‹ Lectures littérairesChapitre 32 sur 106 · BELLE-MÉRE ET 13ELLE-FILLE · texte numérisé non relu

BELLE-MÉRE ET 13ELLE-FILLE

Rien ne contrastait plus que le caractère des deux femmes entre lesquelles George Sand devait partager son enfance, sa mère et sa grand'mère. Le spectacle de ces luttes passionnées dont elle était l'enjeu surexcita de bonne heure la sensibilité de l'enfant, et l'inclina à la mélancolie.

Ma grand'mère n'avait peut-être jamais eu l'intention formelle de plaider contre son fils ^ En eûtelle conçu le projet, elle n'en aurait certes pas eu le courage. Elle fut probablement soulagée de la moitié de sa douleur en renonçant à ses velléités hostiles, car on double son propre mal en tenant rigueur à ce qu'on aime. Elle voulut cependant passer encore quelques jours sans voir son fils, sans doute afin d'épuiser les résistances de son propre esprit et de prendre de nouvelles informations sur sa belle-fille. Mais mon père découvrit que sa mère était à Paris; il comprit qu'elle savait tout et me chargea de plaider sa cause. Il me prit dans ses bras, monta dans un fiacre, s'arrêta à la porte

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