‹ Lectures choisiesChapitre 83 sur 145 · l'our tout ce passage, Cf. Lamartiae, l'Homme · texte numérisé non relu

l'our tout ce passage, Cf. Lamartiae, l'Homme

Dos empires détruits je ra<'-(lit;ii la cendri^, Dans ses sacrés tombe tux Rome m'a vu desoenJrv; Des m&nes les plus saints troublant le froid repos, J'ai pesé dans mes mains la cendre des héros, etc.

2. « Lorsqu'on 1793, la révolution me jeta en Angleterre, j'étais grand partisan du Barde écossais (Ossian) ; j'aurais, la lance au poing, soutena son eiislenre envers et contre tous... Dans ranleur de mon :iilniiratinn et de mon zèle, je trailuisis quelques produitions o'isianiques de John Smith... Je ne crois plut \ l'authenticité (les ouvr.iges d'Ossiun, je n'ai plus aussi pour eux le même cuthousiasmc; j'écoute I 'pendant encore la harpe du Barde, comme on écouterait une voix, monotone, il 0!>l vrai, mais douce et pl.iintivc. Les débris dos tours de Morvcn, frappés des rayons do l'astre do la nuit, ont b'ur ili.irnio; mais combien est plus touchante dans soi ruines la Grèce éeluiri'r, pour ainsi dire, de sa gloire passée! « {Préfncf aux Poèmes Irailiii/n de Smith).

i62 LA VIE ET L ŒUVRE DE CHATEAUBRIAND

OÙ Fingali livrait des combats, et elle a répandu des anges de paix dans les nuages qu'habitaient des fantômes homicides.

« L'ancienne et riante Italie m'offrit la foule de ses chefsd'œuvre. Avec quelle sainte et poétique horreur j'errais dans ces vastes édifices consacrés par les arts à la religion ! Quel labyrinthe de colonnes ! Quelle succession d'arches et de voûtes I Qu'ils sont beaux ces bruits qu'on entend autour des dômes, semblables aux rumeurs des flots dans l'Océan, aux murmuies des vents dans les forêts ^, ou à la voix de Dieu dans son temple 1 L'architecte bâtit, pour ainsi dire, les idées du poète, et les fait toucher aux sens s.

« Cependant qu'avais-je appris jusqu'alors avec tant de fatigue? Rien de certain parmi les anciens, rien de beau parmi les modernes. Le passé et le présent sont deux statues incomplètes : l'une été a retirée toute mutilée du débris des âges; l'autre n'a pas encore reçu sa perfection de l'avenir.

« Mais peut-être, mes vieux amis, vous surtout, habitants du désert, êtes-vous étonnés que, dans ce récit de mes voyages, je ne vous aie pas une seule fois entretenus des monuments de la nature?

« Un jour j'étais monté au sommet de l'Etna*, volcan qui brûle au milieu d'une île. Je vis le soleil se lever dans l'immensité de l'horizon au-dessous de moi, la Sicile resserrée comme un point à mes pieds, et la mer déroulée au loin dans les espaces. Dans cette vue perpendiculaire du tableau, les fleuves ne me semblaient plus que des lignes géographiques tracées sur une carte ; mais, tandis que d'un côté mon œil

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