CXCV.—L'ANGE GARDIEN
Tout mortel a le sien: cet ange protecteur,
Cet invisible ami veille autour de son cœur, L'inspire, le conduit, le relève s'il tombe,
Le reçoit au berceau, l'accompagne à la tombe,
Et, portant dans les cieux son âme entre ses mains, La présente tremblante au Juge des humains.
C’est ainsi qu'entre l’homme et Jéhovah lui-même, Entre le pur néant et la grandeur suprême, D'êtres inaperçus une chaîne sans fin
Réunit l’homme à l'ange et l'ange au séraphin : C'est ainsi que, penplant l'étendue infinie,
Dieu répandit partout l'esprit, l'âme et la vie.