‹ Lectures a l'AcademieChapitre 106 sur 200 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les mêmes, CRÉUSE.

CREUSE, descendant en scène avec les enfants.

Jason, voyez ces fleurs dont leurs doigts gracieux Ont arrondi pour moi la flexible couronne!

Quoi ! leur affection, Créuse, vous étonne !

MÉDÉE

Eh! n’est-ce donc pas vous qui, d’un soin maternel, Les avez recueillis mourants près de l’autel? N’avez-vous pas hier consolé leur souffrance,

Séché leurs pleurs amers, et leur reconnaissance N’a-t-elle pas ici guidé leur faible main?

CR RUSE, aux enfants en leur montrant les fleurs.

De ces fleurs j’ornerai mon beau voile d’hymen !

Quel voile?

JASON

G RK US E.

Ce tissu céleste et diaphane Qu’ils m’offrirent hier au temple de Diane,

Et leur mère par eux me l’envoie aujourd’hui, Pour mieux leur assurer mes soins et mon appui ! Oh ! qu’elle soit sans crainte.

Oui ! servez-leur de mère !

CREUSE, aux enfants.

Chers enfants, le destin pour voüs fut bien sévère : Eh bien, consolez-vous, tous vos maux sont passés!

MÉL ANTHE.

Quoi! nos corps par le froid ne seront plus glacés?

Non I

CREUSE

LÏCAOX.

Nous ne fuirons plus à travers les ténèbres, Tremblants et poursuivis de menaces funèbres!

CREUSE

Non ! les jeux, les plaisirs, l’un à l’autre enchaînés, Rempliront chaque instant de vos jours fortunés,

Page 1