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M. — Oui, mon enfant, le papier est fait de vieux chiffons que l’on soumet à différentes opérations.
« Tout d’abord on les trie, on les choisit, et en même temps l’on en ôte tout ce qui serait étranger, tels que boutons, agrafes, boucles...
« En second lieu, on les soumet à une machine qui les secoue fortement, afin de les débarrasser
A de toute la poussière dont ils sont chargés.
«Cela fait, on les lave, on les lessive, et on les
| soumet à une seconde machine qui les coupe, les
divise, les broie, en sorte que l’on a une sorte de
À bouillie ou de pâte très-délayée, et qui, étant en.
suite blanchie par divers procédés, devient comme du lait.
« On étend cette pâte sur des toiles métalliques, et en se séchant elle forme ce qu’on appelle du papier fait à la main.
« Mais, le plus souvent, on la soumet à une troi.
sième machine composée de toiles métalliques et
de cylindres ; et là, elle s'égoutte, s’égalise, se sèche, s’'affermit et sort sous la forme d’un très. beau papier appelé papier à la mécanique.
« Les chiffons de beau linge servent à faire du papier fin ; tandis que ceux de gros linge servent à faire du papier commun.
M. — Ilenest pourtant ainsi. Le bon Dieu fait croître le lin et le chanvre dans les champs; le fil de lin et le fil de chanvre nous servent à faire des vêtements et du linge ; puis, quand ces objets sont usés, l’industrie les transforme en‘papier, sur lequel on imprime des histoires et des images, ou d"nt nous nous servons pour y écrire nous-mêmes nos pensées. »