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Quel moyen le navire employa-t-il pour en sortir

Dixième Leçon.

La Poste et le Timbre-Poste.

Nous trouvons tout naturel maintenant que, plusieurs fois par jour, le facteur nous apporte les lettres et les journaux qui nous sont adressés voire même des échantillons et des paquets de marchandise. Mais ce service si commode de la poste ne s'est pas établi sans difficulté. Ce n'est que peu à peu qu'il s'est implanté dans notre civilisation si compliquée et même à présent il se perfectionne tous les jours. Voyons quelle a été la genèse d'une institution qui nous paraît simple et naturelle.

Suivant Hérodote, il existait, de la mer Egée à la ville de Suze, en Perse, cent onze stations placées à distances égales, établies par Cyrus dans le sixième siècle avant notre ère. Auguste avait également établi des postes d'une province à l'autre de l'empire. Charlemagne en fit autant pour ses communications avec l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne. Louis XI. établit aussi des relais à l'usage des coureurs ou porteurs de ses dépêches pour son propre service. C'est là l'origine de la poste aux lettres et de la poste aux chevaux en France. En 1576, Henri III. en rendit l'usage public. Les messageries ne s'établirent qu'en 1597, sous Henri IV. La première taxe des lettres date de 1627. En 1630, furent institués les maîtres de poste et les courriers.

La Révolution à qui nous devons le système métrique, l'unification des poids et mesures et tant d'autres choses, fit beaucoup pour faciliter les communications entre les différentes parties de la France.

Aux Etats-Unis ce fut entre Philadelphie et New- York que furent établies les premières relations régulières ; une fois

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par semaine une voiture faisait le trajet qui sépare ces deux villes à une rapidité de trois milles à l'heure.

En 1766 un entreprenant industriel établit un service qui faisait la route aller et retour en deux jours. En ce temps-là, le prix de transport des lettres était fort élevé. On était obligé de payer jusqu'à vingt-cinq sous par lettre.

D'après les renseignements qui nous sont fournis il ne paraît pas que les facteurs aient été employés avant 1753. C'est à Benjamin Eranklin, qui était alors directeur général des postes, qu'est due cette précieuse innovation. Une annonce assez curieuse du directeur de la poste de Philadelphie datée de 1762, faisait savoir au public que son porteur de lettres ayant disparu, il fallait que les intéressés allassent au bureau de la poste pour retirer leurs lettres.

A Boston les facteurs étaient inconnus avant 1773 ; à New York les lettres étaient, à cette époque, portées à leur adresse par un commissionnaire spécial.

Le plus grand progrès accompli dans le service des postes devait cependant n'arriver qu'en 1840.

Antérieurement à cette époque, l'envoi et la réception des lettres étaient entravés par une foule de formalités ennuyeuses. Le prix du transport des lettres variait avec les distances et était très élevé, c'est ainsi qu'une lettre simple de Lille pour Marseille payait un franc vingt centimes de port. C'est à l'Anglais Rowland Hill qu'est due l'invention des timbresposte et leur introduction dans le service postal. Cinq ans plus tard, les commerçants de Londres lui offrirent, par voie de souscription, un chèque de treize mille livres sterling à titre de récompense nationale.

C'est entouré de la reconnaissance publique que cet homme illustre vécut jusqu'à l'âge de 84 ans ; il est mort en 1879. Depuis cette époque d'autres réformes ont été introduites, et, grâce à l'Union postale universelle, on peut maintenant en-

voyer de l'argent d'Amérique en Europe en toute sécurité au moyen des mandats-poste internationaux. Les lettres recommandées offrent aussi d'excellentes garanties, car elles ne peuvent passer des mains d'un employé dans celles d'un autre que sur la délivrance d'un récépissé.

Tous les gouvernements s'efforcent du reste de faciliter de plus en plus les moyens de transport des lettres. Ils offrent des primes aux paquebots qui arrivent à transporter le courrier plus vite que leurs concurrents.

Grâce aux chemins de fer aussi on peut dire que le service des postes est presque arrivé à la perfection, et une lettre mise à la poste à New- York pour la Nouvelle-Orléans ou la Floride arrive plus vite à destination de nos jours qu'elle n'arrivait à Philadelphie dans la première partie du XIXe siècle.

Le commerce a été le premier à profiter de ces relations rapides, et l'on peut dire sans craindre d'être démenti par personne que, parmi les progrès modernes, nul n'a plus contribué à augmenter la richesse et le bien-être des nations, que le service des postes.

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