Dites ce que vous savez de Melbourne
39. A quel mois de notre calendrier Brumaire correspondait-il ?
40. Le calendrier républicain était-il acceptable pour l'ensemble du
globe ? Quand et par qui a-t-il été aboli ?
Quarantième Leçon. 195
Quarantième Leçon.
Curiosités du Calendrier (fin).
La République Française avait fixé le commencement de l'année au 1er vendémiaire ou 22 septembre, jour de la proclamation de la République qui se trouve coïncider avec l'équinoxe. Cette date n'était pas plus mauvaise qu'une autre. Les Romains, dans le calendrier de Jules César, que nous suivons toujours en principe, commençaient l'année au 1er mars, et la numération des mois correspondait à cette origine. Septembre était le 7e, octobre le 8e, novembre le 9e et décembre le 10e. En reportant l'origine de l'année au 1er janvier, on a laissé aux mois leurs noms primitifs, de sorte que septembre est devenu le 9e, octobre le 10e, novembre le 11e et décembre le 12e; ce qui n'a plus de sens. Il eût été logique de changer les noms, comme les Romains l'avaient déjà fait pour sept mois, en donnant les noms de Mars, Aphrodite, Maïa, Junon, Jules et Auguste, aux six premiers, et ceux de Janus et Februo (dieu des morts) aux deux derniers.
Il faut avouer, du reste, qu'à certains égards les choses ne sont pas absolument simples dans la nature elle-même. Ainsi le mouvement de la terre autour du soleil ne s'accomplit pas en un nombre exact de jours, mais, comme chacun le sait; en 365 jours plus une fraction. Cette fraction empêche et empêchera toujours de faire un calendrier parfait.
Si cette fraction était juste d'un quart de jour, il suffirait d'ajouter un jour à l'année tous les quatre ans, et tout serait réglé. Mais l'année n'est pas de 365 jours 6 heures juste ; elle est de 365 jours 5 heures 48 minutes 47 secondes et demie. Ces 11 minutes 12 secondes et demie de différence sont fort embarrassantes et difficiles à caser,
C'est ce qui fait que le calendrier de Jules César, qui intercalait tout simplement une année bissextile tous les quatre ans, nous faisait cadeau de trois jours de trop en quatre cents ans. Au seizième siècle, la différence était déjà de dix jours. En continuant ainsi, l'équinoxe de printemps, au lieu d'arriver le 21 mars, serait arrivé graduellement le 10 mars, le 1er mars, le 20 février, etc., rétrogradant les mois.
Les astronomes du temps du pape Grégoire XIII corrigèrent leurs devanciers du temps de Jules César, et proposèrent de supprimer d'abord les dix jours d'erreur, puis de décider que dans l'avenir les années séculaires ne seraient plus bissextiles, à l'exception d'une sur quatre. Il y a une règle bien simple pour trouver si une année séculaire est bissextile ou non ; c'est d'effacer les deux zéros de la droite ; si les chiffres restants sont divisibles par quatre, l'année est bissextile; sinon, non. Ainsi les années 1700, 1800 et 1900, sont bissextiles dans le calendrier Julien et ne le sont pas dans le Grégorien ; 2000 le sera dans les deux.
Voilà toute la différence entre l'ancien calendrier et le moderne. Il reste bien encore une petite correction à faire, de deux jours 10 heures en dix mille ans : nos arrière-neveux la feront sans doute.
Le pape ordonna donc que le lendemain du 4 octobre 1582 s'appellerait le 15. Mais, en dehors des pays obéissant à la juridiction spirituelle du pontife romain, personne ne voulut rien changer aux habitudes. On préféra rester en désaccord avec la nature que de se mettre d'accord avec une décision papale.
On tergiversa indéfiniment. La moitié de l'Europe avait adopté la réforme, que l'autre moitié datait encore selon l'usage, ce qui ne laissait pas de créer pas mal d'embarras. L'Angleterre ne se décida qu'en 1752, ce qui est encore bien beau de sa part, car on sait qu'elle continue de résister opiniâtrement à l'adoption du système métrique et de l'unité des poids et mesures.
Quarantième Leçon. 197
Aujourd'hui encore, la Russie n'ose pas toucher au calendrier Julien, consacré par la religion orthodoxe : elle est en retard de douze jours sur le soleil; dans neuf ans elle le sera de treize, à moins que le czar Alexandre II ne complète son règne par une réforme scientifique qui s'impose à un peuple civilisé.
Encore un point. L'année n'a pas une durée absolument fixe non plus : elle varie de 38 secondes au-dessus et audessous de sa durée moyenne.
Elle a lentement diminué depuis le commencement de notre ère. Un centenaire de nos jours a réellement vécu vingt minutes de moins qu'un centenaire du temps de l'empereur chinois Hoang-Ti. La plus courte durée de l'année aura lieu en l'an 7600, avec 70 secondes de moins qu'en l'an 3040 avant notre ère. . . .
C'est insignifiant, et terminons cette causerie sur le calendrier en souhaitant à nos lecteurs une longue série d'années digne du meilleur des mondes. La planète que nous habitons n'est-elle pas un peu ce que nous la faisons nous-mêmes ?
Camille Flammarion.
CUKIOSITÉS DU CALENDRIEK (FIN).
Questions.
1. A quelle date la Convention nationale avait-elle fixé le commence-
ment de l'année ?