L'AMOUR DE LA CA]\IPAGNE, IDYLLE
Très jeune ', en les années qu'il passa au château de Conibouri,', Chateaubriand s'essaya à écrire des vers : sa sœur Lucile, par ses admirations naïves plus encore que par ses conseils, l'encourageait dans ces essais. Toute sa vie, il garda l'illusion qu'il était né poète, le regret de ne point avoir donné à la poursuite de cette gloire ses efforts et son temps. Quelques pièces de jeunesse, une tragédie « Moïse », trois romances insérées dans les Aventures du dernier Abcncerage témoignent de ce goût persistant. Dans cet ensemble aucune partie, sauf peut-être les trois romances 2 et quelques vers de la traduction du Cimetière de Gray, ne justifie la oontiance de l'auteur. C'est dans son œuvre, en prose que Chateaubriand a été poète; il Ta été par l'imagination riche et féconde, par la mélancolie et parla passion, par le sens du nombre et de l'harmonie. En vers, il n'a été qu'un médiocre écrivain sans précision, sans
i Voy. R'-n6 : « Jeune, je cultivais les Muses ; il n'y a rien de plus poétique clans la fraîcheur de ses passions, qu'un cœui" de seize années. Le matin de la vie est comme le malin du jour plein de pureté, d'images et d'harmonies. »
2 Voy. Extraits des Aventurer du dernier Abencerage.
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couleur juste, l'élève docile et timide des poètes à la mode vers les dernières années du xviii^ siècle.
L'idylle, VAmour de la campagne, que nous publions ici parut en 1~Ê0 dans FAlmanach des Muses *,