Personnage du roman de Jean de la Roche
l'époque des grandes déjections de la croûte terrestre. Le travail des eaux courantes a entraîné les autres matières environnantes qui n'avaient pas la même compacité, et le dyke, soit cône, soit tour, soit masse carrée ou anguleuse, est resté debout, gagnant en profondeur de siècle en siècle, à mesure que l'érosion dépouillait sa base. C'est ce qui fait dire avec raison aux paysans de ces localités que les grosses pierres poussent toujours. On ne sait pas ce qu'il faudrait de siècles en ;ore pour mettre à découvert les racines incom/aensurables de ces étranges édifices, déjà si imposants et encore si intacts, des convulsions de l'ancien monde.
Je me souvenais d'a/oir remarqué celui-ci et d'en avoir parlé autrefois à M Butler. Qui sait si, pour la première fois, il ne venait pas l'examiner? J'avais vanté à Love ' le site sauvage où il se trouve, la légère arche du pont rustique qui le touche, les flots impétueux et limpides du torrent qui le ronge, et sur les bords duquel se dressent d'autres dykes moins élevés, mais de la même forme et de la même apparence fragile, avec des cheminées volcaniques tordues en spirale, de gros bouillonnements noirs et luisants comme du fer liquéfié et figé dans la fournaise, des bouches béantes s'ouvrant de tous côtés dans le roc, et une couleur tantôt noire comme de la houille, tantôt rouge semée de points blancs, comme une braise ardente où l'on croirait voir voltiger la cendre, si le toucher ne vous prouvait pas qu'elle est adhérente et vitrifiée.
(Jean de la Roche, 183-184.) 1. La nile de M. Butler.