‹ Lectures littérairesChapitre 41 sur 106 · TOLLE, LEGE! » — GRISE MYSTIQUE · texte numérisé non relu

TOLLE, LEGE! » — GRISE MYSTIQUE

Cette période d'insubordination cessa tout à coup. Un grand abattement moral lui succéda. Puis, comme il arrive, une révolution s'opéra, due en apparence à une espèce d'hallucination. En réalité, c'était le fonds mystique et tendre qui reparaissait chez la jeune cloîtrée. « Tous mes besoins étaient dans mon cœur, et mon cœur s'ennuyait... Il me fallait aimer hors de moi ». Séparée complètement de sa mère et de sa grand'mère depuis de longs mois, comme retranchée violemment de toutes ses afïections naturelles, Aurore Dupin était vraiment seule au couvent des Anglaises, et, à cette heure « elle ne connaissait rien sur la terre qu'elle pût aimer de toutes ses forces ». De là la crise morale de sa quinzième année.

Nous entendions tous les matins la messe, à sept heures; nous retournions à l'église à quatre heures et nous y passions une demi-heure, consacrée pour les pieuses à la méditation, à la prière ou à quelque sainte lecture. Les autres bâillaient, sommeillaient ou chuchotaient quand la maîtresse n'avait pas les yeux sur elles. Par désœuvrement, je pris un livre qu'on m'avait donné et que je n'avais pas encore daigné ouvrir. Les feuillets étaient collés encore par l'enluminage de la tranche; c'était un abrégé de la Vie des Saints. J'ouvris au hasard. Je tombai

sur la légende excentrique de saint Siméon le Stylite, dont Voltaire s'est beaucoup moqué, et qui ressemble à l'histoire d'un fakir indien plus qu'à celle d'un philosophe chrétien. Cette légende me fit sourire d'abord, puis son étrangeté me surprit, m'intéressa; je la relus plus attentivement et j'y trouvai plus de poésie que d'absurdité. Le lendemain je lus une autre histoire, et le surlendemain j'en dévorai plusieurs avec un vif intérêt. Les miracles me laissaient incrédule, mais la foi, le courage, le stoïcisme des confesseurs et des martyrs m'apparaissaient comme de grandes choses et répondaient à quelque fibre secrète qui commençait à vibrer en moi.

Il y avait au fond du chœur un superbe tableau du Titien que je n'ai jamais pu bien voir. Placé trop loin des regards et dans un coin privé de lumière, comme il était très noir par lui-même, on ne distinguait que des masses d'une couleur chaude sur un fond obscur. Il représentait Jésus au jardin des Oliviers, au moment où il tombe défaillant dans les bras de l'ange. Le Sauveur était affaissé sur ses genoux, un de ses bras étendu sur ceux de l'ange qui soutenait sur sa poitrine cette belle tête éperdue et mourante. Ce tableau était placé vis-à-vis de moi, et à force de le regarder je l'avais deviné plutôt que compris. Il y avait un seul moment dans la journée où j'en saisissais à peu près les détails, c'était en hiver, lorsque le soleil sur son déclin jetait un rayon sur la draperie rouge de l'ange et sur le bras nu et blanc du Christ. Le miroitement du vitrage rendait éblouissant ce moment fugitif, et à ce

moment-là j'éprouvais toujours une émotion indéfinissable, même au temps où je n'étais pas dévote et où je ne pensais pas devoir jamais le devenir.

Tout en feuilletant la Vie des Saints, mes regards se reportèrent plus souvent sur le tableau; c'était en été, le soleil couchant ne l'illuminait plus à l'heure de notre prière, mais l'objet contemplé n'était plus aussi nécessaire à ma vue qu'à ma pensée. En interrogeant machinalement ces masses grandioses et confuses, je cherchais le sens de cette agonie du Christ, le secret de cette douleur volontaire si cuisante, et je commençais à y pressentir quelque chose de plus grand et de plus profond que ce qui m'avait été expliqué; je devenais profondément triste moi-même et comme navrée d'une pitié, d'une souffrance inconnues. Quelques larmes venaient au bord de ma paupière, je les essuyais furtivement, ayant honte d'être émue sans savoir pourquoi. Je n'aurais pas pu dire que c'était la beauté de la peinture, puisqu'on la voyait tout juste assez pour pouvoir dire que cela avait l'air de quelque chose de beau.

Un autre tableau, plus visible et moins digne d'être vu, représentait saint Augustin sous le figuier, avec le rayon miraculeux sur lequel était écrit le fameux Toile, lege, ces mystérieuses paroles que le fils de Monique crut entendre sortir du feuillage, et qui le décidèrent à ouvrir le livre divin des Évangiles. Je cherchai la vie de saint Augustin, qui m'avait été vaguement racontée au couvent, où ce saint, patron de l'ordre, était en particulière vénération. Je me plus extraordinairement à cette bis-

toire, qui porte avec elle un grand caractère de sincérité et d'enthousiasme. De là je passai à celle de saint Paul, et le cur me persequeris? me fit une impression terrible. Le peu de latin que Deschartres m'avait appris me servait à comprendre une partie des offices, et je me mis à les écouter et à trouver dans les psaumes récités par les religieuses une poésie et une simplicité admirables. Enfin il se passa tout à coup huit jours où la religion catholique m'apparut comme une étude intéressante.

Le Tolle^ lege, me décida enfin à ouvrir l'Évangile et à le relire attentivement. La première impression ne fut pas vive. Le livre divin n'avait point l'attrait de la nouveauté. Déjà j'en avais goûté le côté simple et admirable; mais ma grand'mère avait si bien conspiré pour me faire trouver les miracles ridicules, et elle m'avait tant répété les facéties de Voltaire sur l'esprit malin, transporté du corps d'un possédé à celui d'un troupeau de cochons, enfin elle m'avait si bien mise en garde contre l'entraînement, que je me défendis par habitude et restai froide en relisant l'agonie et la mort de Jésus.

Le soir de ce même jour, je battais tristement le pavé des cloîtres, à la nuit tombante. On était au jardin, j'étais hors de la vue des surveillantes, en fraude comme toujours; mais je ne songeais pas à faire d'espiègleries et ne souhaitais point me trouver avec mes camarades. Je m'ennuyais. Il n'y avait plus rien à inventer en fait de diablerie. Je vis passer quelques religieuses et quelques pensionnaires qui allaient prier et méditer dans l'église isolément, comme c'était la coutume des p^us fer-

ventes aux heures de récréation. Je songeai bien à verser de l'encre dans le bénitier : mais cela avait été fait; à pendre Whisky par la patte à la corde de la sonnette des cloîtres : c'était usé. Je m'avouai que mon existence désordonnée touchait à sa fin, qu'il me fallait entrer dans une nouvelle phase : mais laquelle? Devenir sage ou hête? Les sages étaient trop froides, les bêtes trop lâches. Mais les dévotes, les ferventes, étaient-elles heureuses? Non elles avaient la dévotion sombre et comme malade. Les diables leur créaient mille contrariétés, mille indignations, mille colères mal rentrées. Leur vie était un supplice, une lutte entre le ridicule et le relâchement. D'ailleurs il en est de la foi comme de l'amour. Quand on la cherche, on ne la trouve pas, on la trouve au moment où l'on s'y attend le moins. Je ne savais pas cela, mais ce qui m'éloignait de la dévotion, c'était la crainte d'y arriver par un esprit de calcul, par un sentiment d'intérêt personnel.

(( D'ailleurs n'a pas la foi qui veut, me disais-je. Je ne l'ai pas, je ne l'aurai jamais. J'ai fait aujourd'hui le dernier effort, j'ai lu le livre même, la vie et la doctrine du Rédempteur! je suis restée calme. Mon cœur restera vide.

En devisant ainsi avec moi-même, je regardais passer dans l'obscurité, comme des spectres, des ferventes qui s'en allaient furtivement répandre leur âme aux pieds de ce Dieu d'amour et de contrition. La curiosité me vint de savoir dans quelle attitude et avec quel recueillement elles priaient dans la solitude; par exemple, une vieille locataire

bossue qui s'en allait, toute petite et difïorme, dans les ténèbres, plus semblable à une sorcière courant au sabbat qu'à une vierge sage !

« Voyons, me dis-je, comment ce petit monstre va se tordre sur son banc! Cela fera rire les diables quand je leur en ferai la description. »

Je la suivis, je traversai avec elle la salle du chapitre, j'entrai dans l'église. On n'y allait point à ces heures-là sans permission, et c'est ce qui me décida à y aller. Je ne dérogeais point à ma dignité de diable en entrant là par contrebande. Il est assez curieux que la première fois que j'entrai de mon propre mouvement dans une église, ce fut pour faire acte d'indiscipline et de moquerie.

A peine eus-je mis le pied dans l'église, que j'oubliai ma vieille bossue. Elle trotta et disparut comme un rat dans je ne sais quelle fente de la boiserie. Mes regards ne la suivirent pas. L'aspect de l'église pendant la nuit m'avait saisie et charmée. Cette église, ou plutôt cette chapelle, n'avait rien de remarquable qu'une propreté exquise. C'était un grand carré long, sans architecture, tout blanchi à neuf, et plus semblable, pour la simplicité, à un temple anglican qu'à une église catholique. Il y avait, comme je l'ai dit, quelques tableaux au fond du chœur; l'autel, fort modeste, était orné de beaux flambeaux, de fleurs toujours fraîches et de jolies étoffes. La nef était divisée en trois parties : le chœur où n'entraient que les prêtres et quelques personnes du dehors par permission spéciale, aux jours de fête; l'avant-chœur, où se tenaient les pensionnaires, les servantes et les locataires; larrière-

chœur ou le chœur des dames où se tenaient les religieuses. Ce dernier sanctuaire était parqueté, ciré tous les matins, de même que les stalles des nonnes, qui suivaient en hémicycle la muraille du fond, et qui étaient en beau noyer brillant comme une glace. Une grille de fer à petites croisures, avec une porte semblable, qu'on ne fermait pourtant jamais, entre les religieuses et nous, séparaient ces deux nefs. De chaque côté de cette porte, de lourds piliers de bois cannelés d'un style rococo, soutenaient l'orgue et la tribune découverte, qui formait comme un jubé élevé entre les deux parties de l'église. Ainsi, contre l'usage, l'orgue se trouvait isolé et presque au centre du vaisseau, ce qui doublait la sonorité et l'effet des voix quand nous chantions des chœurs ou des motets aux grandes fêtes. Notre avant-chœur était pavé de sépultures, et sur les grandes dalles on lisait l'épitaphe des antiques doyennes du couvent, mortes avant la Révolution; plusieurs personnages ecclésiastiques et mêmes laïques du temps de Jacques Stuart, certains Tlirockmortouj entre autres, gisaient là sous nos pieds, et l'on disait que quand on allait dans Téglise à minuit, tous ces morts soulevaient leurs dalles avec leurs têtes décharnées et vous regardaient avec des yeux ardents pour vous demander des prières.

Pourtant, malgré l'obscurité qui régnait dans l'église, l'impression que j'y ressentis n'eut rien de lugubre. Elle n'était éclairée que par la petite lampe d'argent du sanctuaire, dont la flamme blanche se répétait dans les marbres polis du pavé, comme

une étoile dans une eau immobile. Son reflet détachait quelques pâles étincelles sur les angles des cadres dorés, sur les flambeaux ciselés de l'autel et sur les lames d'or du tabernacle. La porte placée au fond de l'arrière-chœur était ouverte à cause de la chaleur, ainsi qu'une des grandes croisées qui donnaient sur le cimetière. Les parfums du chèvrefeuille et du jasmin couraient sur les ailes d'une fraîche brise. Une étoile perdue dans l'immensité était comme encadrée par le vitrage et semblait me regarder attentivement. Les oiseaux chantaient; c'était un calme, un charme, un recueillement, un mystère, dont je n'avais jamais eu l'idée.

Je restai en contemplation sans songer à rien. Peu à peu les rares personnes éparses dans l'église se retirèrent doucement. Une religieuse agenouillée au fond de l'arrière-chœur resta la dernière, puis ayant assez médité, et voulant lire, elle traversa Tavant-chœur et vint allumer une petite bougie à la lampe du sanctuaire. Lorsque les religieuses entraient là, elles ne se bornaient pas à saluer en pliant le genou jusqu'à terre, elles se prosternaient littéralement devant l'autel, et restaient un instant comme écrasées, comme anéanties devant le saint des saints. Celle qui vint en ce moment était grande et solennelle. Ce devait être madame Eugénie, madame Xavier ou madame Monique. Nous ne pouvions guère reconnaître ces dames à l'église, parce qu'elles n'y entraient que le voile baissé et la taille entièrement cachée sous un grand manteau d'étamine noire qui traînait derrière elles.

Ce costume grava, cette démarche lente et silen-

cieuse, cette action simple mais gracieuse d'attirer à elle la lampe d'argent en élevant le bras pour en saisir l'anneau, le reflet que la lumière projeta sur sa grande silhouette noire lorsqu'elle fit remonter la lampe, sa longue et profonde prosternation sur le pavé avant de reprendre, dans le même silence et avec la même lenteur, le chemin de sa stalle, tout jusqu'à l'incognito de cette religieuse qui ressemblait à un fantôme prêt à percer les dalles funéraires pour rentrer dans sa couche de marbre, me causa une émotion mêlée de terreur et de ravissement. La poésie du saint lieu s'empara de mon imagination et je restai encore après que la nonne eut fait sa lecture et se fut retirée.

L'heure s'avançait, la prière était sonnée, on allait fermer l'église. J'avais tout oublié. Je ne sais ce qui se passait en moi. Je respirais une atmosphère d'une suavité indicible, et je la respirais par l'âme plus encore que par les sens. Tout à coup je ne sais quel ébranlement se produisit dans tout mon être, un vertige passe devant mes yeux comme une lueur blanche dont je me sens enveloppée. Je crois entendre une voix murmurer à mon oreille : Tolley îege.

Je me retourne, croyant que c'est madame Alicia qui me parle. J'étais seule.

Je ne me fis pas d'orgueilleuse illusion, je ne crus point à un miracle. Je me rendis fort bien compte de l'espèce d'iiallucination où j'étais tombée. Je n'en fus ni enivrée ni eiïrayée. Je ne cherchai ni à l'augmenter ni à m'y soustraire. Seulement, je sentis que la foi s'emparait de moi, comme

je l'avais souhaité, par le cœur. J'en fus si reconnaissante, si ravie, qu'un torrent de larmes inonda mon visage. Je sentis encore que j'aimais Dieu, que ma pensée embrassait et acceptait pleinement cet idéal de justice, de tendresse et de sainteté que je n'avais jamais révoqué en doute, mais avec lequel je ne m'étais jamais trouvée en communication directe; je sentis enfin cette communication s'établir soudainement, comme si un obstacle invincible se fût abîmé entre le foyer d'ardeur infinie et le feu assoupi dans mon âme. Je voyais un chemin vaste, immense, sans bornes, s'ouvrir devant moi; je brûlais de m'y élancer. Je n'étais plus retenue par aucun doute, par aucune froideur. La crainte d'avoir à me reprendre, à railler en moi-même au lendemain la fougue de cet entraînement ne me vint pas seulement à la pensée. J'étais de ceux qui vont sans regarder derrière eux, qui hésitent longtemps devant un certain Rubicon à passer, mais qui, en touchant la rive, ne voient déjà plus celle qu'ils viennent de quitter.

(( Oui, oui, le voile est déchiré, me disais-je, je vois rayonner le ciel, j'irai! Mais avant tout, rendons grâce !

(( A quoi? Comment? Quel est ton nom? disaisje encore au dieu inconnu qui m'appelait à lui. Gomment te prierai- je? Quel langage digne de toi et capable de te manifester mon amour, mon àme pourra-t-elle te parler? Je l'ignore; mais n'importe, tu lis en moi; tu vois bien que je t'aime. »

Et mes larmes coulaient comme une pluie d'orage, mes sanglots brisaient ma poitrine, j'étais tombée

derrière mon banc. J'arrosais littéralement le pavé de mes pleurs.

La sœur qui venait de fermer l'église entendit gémir et pleurer; elle chercha, non sans frayeur, et vint à moi sans me reconnaître, sans que je la reconnusse moi-même sous son voile et dans les ténèbres. Je me levai vite et sortis sans songer à la regarder ni à lui parler. Je remontai à tâtons dans ma cellule; c'était uq voyage. La maison était si bien agencée en corridors et en escaliers, que pour aller de l'église à cette cellule, qui touchait à l'église même, il me fallait faire des détours et des circuits qui prenaient au moins cinq minutes en grimpant vite. Le dernier escalier tournant, quoique assez l^rge et peu rapide, était si déjeté qu'il était impossible de le franchir sans précaution et sans bien se tenir à la corde qui servait de rampe; à la descente, il vous précipitait en avant malgré qu'on en eût.

On avait fait la prière sans moi à la classe; mais j'avais mieux prié que personne ce soir-là. Je m'endormis brisée de fatigue, mais dans un état de béatitude indicible. Le lendemain, la Comtesse, qui, par hasard, avait remarqué mon absence de la prière, me demanda où j'avais passé la soirée. Je n'étais pas menteuse, et lui répondis sans hésiter :

— A V église.

Elle me regarda d'un air de doute, vit que je disais vrai et garda le silence. Je ne fus point punie : je ne sais quelles réflexions cette bizarrerie de ma part lui suggéra.

Je ne cherchai pas madame Alicia pour lui ouvrir mon cœur. Je ne fis aucune déclaration à mes amies

les diables. Je ne me sentais pas pressée de divulguer le secret de mon bonheur. Je n'en avais pas la moindre honte. Je n'eus aucune espèce de combat à livrer contre ce que les dévots appellent le respect humain : mais j'étais comme avare de ma joie intérieure. J'attendais avec impatience l'heure de la méditation à l'église. J'avais encore dans les oreilles le Tolle^ legef de ma veillée d'extase. Il me tardait de relire le livre divin : et cependant je ne l'ouvris point. J'y rêvais, je le savais presque par cœur, je le contemplais pour ainsi dire en moi-même. Le côté miraculeux qui m'avait choqué ne m'occupa plus. Non seulement je n'avais plus besoin d'examiner, mais je sentais comme du mépris pour l'examen; après l'émotion puissante que j'avais goûtée dans sa plénitude, je me disais qu'il eût fallu être folle ou sottement ennemie de soi-même pour chercher à analyser, à commenter, à discuter la source de pareilles délices.

A partir de ce jour, toute lutte cessa, ma dévotion eut tout le caractère d'une passion. Le cœur une fois pris, la raison fut mise à la porte avec résolution, avec une sorte de joie fanatique. J'acceptai tout, je crus à tout, sans combats, sans souiTrance, sans regret, sans fausse honte. Rougir de ce qu'on adore, allons donc! Avoir besein de l'assentiment d'autrui pour se donner sans réserve à ce qu'on sent parfait et chérissable de tous points ! Je n'avais rien de plus excellent qu'une autre dans le caractère; mais je n'étais point lâche, je n'aurais pas pu l'être, i'eussé-je essayé.

(Hist. de ma u?e, III, 118-188.)

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