‹ Lectures a l'AcademieChapitre 31 sur 200 · SCÈNE DIXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DIXIÈME

OCTAVE

Un artiste est-il malheureux ; il y court,

Le relève s’il est abattu , le secourt S’il est pauvre...

MAURICE

Yoilà qui vaut bien qu’on l’admire:

Quand on ne produit pas, il faut faire produire.

VALENTINE, avec émotion.

Un tel mot!... Mais pourquoi nous cacher?...

OCTAVE

Oh! pourquoi?

C’est un dissimulé; mais je compte sur toi,

Et j'accours tout exprès pour le faire promettre Qu’ici môme, ce soir, et sans en rien omettre,

Tu raconteras tout à mon père!

'VALENTINE

Ce soir...

Mais ce soir, comme moi, ne dois-tu pas le, voir ?

OCTAVE, avec émotion.

Ce soir... Non.... je ne sais.

VALENTIN E

Qu’as-tu?

OCTAVE

Rien.

VALENTINE

Que des pleurs dans tes yeux...

Il me semble

O C T AV E , essayant de sourire.

Des pleurs, moi?

VALE NTINK.

Oh! j’en suis sûre!

Ta main tremble.

O C T AV E , gaiement.

Allons! tu vois tout!... Eh bien! oui...

Le regret de rester loin de vous aujourd’hui...

Pour le jour de ta fête!

VALENTINE, avec reproche.

Et vous, oublieux frère!

OCTAVE , avec tendresse.

Jamais tu ne me-fus si présente et si chère.

Lui donnant un écrin.

Tiens... en voici la preuve!

VALENTINE, ouvrant l’écrin.

Oh! quel cadeau charmant I La belle montre antique... Un chef-»d’œuvre vraiment! Mais, dis-moi, n’est-ce pas celle que ma grand’ mère T’a léguée en mourant?

' OCTAVE

Ellé-même, ma chère.

VALENTINE

Tu devais la garder pour ta femme à venir !

OCTAVE , gaiement.

Je veux rester garçon.

, VALENTINE, avec une importance comique.

Quoi ! notre nom finir !

Quelle idée as-tu là ?

OCTAVE, avec tendresse.

Je n’en ai qu’une seule:

C’est, en parant ton cou du don de notre aïeule,

Page 1