ACTE II
Il est d’impérieuses lois
Qui brisent tout obstacle et contraignent tout choix.
güerrero.
Qui put dicter ces lois?
Le prince, notre maître.
GÜERRERO.
Qui me vaut sa faveur?
Qui ?... Don Lopez peut-être.
GÜERRERO.
Et qui de Don Lopez m’aurait gagné le cœur?
Son admiration pour un héros vainqueur.
GÜERRERO, nvcc ironie.
Monsieur, à votre tour, excusez mon audace.
Quel perfide calcul me couvre cette grâce?...
Perfide ?
GÜERRERO.
Vaut-il mieux dire habilo ?
D. LOPEZ, nvec hauteur.
Comment ?
GÜERRERO.
Ne nous emportons pas et parlons froidement.
Vous me croyez, j’espère, assez de modestie
GUERRERO
Pour douter du transport de votre sympathie :
Un ennemi mortel, à tous les miens fatal,
Dit qu’il me veut du bien, donc il me veut du mal.
De quel plan ténébreux tentez-vous la fortune?
Je ne le sais pas bien, mais de deux choses l’une,
Ou bien c’est une fable...
D. LO P HZ, tirant un papier et le donnant à Guerrero.
Une fable?... Tenez...
Ciel! de sa main! « Venez! » Elle m’attend!... Venez!...
Avec force.
.Venez!... Je n’irai pas!... Si la haine cruelle Veut unir mon destin à celui d’Isabelle,
C’est afin de nous perdre en nous réunissant ;
Les présents de vos mains ont une odeur de sang.
Votre astuce a surpris, par quelque sourde trame.
Ce billet tentateur à cette noble femme ;
Et forçant notre amour à s'armer contre soi,
Veut m’attirer par elle, et la perdre par moi.
Quand vous parlez de ciel, je vois l’enfer derrière...
Votre rôle est joué, seigneur Lopez, arrière!
Ne nous emportons pas et parlons froidement.
Je veux vous perdre?.:, soit, mais où, quand, et coramen 1 ? En menaçant vos jours?... Nous tenions votre vio,.
Et seul j’ai défendu qu’elle vous fût ravio.
En gagnant votre cœur?... doutez-vous donc de vous? En forçant Isabelle à vous tromper pour nous?...
Isabelle, qu’ici Guerrero seul accuse,
Aurait bravé la force, ou déjoué la ruse.
Osez-vous craindre encor quand elle ne craint rien?