouriant si immense, Québec est une ville nécessaire, | taxés, ue se plaignent de leur dette que Nous sommes arrivés à cette époque où | lorsque les désastres financiers viennent certaines entreprises, longtemps retar-| fondre sur eux ; et quand leur industrie dées, longtemps combattues, mais cepen- | aura, grâce à la protection, pris le vaste dant inévitables, s'imposent à tous les es- | élan de celle d'Angleterre, ils se rappelleprits et les entraînent avec une force irré- | ront à peine l’énorme furdea: que la gésistible, On voudrait reculer encore la | nération précédente leur aura laissé. construction du chemin de fer da nord | Montréal, chargé d'obligations, ne deque personne ne l'oserait, que personne | mande qu'à doubler la charge par toute ne le pourrait, Ce chemin est aussi néces- | espèce de grandes entreprises publiques, saire aujourd’hui que des rues et des mai- | Et ici, qu'on nous permette une vérité
sons l'ont été jusqu’à présent, et aucune force d'inertie ae saurait l'empêcher d’être fait, Il se ferait, pour ainsi dire, malgré nous': ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas s’en mêler ou ne pas seconder par l’effort de toute une population le vaillant esprit d'entreprise de l’homme qui s’est défiaitive rent chargé de son exécution ; nous voulons seulement établir la puissance de nécessité avec laquelle cette entreptise se présente, et son succès plus certain que toute volonté huraaine, plus grand peut-être que toutes les espérances.
19 port de Québec peut conteuir toutes les marines du morde réunies et donner passage au commerce de l'univers; la capitale n’est pas seulement située de façon à être un entrepôt imm:nse, mais encore une cité manufacturière de preraier ordre: sa dette consolidée ne s'élève qu’à un peu plus de $2,600,000, auxquels 1l convient d'ajouter le million qu'elle a souscrit pour le chemin de fer du nord, et une dette flottante de sept cent quarante-
qui a tout l'air d'un paradoxe :
! Un pays jeune doit s’endetter avec plaisir, avec empressement, quand c'est pour s'ouvrir des communications et 86 | créer des débouchés, et que ses ressources propres sont au-dessus du capital qu'il emprunte, Toute dette est alors une fortune en germe, parceque l'avenir est là, noa seulement qui la solde, mais qui en centuple encore les effets bienfaisants, Pour devenir un grand pays et an grand peuple, il ne faut donc pas craindre de s'endetter : nos enfauts paieront et ils en | seront bien contents,
| La valeur moyenne des exportations faites annuellement du port de Québec s'é ève à onze millions, et, sur ce chiffre, le bois seul prend une part de neuf millions, tandis que la valeur des exportations s'eieve pour Montréal à près de treize millions, quelque chose comme$1,500,000 de plus. Les bateaux de la compagnie du Richelieu, qui transportent une grande partie du fret local, ne voyagent que
pendant six mois et demi de l'année, et le Grand-Tronc ne peut plus sufre aujourd'hui aux besoins toujours croissants du commerce ; il en résulte que le chemin de fer du nord aura au moivs sa part légivime du commerce qui se fait entre les deux villes, outre qu'il desservira une région où aucune concurrence n'existe,
Le pAys qui s'étend sur la rive nord du fleuve, entre Montréal et Québec, est très-riche en productions agricoles et minérales, outre qu'il offre à l’industrie toutes les ressources ettous les moyens de grande exploitation industrielle.
La terre en culture, qui s'étend sur une profondeur variable de vingt à cinquante milles, et comprend environ 2,780,000 âcres, donne de magnifiques récoltes de foin, d'avoine, de blé, d'orge, de pois et de patates; les jâturages y sont incomparables et la population y dépasse 226,- 000 âmcs. IL s’y trouve plus de vingtcinq grauds moulins à scie qui produisent trois cent cinquante millions de pieds de bois par année ; les forges donnent 8000 tonneaux de fer ; les fabriques de laine, de machines, de clous et de papier, ainsi que les moulins à farine, tous sur une grande échelle, quoique peu nombreux, sont situés dans le voisinage immédiat de la ligne.
Trois-Rivières, situé À égale distance des deux grandes villes de la Province, augmente sensiblement depuis quelques années ; le commerce de bois surtout lui a donné une impulsion considérable, Tout le monde sait que la vallée du St, Mau:
rice est une des futures vaches grasses du pays ; à l'extrémité du chemin des Piles se trouve un magnifique pouvoir d’eau, où les bois variés qui s'étendent sur la vaste région du St. Afaurice, peuvent être travaillés et transportés immédiatement en chemin de fer, soit à Québec, soit à Montréal, soit à un endroit quelconque des Etat-Unis, sans changer de chars.
Les billots, qui descendent aujourd’hui le St, Maurice et qui fournissent deux
cents millions de pieds de bois aux mou- |
lins de Trois-Rivières, avec beaucoup de frais et de risques dans leur passage à travers les rapides, pourraient être bien plus aisément découpés aux Piles et transportés de là directement sur le train.
Depuis les Piles jusqu'à soixante-dix
milles plus hout, la rivière n’a pas de courant, de sorte que rien n'est plus facile que d'y retenir et classer les billots ; en même temps, les bois durs qu'on ne peut faire porter à la dérive ni transporter d'aucune façon, et qui par conséquent ne rapportent encore rien, trouveront immé- | diatement dans le chemin de fer un instrument d'expédition pour eux sur les divers marchés du monde; de plus, le transport des ouvriers et de leurs provisions, et l'emploi d'un steamer sur le St.
Maurice, au sein même de cette vaste région forestière, apporteront un aliment considérable à l'embranchement des Piles et suffiront, en peu de temps, à lui donner de beaux bénéfices,
À part Trois-Rivières, il y a des chefslieux considérables sur la rive nord du fleuve, tels que Lorette, Cap-Santé, Rivière-du-Loup, Berthier, l'Assomption et surtout Joliette, qui est situé À onge milles de la ligne, et dont la population s'élève à 8000 âmes
Ces chefslieux fourniront par euxmêmes un joli appoint au commerce local, c'est-à-dire celui qui se fera sur la ligne même ; mais il est impossible d'établir ni même de concevoir ce que l’industrie seule du bois apporiera de ressources à ce commerce. La région forestière, située sur la rive nord du fleuve, est presque infinie ; de nombreux pouvoirs d'eau la traversent, de sorte qu'il sera extrémement facile de conduire ce bois jusqu’au chemin de fer, de le préparer et de l’expédier sur place dans tous les pays où il trouve un marché,
Le fer deviendra aussi un des aliments principaux du crmmerce local ; on sait en quelles quantités il existe, non seulement dans la vallée du St, Maurice, mais encore en divers autres endroits sur la rive nord ; ce fer serait transporté des mines à la ligne principale par de courts embranchements, de sorte que l'un des plus riches et des plus abondants produits de la province trouverait bientôt un moyen de transport qui lui a manqué jusqu'ici, et l'exploitation en ferait une source de richesse inépuisable.
Le général Seymour, ingéuieur-en-chef du cheïnin de fer du nord, en estime le revenu annuel à $1,453,000, en basant ses calouls sur l'état de choses actuel; seus
Sen ES
s de acile ; en peut orter it no 1méinsr les 3, le rovie St.
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lement pour le commerce local, et à | deviennent des besoins, et ces besoins en
$780,000 pour le transit, ce qui donne un revenu total de plus de deux millions, La compagaie du Richelieu fait, elle, ea chif:
fres ronds, $500,000 par année, et de bénéfice net, à peu près $150,000 ; l'année de la compagnie Richelieu, ne l'oublions pas, ne dure que six mois; et, à ce sujet, qu’il nous soit permis de dire un mot en passant sur la jalousie ELA x to prétend-on, à la compagnie
ichelieu et au Grand-Tronc, la construction du chemin de fer du Nord,
Cette jalousie, si elle existe, est absolument inintelligente, etil faut de bien fortes preuves pour y croire ; le Grand- Tronc a peut-être plus de motifs pour la ressentir, mais ces motifs sont insuffisants, comme on peut s'en convaincre, Il se peut que quelques individualités, dans ces deux grandes compagnies, voient notre chemia de fer d'un mauvais œil; mais, comme corps, elles n’ont rien à en craindre : au contraire,
La compagnie du Richelieu fait un commerce tout à fait à part; aucun chemin de fer au monde ne pourrait lui enlever soa fret et qu’une très faible partie de ses passagers, ceux qui sont en retard ou trop pressés. Tout le monde sait que le transport par eau est beaucoup plus économique que par ierre, et que, dans la belle saison, les voyageurs prélèrent de beaucoup les bateaux aux chemins de fer. Et puis, c'est un bien grand préjugé que celui qui fait redouter la concurrence; c'estelle qui fait vivre le commerce au lieu de le tuer; ce qu'elle tue, c'est le monopole, lui-même souvent son propre ennemi. La concurrence multiplie les moyens de transport, les met à la portée de tous, stimule l’anvie de produire par la facilité de l'expédition, pearsuit le producteur partout où elle peut l’atteindre, lui offre les moyens à son choix de vendre ou d'acheter, triple, décuple pour lui les
occasions d'étendre ses affaires, apporte
en toutes choses le mouvement et disperse la cireulation qui est la vie, Deux
— marchauds, deux industriels, deux hôte-
liers font plus dans un endroit qu'un seal; ils répandent certains goûte qui
créent d'autres à l'infini : on veut des méthodes nouvelles, des étoffss meilleures et à meilleur marché, on veut des plats différemment apprêtés ; de là la concurrence qui, sous une foule de formes, se prête aux goûts ou aux besoins des con:
sommateurs, et en grossit incessarmment le nombre,
S'il y a une ligne par eau, fuites une ligne par terre, et vous étes certain que la première augmentera ses profits. (Cela est bien simple, Le surplus du commerce nouvellement créé n2 peut pas tout s'écouler par la même voie, le choix du producteur varie, il prend le moyen de transport qui convient le mieux suivant les lieux et les circonstances, et il se trouve
ue l'ancienne ligne hérite d’une partie
u commerce et du mouvement qui résultent de l'établissement de la nouvelle ligne. Tous les hommes qui ont la véritable intelligence des affaires et qui connaissent les lois de la production, sont d'accord là dessus ; la compagnie du Riche lieu n’a douc rien à perdre, et mêne beaucoup à gagner par la construction du chemin de fer du nord,
Quant au Grand-Tronc, ah! s'il est vrai que le Grand-Tronc mette des bâtons dans les roues, c’est autant en pure perte que c’est étroit et aveugle de sa part. Il ne peut pas empêcher jamais qu'il s'établisse une ligne sur la rive nord, pour une vaste région de pays en grande partie déjà ancienne, cultivée, importante, et qui est totatement privée des chemins de fer dont elle a un besoin absolu, Il ne peut pas faire en sorte que toutes les villes principales de la province étant du côté nord du fleuve, c'est précisément ce côté là qui n'ait pas ses moyens de communication, que la moitié du pays soit complètement négligée et abandonnée au profit de l’autre moitié, et que, des garanties plus que suffisantes étant offertes aux capita!istes, ceux-ci ne voient et n’entendent rien, et ne comprennent dans l’univers que les exposés du Grand. l'ronc, Il ne peut se faire que l: fleuve St. Laurent u’ait qu'une seule rive, et que du côté opposé, ce soit le néant au lieu d’être un pays extrêmement riche, mais qui, tant qu'il n'aura pas de chemin de for, sera comme s'il était extrêmement pauvre,
Non; au point où en sont aujourd’hui les choses, toute l'influence et toute l'opposition du Grand Tronc ne feraient rien,
mie
naître qu'il n'avait reçu que des échecs de tous côtés et qu'il allait revenir à un Courte honte, Où ces messieurs pui-
et l'évidence de sa maladresse le contrain. | saient-ils tant de science ? on se le de-
drait peut-être le premier À la recounaf.
tre. En travaillant contre le chemin de fer du nord, le Grand-Tronc travaiilerait contre ses propres intérêts, Jamais deux lignes de at de fer nécessaires ne se sont nui réciproquement; au contraire elles sont utiles l’une à l'autre, En 1870, pendant que les canaux du Saint Laurent pe recevaient que 15 p, c. du commerce de l’ouest, le canal Erié, passant à travers l'état de New-Yoik, en recevait 85 p, c.
Et cependant, de chaque côté du canal Erié, il y ane ligne de chemin de fer, Voulez-vous savoir quels sont les chemins de fer qui réalisent les plus beaux bénéfices aux Etats-Unis? ce sont précisém2nt les deux chemins suivant chacun une rive du canal Erié, Là où la production est égale aux moyens de transport ou les dépasse, toute nouvelle ligne quis’établit ne peut queprendre le surplus lu commerce, et, en contribuant à le développer et à le stimuler, réagit sur les anciennes lignes qui profitent de cette augmentation.
Du reste, les actionnaires du Grand Tronc en doivent être convaincus, Ils savent fort bien que leur chemin de fer a plus de fret aujourd'hui qu'il n’en peut transporter, que, par conséquent, l'établissement d'une nouvelle ligne, loin de lui nuire, ne ferait que satisfaire un besoin qu'il est, lui, dans l'impossibilité de gatis. faire, et que, d’ailleurs, il y a, sur le côté | nord du St. Laurent, toute ne région à peu près inexploitée, dont les produits, ne pouvant être transportés par le côté sud, Ont absolument besoin d'une ligne sur leur propre terrain,
Celà étant établi, gardons-nous sois |
mande ; à coup sûr, ils ne sont pas inspirés, et l'Esprit Saint, dans les temps de crise, ne se confie pas à tout le monde, La meil'eure réponse à faire à tons ces mauvais contes, c'est que nous n'avons plus À nous occuper des moyens ni des
|iastruments, qu'il s'agit pour nous de
vivre ou de mourir, et que, si nous voulons vivre, il faut de suite, énergique ment, immédiatement, rejeter toutes les causes de mal, il faut nous défaire de l'envie et de l'animosité personnelle qui ont toujours fait à Québec plus de mal q'e tous les chemins de fer au monde ne pourraient lui faire de bien.
Comment ! messieurs, nous habitons la capitale de la plus ancienne et de ln plus riche province du Dominion, et c'est précisémeut cette capitale qui a, de toutes les villes, ls moins de communications avec l'extérieur! Mou:: éal, Ottawa, Trois- Rivières et Québec sont situés sur la rivi nord de deux fleuves qui, pour ainsi dire, n'en font qu'un, et c’est précisément cette rive qui u’a pas de chemios de fer! Entre la capitale du Dominion et la Capitale de la provincc il n'y a pas de communication directe ; cette chose inconcevable, inexplicable, nous la voyons tous les Jours, nous en gémissons, et depuis virgt ans, toutes les fois qu'il s'est agi d'y porter remède, qu'est-ce donc qui en a empéché ?
qu'est-ce qui empêche d'avancer d’un pas ? Ah! c'est que pour toutes les entre.
prises publiques on se divise par coteries ; ce n’est plus l’affire de tout le monde, c'est l'affaire de tel où tel qui a ses parti- Sans ; Uu éntrepreneur devient un simple
candidat, Si Québec était privé de pain, :etque deux boulangers fussent sur les
*aug8 pour savoir à qui lui en fournirait,
de suite ils diviseraient la ville en deux et tout ls monde mourrait de faim plutôt
gueusement de prêter l'oreille à toutes ces | qu’une moitié cède à l'autre,
rumeurs, à tous ces rapports venus de!
Nous n'avons pas d'esprit public, cet
sources toujours impossibles À tracer, qui | esprit qui fait céder l'intérét personnel au
fuient invariablement devant le d'interrogation clair et net, M. MeGreevy n'était pas plus tôt arri.
point | bien général, le bien général «uqnel tout le monde participe.
: On croit qu’on n'a rien à gagner person-
vé en Europe depuis deux où trois jours| nellement à voir une ville en bon état, que déià les nouvellistes
fuisaiens cone| prospère, avec de larges rues, toutes les
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facilités et tous les débouchés pour le commerce, et voilà pourquoi d’une ville, dont la naturs a fait un chef-l'œuvre, | nons avons réussi à faire comme une, vieille mâchoire pleine de trous, où s'agi- | tent enc re quelques dents branlantes, |
La corporation a toutes les piines du monde à faire de petites améliorations indispensables ; pourquoi ? parcequ'il auf.
fit de quelques propriétaires fossiles, duns | une rue où daus un quartier, pour tout retarder, tout empêcher, Si un quartier a besoin d’une chose, un autre intervient | immédiatement pour l'empêcher de l'avoir ; de même pour une rue, pour un simple bout de rue ; on a dans l'idée que ce qui peut être l'avantage de l’un est nécessairement au préjudice de l’autre, et voilà pourquoi l'on n'avance à rien,
Qu'est-ce qui a fuit les villes améri-|
caines, Messieurs? c’est l'esprit public.
Chacun est d’abord sitoyen d'une ville entière, avant de l'être de tel quartier, de telle rue, l'habitant de telle maison, Quand ii: s'agit d’un intérêt général, 1l s'oublie momentanément, parce qu'il sait bien que plus tard il y trouvera son compte, Anssi, vous voyez là des hommes riches qui font des cadeaux de 50, 60, 100, 200,000 piastres à des institutions publiques; vous en voyez comme cela dans toutes les villes américaines, Ici. nous possédons l'Institut Canadien qui n’a pas encore reçu de cadeaux de $50,000. Chacun pour soi, et voilà pourquoi Québic n'avance à rien, Que j'entreprenne une chose évi-
quillement faire lu chose à leur gré et en cueillir tons les fruits. Ils ne voient pas qu'ils ne font qu'éterniser de cette sorte une lutte qui «st lu ruine de tous, une lutte qui, si elle réussit encore, nous forcera à plier bagage et à quitter pour toujours ce pauvre Québec qui ne sera plus qu'un tas de poussière dans dix ans.
Comment ! vous n'en avez donc pas encore assez des ruines d'aujourd'hui !
Faut-il que toute la ville y passe ? Eh pardieu ! que le diable en personne vienne coostraire le chemin de fer du nord, et laissez-le faire, Les habitants seuls de Champlain y trouveraicnt à redire : pour moi, quoique le diable soit mon plus graud ennemi, je n'aurais pes d'objecuun à prendre un sous-contrat, Finissons-
| en une fois pour toutes.
L'exécution du chemia de fer du nord est maintenant entre les mains d’un hom- | me qui offie des garanties sérieuses ; pour | assurer cette exécution, le gouvernement | a fait des sacrifices réels, de nature à satisfaire les capitalistes les plus exigeants. Entendons-nous, entendons-nous pour seconder cette œuvre; ajoutons tout le poids et tout l'élan du patriotisme à l'action du gouvernement et même aux calculs intéressés. On n'obtiendra jamais | qu'un entrepreneur, fût-ce même sir Hugh Allar, cet homme désintéressé au point de donner en pure perte 850,000 dollars, s'offre en sacrifice sur i’autel de la patrie, et nous fasse des chemins de fer qui le ruinent, Sacbons donc être contents et
demment utile à tout le monde, mon voisin de suite me mettra des bâtons dans les roues, et s’il ne trouve pas de | âtons, il se mettra le corps en travers pour m’obliger à rester sur place. Aujourd'hui, voilà qu’on est en voie d'entreprendre un chemiu de fer qui est le sang, la moëlle le pain de Québec; tout le monde est d’accord là-dessus. Eh bien! le croiraiton? Ily a encore là deux partis; les adhérents de l’un seraient enchantés que l’autre échouât, et ils ne prennent pas la peine de penser un instant que ce nouvel échec serait la ruine définitive dc l’entreprise ; ils s’imaginent qu'ils pourraient revenir, eux ensuite,avec d’autres moyens, d’autres combinaisons, d’autres hommes, et que les supplantés les laisseraient tran:
satisfaits quand nous avons un entrepreneur qui remplit toutes les conditions désirables et qui, déjà, a donné pour $150,000 de coutrats et sous-contrats. Il me semble que c'est aller assez rondement en besogne, et qu'à moins d’être résolu à s'ensevelir sous les ruines de sa vilie, on ne peut en demander d'avantage en si peu de temps.
Sachons voir un heureux prélude dars ce commencement, et ayons confiance pour le reste. Si notre confiance est encore une fois trompée, eh bien ! nous n’aurons plus qu'à remettre notre cause à Dieu, et à en appeler aux puissances célestes pour faire ce qu’il semble qu'aucune puissance humaine ne peut accomplir.