‹ Lectures a l'AcademieChapitre 174 sur 200 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ISABELLE, MUNOS, puis GUERIIERO.

ISABELLE

Votre maître est sorti ?

MUNOS-

Dès le lever du jour.

ISABELLE

Toujours errant et seul ! Que ce petit séjour,

Hélas! depuis deux ans a vu d'angoisse amère!

Désarmé par l’arrêt qui menace son père,

Oisif... Mais le voici.

Sur un geste d'IsabeUe, Munos sort.

GUERRERO, paraissant au fond, la tête penchée sur sa poitrine; il tient à la main une fleur sauvage.

Pauvre petite fleur!

Sur ton roc blanchissant tu t’élevais sans peur ;

Tu te croyais bien sûre au pied de ton abîme,

GUERRERO

Tu ne te doutais point qu’il n’est désert ou cime,

Où n’arrivent les pas de l’homme qui se fuit.

Avec accablement.

Ah !.. .

ISABELLE, s’approchant de lui.

Tu reviens bien tard, ami.

GUERRERO

Quel est ce bruit?...

Avec affection.

Toil... Pardonne... Au milieu des âpres solitudes,

J’avais oublié l’heure et les inquiétudes.

ISABELLE

Tu te fatigues : vois, ton front est abattu...

Tes veux sont tout brûlants. Tu souffres donc? Qu’as-tu?

GUERRERO

Souffrir?... non, je suis bien.

ISABELLE, a part.

Toujours cette parole...

Haut. ^

Ce matin, parcourant la légende espagnole,

J’ai vu quelques beaux vers que tu ne connais pas.

Si je te les lisais ?...

GUERRERO

Des livres? j’en suis las.

Je te ronds grâce, amie.

ISABELLE

Auprès de l’avenue,

Le vice-roi, ce soir, doit passer en revue L’armée et les vaisseaux tout prêts pour le départ.

Les étendards déjà flottent sur le rempart;

Veux-tu venir les voir?

Page 1