LES FUNÉRAILLES DU LABOUREUR
La simplicité des funérailles 'était réservée au nourricvsf, comme au défenseur de la patrie. Quatre villageois, précédés du curé, transportaient sur leurs épaules l'homme des champs au tombeau de ses pères . Si quelques laboureurs rencontraient le convoi dans les campagnes, ils suspendaient leurs travaux, découvraient leurs têtes et honoraient d'un signe de croix leur compagnon décédé. On voyait de loin ce mort rustique voyager au milieu des blés jaunissants, qu'il avait peut-être semés. Le cercueil, couvert d'un drap mortuaire, se balançait comme un pavot noir au-dessus des froments d'or et des fleurs de pourpre et d'azur. Des enfants, une veuve éplorée, formaient tout le cortège. En passant devant la croix du chemin ou la sainte darochei\ on se délassait un moment : on posait la bière sur la borne d'un héritage, on invoquait la Notre-Dame champêtre au pied de laquelle le laboureur décédé avait tant de fois prié pour une bonne mort ou pour une récolte abondante. C'était là qu'il mettait ses bœufs à l'ombre au milieu du jour; c'était là qu'il prenait son repas de lait et de pain bis, au chant des cigales et des alouettes. Que bien différent d'alors il s'y repose aujourd'hui! Mais du moins les sillons ne seront plus arrosés de ses sueurs; du moins son sein paternel a perdu ses sollicitudes, et par ce chemin où les jours de fête il se rendait à l'église, il marche maintenant au tombeau, entre Us
LE GÉNIE DU CURISTIAMSME 2-4'ii
touchants monuments de sa vie, des enfants vertueux et d'innocentes moissons K