ACTE I
Quand nous nous assemblons dans ce palais, chez lui, Comptant sur le secours de son expérience?
ACMÉ R A.
Ma sœur presque mourante exige sa présence.
LE PRINCE
La séance est ouverte... Un puissant intérêt Vous appelle, messieurs, à ce conseil secret.
L’Amérique en révolte osant braver son maître,
Ce n’est pas un pays, c’est un monde à soumettre !
De nos armes déjà le vigoureux effort A comprimé l’élan des provinces du Nord ;
Mais le foyer du mal est ici, sur ces plages.
C’est ici qu’entraînant les peuplades sauvages Pour la première fois Castanos a jeté Ce cri de trahison qu’ils nomment liberté!
C’est ici qu’Hidalgo fît de la croix un glaive;
C’est ici que grandit enfin et que s’élève
La race aux peaux de chèvre, aux mystérieux coups,
Ces sombres Llaneros qui, revoyant en nous Les hardis cavaliers des premières conquêtes.
Nous appellent encor les hommes à deux têtes!
Depuis cinq mois pourtant, fugitif et défait.
Ce peuple semble mort; et le canon se tait;
Profitons-en! il faut de cette paix d’une heure,
Il faut faire un abîme où leur liberté meure,
Et tuer d’un seul coup le monstre quand il dort...
Mais quel arme employer? quel moyen? quel ressort? Parlez, cher Don Lopez.
Mon prince, une prière :
Permettez que ma voix s’élève la dernière.
GUERRERO
LE PRINCE, à Almér».
Parlez donc.
AL AIE R A
Le salut pour nous, c’est la terreur!
Écrasez, foudroyez ce peuple et sa fureur,
Le sang éteindra tout!
LE PRINCE
Votre avis, Don Bragance.