‹ Lectures courantes [microforme]Chapitre 76 sur 162 · LES VERS A SOIE · texte numérisé non relu

LES VERS A SOIE

Henri s’étant très-bien comporté à la maison et à l’école, son père voulut le récompenser: « Voici, mon cher enfant, lui dit-il, un petit cadeau.

H.—Oh! merci, papa; quelle jolie boîte 1...

Mais, papa, ii n’y a ue des feuilles et de vilaines petites chenilles toutes noires.

P.—Tu te trompes, Henri; ce sont de jolis vers à soie, qu’il faudra nourrir quelques jours.

.. H.—Puis-je leur donner des feuilles de choux?

P.—Ils ne les mangeraient pas : la seule nourriture qui leur convienne est la feuille de mûrier blanc. »

Henri observa que ses vers changèrent trois ou quatre fois de peau et de couleur dans l'espace

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il en fit la remarque à son père, qui lui dit: «Tes vers ont pris toute la nourriture dont ils

avaient besoin, et sont sur le point de donner

| leur soie. Place maintenant au-dessus d’eux de

petites branches, le long desquelles ils puissent monter. » |

Henri fit ce qu’on lui disait, et il vit les vers monter dans le branchage et y filer chacun un cocon ovale, dans lequel ils s’enveloppaient.

Quatre jours s’étant écoulés, l'enfant, qui n’observait plus aucun mouvément dans le branchage, crut que tous ses vers étaient morts; mais son père lui dit: « Tes vers ne sont pas morts; ils ont seulement passé à l'état de chrysalide, et y demeureront une quinzaine de jours. Tu verras alors quelle transformation ils auront subie.

« Mais auparavant prends ce cocon qui me paraît le plus beau ; mets-le dans l’eau chaude pour dissoudre la gomme qui lie les replis du fil et pour faire périr l’insecte. »

Le lendemain on dévida le cocon, et l’on obtint un fil presque imperceptible et très long.

« C’est, dit le père d'Henri, en réunissant plu sieurs de ces fils que l’on forme un fil de soie propre à être utilisé.

« Après avoir été nettoyée et filée, la soie est portée chez le teinturier, qui lui fait prendre la

couleur convenue ; de là, elle est remise entre les mains du tisseur, qui en confectionne des étoffes ; celles-ci, après avoir subi un ou plusieurs apprêts, sont utilisées pour faire des robes, des foulards, des rideaux et des tentures de luxe, des ornements d’autel, des dais, des chasubles, des chapes, etc. »

Deux semaines après, Henri, désirant savoir

ce qu'il était advenn de ses vers, s’écria tout

joyeux: «Papa, venez voir; la chambre est remplie de petits papillons blancs. Oh! qu'ils sont beaux ! :

P.—Mais as-tu regardé les cocons de tes vers à soie ?

H.—Non, papa ; je ne me suis préoccupé que

de ces papillons.

P.—Allons les voir.

H.—En voici un qui est troué, et de plusil est vide. En voici un autre qui est également troué et vide. Papa, ils sont tous de même.

P.—C'est que le ver, qui était passé à l’état de chrysalide, s’est maintènant transformé en papillon ; il a percé le cocon pour en sortir, coupant ainsi la soie qui, par suite, n’a presque plus de valeur.

« Voilà donc tes vers devenus de jolis papillons. Ils vivront encore une dizaine de jours: pendant ce temps, ils déposeront leurs œufs ou

grain veau:

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graines, d’où l'été prochain il sortira de nouveaux vers à soie.

H.—Oh ! combien c’est merveilleux !

P.—-I en est ainsi de tout ce que Dieu a fait. Partout se manifestent sa sagesse et sa providence. »

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