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par des supplices encore plus grands. Ce sont ces sept frères fameux qu’on nomme ordinairement Machabées.
Antiochus, irrité de voir dans un âge si tendre tant de fermeté, et espérant que la rigueur des supplices l’affaiblirait, les fit tourmenter tous l'un après l’autre en présence de leur mère.
On leur coupa la langue et les extrémités des mains et des pieds. On leur arracha la peau de dessus la tête ; et, lorsqu'ils n’étaient plus qu’un tronc informe et horrible à voir, on les faisait rôtir dans une chaudière où ils consumaient dans le feu ce qui leur restait de vie. Ils adorèrent la main de Dieu dans ces châtiments; et, reconnaissant humblement qu'il les traitait comme leurs péchés le méritaient, ils rendirent à Dieu une vie qu'ils ne tenaient que de lui, espérant fermement qu’il la leur rendrait un jour. Ils parlèrent au roi avec une liberté sainte, lors même qu'ils étaient entre ses mains. Ils lui représentèrent les excès de sa cruauté. Ils lui dirent hardiment qu’il saurait un jour ce que c’est que de combattre contre Dien, et qu'après avoir été ici l'instrument de sa justice contre son peuple, il serait ensuite la victime de son éternelle vengeance.
Le roi, encore plus aigri de leur fermeté au me des supplices, que de leurs justes remon-
nces, vouiut au moins attirer par des caresses
le dernier de tous. C’est pourquoi il le mit entre les Mains de sa mère, afin qu’elle lui persuadât d’obéir au roi. Cette femme incomparable, qui sera à jamais la gloire de son sexe et l'exemple de toutes les mères, prit son fils à part, et, bien loin de l’exhorter à sauver sa vie, elle lui fit voir si vivement le néant de tous les hommes et la grandeur de Dieu, qui seul mérite qu’on le craigne, que ce jeune homme, quittant sa mère, dit tout haut qu’il n’obéirait point au roi, mais à la loi de Moïse. Il menaça ce prince de la punition terrible qui lui était réservée, et il prédit que la colère de Dieu contre le peuple juif serait apaisée par son sang et par celui de ses frères. Les bourreaux épuisèrent sur ses membres tendres tout ce que la cruauté la plus ingénieuse peut inventer. Sa mort cruelle rassassia la fureur du roi et combla de consolations sa mère, qui suivit le mème jour ceux qu’elle avait envoyés à Dieu avant elle, et mêla son sang avec le sang de ses enfants, dont elle avait été doublement la mère.
Cette sainte femme a été louée de tous les Pères comme une femme extraordinaire, et regardée comme la première cause, après Dieu, de la piété de ses enfants. Elle vit, sans s’ébranler, leurs supplices effroyables ; et elle se servit, pour les porter à la mort, de toutes ces marques de tendresse dont les autres mères se servent pour affai-
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blir leurs enfants : elle étouffa, par sa grande foi, tous les sentiments de la nature, et sa seule crainte dans ce spectacle d'horreur fut de voir quelqu'un de ses enfants qui dégénérât de la piété des autres. Elle apprit excellemment aux mères chrétiennes que leur principale gloire est de rendre à Dieu ceux qu'elles ont reçus de lui, et d'élever leurs enfants d’une manière si suinte, qu'ils n’aiment la vie que pour la conserver à Dieu, et qu’ils ne craignent point la mort lorsqu’ils ne peuvent lui être fidèles qu’en perdant la vie.
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