‹ Lectures graduées [microforme]Chapitre 77 sur 356 · HYGIÈNE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE

M.—Un peu quand j'étais en pension. Mais depuis je l'ai apprise surtout par la pratique.

H.—Je ne comprends pas ce que signifie ce nom.

M.— Hygiène dérive de ‘ Hygie,” qui, selon la mythologie, était la déesse de la santé.

L.—Nous serions bien contents si vous vouliez nous en donner des leçons.

M.—Je m'en ferai un plaisir, mais à la condition que vous les mettrez en pratique.

H.—Oh! pour cela, soyez-en sûre.

M.—Eh bien, parlons de l'air que nous respirons.

Voici à ce sujet les principales prescriptions de l'hygiène.

L'air vif des montagnes est plus sain que celui des plaines et surtout des villes: toutefois il est peu favorable aux malades de la poitrine.

L’air trop chaud provoque des sueurs énervantes, accélère la circulation, fait affluer le sang à la tête et produit des étourdissements. L'air trop froid crispe la peau, y gêne la circulatior., fait affluer le sang vers les organes intérieurs et produit des inflammations de poitrine et d’intestins.

L'air trop sec nuit à la peau et irrite les organes de la respiration. C'est pourquoi l'on entretient sur le poêle un vase d’eau, afin que la vapeur qui s'en dégage corrige la sécheresse de l'air qu'on respire.

Trop humide, l'air est maifaisant; car, s'il est chaud, il affaiblit les organes et occasionne des fièvres; et s'il est froid, il engendre jes rhumatismes et les catarrhes

H.—Et si l'on est obligé d'y séjourner ?

M.—I1 faut alors s'y donner de l'exercice sans trop s'échauffer.

Il s'élève des eaux Stagnantes des émanations malsaines provenant de matières organiques en décomposition ; c'est pourquoi l'on recommande de ne pas séjourner au bord des marais, surtout quand il s'y forme des brouillards.

L'hygiène a plusieurs autres prescriptions relatives à l'air : je vous en parlerai à l'occasion.

L.—Merci, maman. Nous ferons ce qui dépend de nous pour ne respirer qu'un air pur; et de ce pas nous allons porter sur la terrasse les fleurs que nous avons mises dans nos chambres.

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La respiration est la fonction la plus indispensable de la vie; il serait plus dangereux, disent les hygiénistes, de rester une minute et demie sans respirer que deux jours sans nourriture et sans sommeil.

Certaines personnes sont cependant revenues à la vie après plusieurs heures de submersion: c’est qu'elles s'étalent évanouies, et dans cet état le cœur cesse de battre, et la circulation du sang s'interrompt. Ce qui est mortel, c'est que la circulation continue lorsque la respiration à cessé : éar alors cen'est bientôt plus qu'un sang noir qui circule dans les artères, et qui amène l’asphyxie, puis-la mort.

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La quantité d'air nécessaire pour chaque personne dépend de sa taille, de son âge, de son énergie, de son travail et même de l'agitation ou du calme de son âme.

On admet qu'en moyenne un homme absorbe un tiers de pinte d'air par chaque aspiration, et l’on en déduit que s'il est dans un appartement fermé, il doit y faire pénétrer environ 7 verges cubes d'air par heure.

Les salles destinées pour des réunions ou des cours doivent être disposées de telle sorte, que l'air s’y renouvelle aisément ou constamment; car l'habitude de respirer un air vicié altère la santé, et, influant aussi sur le moral, elle rend inquiet et maussade.

Les principaux moyens d’aérer une salle sont : 1° d'ouvrir momentanément les croisées et les portes; 2° de laisser entrouverts des vasistas placés près du plafond; 3° d'y entretenir un foyer; 4° d'établir dans les murs ces cheminées d'appel, où un bec de gaz allumé produit un léger courant d'air; 5° de pratiquer au plafond quelques cuvertures au-dessus desquelles on place parfois une toile métallique.

L'air d'une chambre peut être vicié par les odeurs même les plus suaves : les fleurs odoriférantes et les parfums produisent de funestes effets sur la santé, surtout dans une chambre à coucher.

Les poêles en fonte ou en tôle, peuvent être nuisibles ; car ils'en échappe souventun gaz pernicieux nommé oxyde de carbone; en outre, lorsqu'ils sont rouges de chaleur, ils appauvrissent l'air en lui enlevant trop d'oxygène et toute son humidité.

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eflet, on conseille &e provoquer parfois des aspirations profondes, surtout quand on sort d’une atmosphère insalubre ; et l'on recommande aux enfants de s’adonner, après leurs

classes, à des exercices de gymnastique, jeux de barre ou de balle.

On trouve parfois des enfants, et même des personnes âgées, qui, étant couchés, se couvrent le visage avec leur drap de lit; ce qui leur est très nuisible, car ils aspirent en dormant le même air qu'ils ont expiré, et qui se vicie de plus en plus.

L'air où se trouve en excès l'acide carbonique n'est point respirable, parce qu'il ne contient plus assez d’oxigène pour épurer et échauffer le sang. Or, dans un appartement fermé, l'air se charge d'acide carbonique en proportion du nombre de personnes présentes et de celui des flambeaux allumés.

En tout endroit où s'éteint de soi-même une chandelle allumée ou un autre flambeau, l'air est impropre à la respiration. La prudence prescrit donc d'employer ce moyen pour s'assurer que l’on peut, sans danger, entrer dans une cave, dans un puits, dans un four à chaux... Hélas! que de cas d’asphyxie n'a-t-on pas eu à déplorer faute de cette précaution |

Un vigneron devait fouler une cuve de vendange. Il aurait dû promener au-dessus une chandelle où une lampe allumée, et, si elle s'éteignait, provoquer un courant d'air. Il n’en fait rien. Il monte dans la cuve ; aussitôt la respiration lui manque, et il aurait été asphyxié si l'on ne fût vite venu à son secours.

Un ouvrier voulant retirer quelques pierres restées au

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était complète.

Pour assainir un puits où s'éteindrait de soi-même une lumière, il faudrait agiter l'eau à l'aide d’une longue perche ou d’une pierre suspendue à une corde, et promener dans l'espace vide un fagot allumé, retenu par un fil de fer. On ne devrait pas néanmoins y descendre sans s’assurer quun fragment de papier peut y brûler jusqu'au niveau de l’eau.

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