‹ Lectures graduées [microforme]Chapitre 177 sur 356 · CI—L'AIR · texte numérisé non relu

CI—L'AIR

HENRI.—Sur quel sujet, Jules, vas-tu me donner une leçon aujourd’hui ?

J.—Une leçon ?.. Y penses-tu ?.. Il ne peut être question entre nous que de causeries,

H.—Eh bien! sur quoi va rouler notre causerie ? J.—S$i tu le veux, nous parlerons de l'air.

H.—Très volontiers! car, bien que je le respire, je ne sais guère ce que c'est,

J—L’air est un mélange de deux gaz: l'oxygène ou ‘air vital ” et l'azote ou “ air impropre à la vie ”.

La masse d'air qui enveloppe le globe terrestre se nomme aémosphère. Elle s'élève à environ 37 milles ; mais elle est beaucoup plus dense, plus serrée dans les régions basses que dans les régions élevées.

Sous un petit volume, l'air est incolore et invisible ;

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PESANTEUR DE L'AIR. 189

nais sous un volume considérable il apparaît teinté de bleu. L'azur du firmament n'est au fond que ia couleur de l'air qui s'étend au-dessus de nous. L'immense voûte bleue qu'il nous semble voir n'a aucune réalité. Elle disparait quand on s'élève en ballon à une grande hauteur.

H.—Comment! il n'y a pas là-haut une voûte ? mais je la vois de mes deux yeux.

J.—C'est une illusion, un effet de lumière. Tu vois de même de tes deux yeux l'arc-en-ciel, et tu ne pourrais jamais le toucher. Tu te vois toi-même de tes deux yeux dans une glace, et cependant tu n'y es pas.

H.—C'est vrai. Mais continue, je te prie.

CIIT —PESANTEUR DE L'AIR.—PRESSION ATMOSPHERIQUE.

JULES.—L'air est pesant, bien que nous n'en sentions pas le poids.

H.—Comment le sait-on ?

J.—On à d'abord pesé un ballon de verre ne contenant Le s que de l'air ordinuire. On y en a ::troduit un surplus au moyen d'un soufflet, et l'on à constaté qu'il pesait davantage.

Après l'invention de la machine pneumatique, par laquelle on pompe l'air, on a remarqué qu'un flacon où l'on avait fait le vide, avait diminué de son poids.

H.—Combien pèse une ninte d'air ?

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PESANTEUR DE L'AIR

J.—Une pinte d'air pèse 23 grains, c'est-à-dire 773 fois moins que l’eau.

H.—Combien donc pèse toute l'atmosphère ?

J.—S"'il était nossible de la peser, quel poids penses-tu qu'il faudrait dans l’autre côté de la, balance ?

H.-—Peut-être 100 millions de livres.

J.—Bagatelle ! tu peux décupler et centupler ce nombre, et le bassin ne sera pas soulevé.

Prenons pour unité un cube de cuivre d'un mille de côté. Son poids serait environ de 49,000 millions de tonnes, Eh bien! il en faudrait 130,000 pour fair: équilibre à poids de l'atmosphère. Tu vois que cela dépasse l'imagi. nation. Ah! nous dit à ce propos notre professeur, qua nous sommes peu de chose dans l'univers, qui nous écrase de son immensité! Mais notre âme lui reste bien supérieure, car seule, avec les anges, elle se connaît et peut connaître, aimer et ador. : .: divin Auteur de tout ce qui existe.

H.—Je n'aurais jamais pensé que l'air fût si pesant, Combien donc peut peser la colonne qui est au-dessus de ma main ?

J.—Comme ta main mesure près de 16 pouces carrés, tu supportes au-dessus environ 240 livres d'air.

H.—Je ne m'en aperçois pas cependant,

J.—C'est parce que la pression atmosphérique s’exerçant dans tous les sens, la poussée de haut en bas est contre-balancée par celle de bas en haut.

H—Mais ma main, placée ainsi entre deux pressions de 240 livres, devrait être écrasée. Pourquoi ne l’est-elle pas ?

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PESANTEUR DE L'AIR

J.—C'est que, par une admirable disposition de ia Providence, il y a dans nos organes de l'air et d'autres gaz qui tendent à se dilater, et c'est cette force de dilatation qui neutralise les poussées de l'air.

H.—La pression de l'air sur notre corps est donc bien considérable ?

J.—Un homme de taille moyenne, mesurant en surface 20 pieds carrés, supporte une pression d'environ 42,000 livres ; et il n'en est pas plus incommodé que le poisson dans la mor, parce que chaque poussée de l'air, comme de l'eau, est neutralisée par une poussée contraire.

H.—A quoi sert la pression atmosphérique ?

J.—Elle contre-balance les forces d'expansion qui sont dans l’intérieur de la terre. L'industrie l'utilise pour les pompes et plusieurs autres appareils Nous pouvons nous en servir nous-mêmes pour boire.

H.—Je serais bien curieux d’en faire l'expérience,

J.—Rien n'est plus facile. Apporte un bol de lait.…., prends un tube ou un chalumeau. Plonge-le, par un bout, dans le lait et aspire de l’autre bout.

H.—Eh bien! je bois du lait. C'est très bon... Mais que fait en cela la pression atmosphérique?

J.—Quand tu aspires, tu fais le vide dans le tube et tu y détruis la poussée qui s’exerçait de haut en bas; alors l'air, qui continue de peser sur le liquide, l'y pousse par la pression de bas en haut et l'élève jusqu’à ta bouche.

C'est de même la pression atmosphérique qui fait monter l'eau des pompes aspirantes. C'est elle qui retient dans un tâte-vin ce qu'on y à introduit.

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