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Ce sérum se conserve-t-il longtemps

24. Qu'a fait le New-York Herald dans l'intérêt de l'humanité ?

25. Quelle mesure vient de prendre la commission municipale du bud-

get de New- York ?

Trente-septième Leçon.

La navigation sous-marine.

Si ceux qui vivent maintenant pouvaient revenir sur la terre dans quelques centaines d'années, il est probable que les progrès des sciences seraient tels et les conditions d'existence si profondément modifiées qu'ils croiraient vivre en un rêve. Notre siècle cependant restera dans l'histoire comme un des plus grands. Reportons-nous, en effet, par la pensée ne fût-ce que trente ans en arrière et nous verrons que beaucoup de choses, qui étaient alors des sujets de romans, ont été réalisées et sont entrées dans le domaine pratique.

Si l'on avait dit à Jules Verne quand, vers 1865, il écrivait le Tour du monde en quatre-vingts jours, que trente ans plus tard ce voyage merveilleux pourrait s'effectuer en soixante et quelques jours, n'aurait-il pas crié à l'impossible ? Si quand, avec la puissance d'imagination que tout le monde lui reconnaît, il nous décrivait minutieusement son Nautihis, on lui avait assuré que son bateau sous-marin ne tarderait pas à devenir une réalité, n'aurait-il pas révoqué en doute l'assertion de • son interlocuteur ? et cependant la chose n'est-elle pas maintenant accomplie ?

En France où les expériences de navigation sous-marine ont été commencées très tôt on est arrivé à des résultats fort satisfaisants. Le premier sous-marin méritant d'être mentionné est le Plongeur, construit en 1863, sur les plans de l'amiral Bourgeois ; il ne répondit pas aux espérances.

Depuis, deux bateaux, le Gymnote de M. Zédé, et le Goubet, ainsi dénommé du nom de son inventeur, ont été expérimentés officiellement et ont donné des résultats pratiques.

Le Gymnote, sur l'initiative du ministre de la marine, fut construit aux frais de l'État, à l'arsenal de Toulon. Sa forme est celle d'un fuseau allongé ; il mesure dix-huit mètres de longueur et un mètre quatre-vingts centimètres de largeur eu son milieu. Sa propulsion est obtenue au moyen d'un moteur électrique actionné par des accumulateurs. Il manœuvre à l'aide de deux gouvernails, un vertical et un horizontal. C'est ce dernier gouvernail, qui en s'inclinant dans tel ou tel sens, produit l'enfoncement ou le relèvement du navire, d'où il résulte que le Gymnote, pour plonger, doit être en marche. Il se comporte alors à la façon d'une torpille Whitehead. Sa vitesse peut atteindre huit nœuds à l'heure, c'est-à-dire environ quinze kilomètres.

Le Goubet, qui reçut, ainsi que le Gymnote, tous les encouragements possibles des amiraux français, est le plus petit des bateaux sous-marins connus. Construit entièrement par les soins de son ingénieur, sa coque, qui a la forme d'une lentille allongée, mesure six mètres de long, son diamètre au centre étant de un mètre cinquante-trois centimètres ; elle est en bronze et coulée d'une seule pièce, ce qui garantit sa parfaite solidité. Le Goubet peut s'immerger à des profondeurs voulues sans pour cela être forcé d'être en marche, et son immersion ne lui coûte aucune dépense de force motrice.

L'immersion du Goubet s'obtient en laissant entrer dans des réservoirs spéciaux l'eau du dehors. Cette manœuvre

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s'exécute en tournant un simple robinet. Quand on veut ramener le bateau à la surface, on expulse cette eau au moyen d'une pompe foulante spéciale.

La propulsion de ce bateau est assurée à l'aide d'une hélice mobile en tous sens, et, comme appareil accessoire, à l'aide d'un système de rames pouvant être actionnées par les bras de l'équipage, composé de deux hommes. La vitesse prévue du bateau sous' l'eau est de cinq nœuds.

Les expériences poursuivies publiquement à Cherbourg par le Goubet durant près de deux années ont démontré que ce sous-marin possède toutes les qualités d'un bateau de ce genre : l'habitabilité, la stabilité, la possibilité de rester immobile à toute profondeur voulue, la faculté de direction et la sécurité absolue.

Dans le courant de l'année 1894, la France a construit deux autres sous-marins, le Gustave-Zédé et le Morse, qui procèdent du Gymnote, comme système de propulsion et de fonctionnement, mais qui sont de plus grandes dimensions que lui.

Les premiers essais avec ces nouveaux bateaux ont eu lieu au mois de novembre et voici ce qu'en dit un journal de Paris : — ■

Depuis quelques jours, le port de Toulon fait procéder par le bateau sous-marin Gustave-Zédé et en présence d'une commission spéciale à des expériences qui ne manquent pas d'intérêt.

A la dernière expérience, malgré le mauvais temps, le Gustave-Zédé, ayant à son bord, en outre de ses onze hommes d'équipage, son commandant, un lieutenant de vaisseau, un sous-ingénieur des constructions navales, et un ingénieur civil, a quitté l'arsenal, suivi par une chaloupe des constructions navales.

Après avoir franchi la grande passe, le Gustave-Zédé a exécuté diverses évolutions avec une vitesse moyenne de huit

nœuds, et c'était un curieux spectacle que celui de ce navire dont la plate-forme et le périscope ne saillaient qu'à peine hors de l'eau, s'avançant silencieusement dans la brume, laissant derrière lui un sillage à peine visible à quelque distance.

Debout sur la passerelle, à côté du périscope, un homme paraît de loin marcher sur les flots, et ce n'est qu'en regardant fort attentivement que l'on peut distinguer la plateforme sur laquelle il se tient.

Arrivé par le travers sud-ouest de Sainte-Marguerite, le Gustave-Zédé a fait des expériences de giration en décrivant des cercles de cent mètres environ, puis, à neuf heures quinze, il a effectué une première plongée en marche à une profondeur de cinq mètres pendant vingt minutes ; deux autres plongées à six et sept mètres et durant vingt-cinq et trente minutes ont été ensuite opérées, puis le bateau est rentré dans l'arsenal, où il a repris son poste de mouillage.

Ces expériences ont parfaitement réussi. Elles seront reprises, sous peu, en route libre.

On peut donc considérer comme résolu le problème de la navigation sous-marine.

Quelles en seront les conséquences ? Quels effets aura-t-elle sur la guerre navale ? C'est ce que l'avenir nous apprendra mais n'est-il pas fâcheux de constater que tant d'efforts de l'intelligence humaine se tournent vers les moyens de s'entretuer le plus et le plus vite possible ?

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