‹ Lectures a l'AcademieChapitre 113 sur 200 · M É DÉ E · texte numérisé non relu

M É DÉ E

Pour toi-même!

JASON

MÉDÉE

Pour ta Créuse, au moins !

Non !

JASON, avec colère.

Encore cette ruse !

C’en est trop! Le fléau qui menace Créuse,

C’est toi! c’est ta présence! et, rebelle à ma voix. Puisque ta volonté se refuse à ce choix...

MEDÉE

A la nourrice qui tient les deux enfants.

Emmenez-les tous deux !

Créuse court aux enfants et les retient.

M É D É E , & Créon.

O roi de cette terre!...

CRÉON

Quand le père a parlé, le prjnce doit se taire.

MEDEE, avec désespoir.

Oh! déchire-toi donc, triste cœur maternel !

Déchire-toi, mon cœur, et que puisse le ciel Leur rendre tous les maux que je souffre moi-même!

S’adressant aux enfants.

Chers enfants, vous avez entendu ce blasphème,

On m’oblige à choisir!... Ces hommes généreux,

Votre père..., ce roi soutien des malheureux, Permettent qu’un des fils appartienne à la mère !... Mais moi, ce choix cruel, je ne veux pas le faire,

Oh! non! le délaissé croirait à moins d’amour!... Prononcez donc vous-même, et qu’en ce triste jour. Celui qui de vous deux plaint le plus ma misère,

Que celui-là s’approche et parte avec sa mère !

ORPHÉE, è port, avec terreur.

Ils ne s’approchent pas!...

MÉDÉE

Qu’attendez- vous? Pourquoi Ces regards effrayés que vous jetez sur moi ?

Venez, enfants, venez!...

Les enfants restent immobiles.

ORPHÉE, à part.

O châtiment terrible!...

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