ACTE J
LA NOURRICE
Que de tristesse, hélas!
Mais que de majesté I... que de grâce!
MEDEE, à la nourrice.
Étrangère,
D’Éphyre foulons-nous la terre hospitalière?
Oui!
LA NOURRICE
MÉDEE, montrant le temple de Diane.
N’est-ce pas l’autel de Diane Artémis?
Sans doute.
LA NOURRICE
M ÉDÉE.
En franchissant ces murs chers à Thétis, Il m’a semblé, de loin, sous les frais sycomores Entendre murmurer un chant de canéphores.
LA NOURRICE
C’est un hymne d’Orphée.
MÉDEE, avec émotion.
Orphée ! ô dieux !
LA NOURRICE
Demain.
De la fille du roi se célèbre l’hymen.
Mais d’où connaissez-vous cette douce harmonie? Car, si j’en crois vos traits, votre voix, l’Hellénie Ne vous a pas vu naître...
MÉDÉE
II est vrai! cependant...
Je la connais!
IGG
MÉDÉE
LA NOURRICE, h part.
Sa voix tremble en me répondant.
MEDEE, à ses enfants, montrant la statue de Diane.
Déposez là ce voile à la céleste trame Qu’Apollon a tissu d’un pur rayon de flamme.
Les enfants déposent un coffre ouvert aux pieds de Diane.
LA NOURRICE, regardant le voile.
Quel splendide présent!... Quel travail précieux!
Les dieux que nous servons sont donc aussi vos dieux?
MÉDÉE
Ah! ne comparez pas nos déités aux vôtres!
Ce n’est pas de tels dons que réclament les nôtres : Leur effroyable culte est un meurtre sans fin,
Et notre Vénus môme a soif de sang humain !
LA NOURRICE, vivement.
Quelle est donc, justes dieux! celle sauvage terre?... Parlez !
Médée fait un mouvement.
Mais non... je dois respecter ce mystère.
Reposez-vous ici!... Créuse va sortir,
Et Créuse aux douleurs sut toujours compatir.
Elle sort.