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Quand mourut Félou et quelle fut la cause de sa mort

Douzième Leçon.

L'Intelligence et le Cœur des Animaux (suite). Le Pigeon Messager.

Le pigeon messager n'a été introduit en Europe que dans la seconde moitié du dernier siècle, vers 1765. Il date cependant d'une haute antiquité historique. Les monuments le font remonter pour l'Egypte jusqu'aux Pharaons. Les marins approchant de terre s'en servaient pour annoncer leur retour. C'est exactement ce que dans les mêmes circonstances les pêcheurs se sont récemment avisés de faire. Cette heureuse innovation n'est qu'une réinvention.

En Europe la Grèce fut la première à en tirer parti. Il y était au service des jeux olympiques. C'était lui qui, presque instantanément, portait à la connaissance, livrait à l'enthousiasme de l'Hellade entière le nom des vainqueurs. Cinquante ans après la réduction de la Grèce en province romaine, les

maîtres du monde employaient les pigeons d'une façon analogue. Lâchés à l'issue des représentations du cirque, ils portaient partout la nouvelle du résultat des luttes et des courses.

De nos jours le pigeon messager a été mis au service des autorités militaires. Pendant le siège de Paris (1870-1871) il mettait en communication la capitale et les provinces. En 1881 des colombiers militaires ont été établis à Paris, Vincennes, Marseille, Perpignan, Verdun, Lille, Toul et Belfort.

La rapidité et la sûreté d'instinct du voyageur ailé sont réellement merveilleuses. En voici des exemples. En 1884 au moment où le rapide de Londres, qui ne s'arrête à aucune station, partait de Douvres, un pigeon fut lâché. D'abord il s'éleva à un demi mille, puis tournoya pendant quelques instants, enfin partit à tire-d'aile dans la direction de Londres.

Le train courait à toute vapeur, faisant ses 60 milles (96 kilomètres) à l'heure. Dans l'opinion unanime de ceux qui avaient connaissance de l'expérience, toutes les chances étaient contre l'oiseau.

Mais, tandis que par chemin de fer la distance entre Douvres et Londres est de 76 milles et demi (123 kilomètres), elle n'est que de 70 milles (112 kilomètres) à vol d'oiseau. Or, le pigeon, sa route une fois reconnue, ce qui ne fut pas long, prit en ligne droite, diminuant ainsi son trajet de 6 milles et demi (10 kilomètres). Supposant sa vitesse égale à celle du rapide, il eût donc pu arriver 6 minutes et demie avant lui.

Or, quand ce foudroyant rapide fit son entrée dans la gare de Canon Street, le pigeon était dans son colombier depuis 20 minutes. Il avait donc fait tout près de 2 kilomètres par minute ! Et ce n'est pas un maximum.

En 1885, quatre de ces merveilleuses créatures firent en sept heures le trajet de Paris à Buda-Pesth; or la distance entre les deux villes est de 1293 kilomètres, les voyageurs avaient donc fait plus de 184 kilomètres à l'heure !

Douzième Leçon. 51

C'est en Hollande que les colombophiles sont arrivés aux meilleurs résultats. Un résident de Harlem dresse ses pigeons à faire d'eux-mêmes les voyages d'aller et retour entre cette ville et Leyde. La distance qui sépare les deux villes est de trente kilomètres. Un des rédacteurs du journal " La Nature " raconte que sur l'invitation de l'éleveur il se rendit un dimanche chez celui-ci pour y assister, en compagnie de quelques amateurs, à l'arrivée de quatre pigeons venant de Leyde, où ils se trouvaient sous la garde et la surveillance des membres et députés d'une, société colombophile de la Haye, et ensuite au départ de ces oiseaux pour la même ville.

On devait les lâcher de Leyde vers deux heures. A deux heures vingt-cinq, ils arrivèrent tous ensemble, descendirent tout de suite au colombier et, sans perdre un instant, se mirent à manger avec un appétit de voyageurs. C'étaient : un magnifique mâle bleu écaillé, avec une plume blanche dans l'aile ; une femelle et une mâle bleus, et une femelle bleue écaillée. Tous portaient aux ailes des marques que, d'après une dépêche fixée à la queue du premier mâle, les représentants de la société colombophile venaient d'y apposer. La même dépêche mentionnait que les oiseaux étaient mis en liberté à une heure cinquante-cinq. Ils avaient donc fait le trajet en trente minutes. A trois heures dix minutes, c'est-à-dire trois quarts d'heure après, les messagers bien repus et portant à côté des marques de Leyde celles des colombophiles de Harlem, portant en outre une dépêche, voyaient s'ouvrir la porte de leur colombier. A l'instant même tous les quatre quittaient leur perchoir et s'élevaient dans l'air. Ils furent bientôt hors de vue.

On ne tarda pas à avoir de leurs nouvelles. Ils étaient, tous ensemble, arrivés à Leyde à trois heures trente minutes, ayant, par conséquent, fait le trajet en vingt minutes. Un télégramme en informa les gens de Harlem.

Deux de ces pigeons faisaient quotidiennement ce servicelà depuis neuf mois ; les quatre le faisaient de leur propre volonté en tout temps, hiver comme été, sans que jamais ni pluie ni brouillard même épais interrompît leur vol. N'y a-t-il pas là de quoi étonner même les plus insouciants ? On peut dire que les pigeons voyageurs se plient à tous nos désirs. On s'en est dernièrement servi pour leur faire porter des tubes-vaccins à grande distance de façon à pouvoir ravitailler de virus, en cas de siège, une ville ravagée par la variole.

Aux Etats-Unis dans les pêcheries on les utilise dans un but commercial. A Cleveland, plusieurs compagnies de pêche remettent deux pigeons à chacun de leurs bateaux. Lorsque les filets sont retirés, on en lâche un qui renseigne la pêcherie sur la quantité et les espèces de poissons que l'on vient de capturer. On peut ainsi faire les préparatifs nécessaires pour recevoir la pêche et pour avertir les acheteurs. Quant au second pigeon, on le garde pour donner l'alarme en cas de danger pour le navire.

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