Ibid
bénédiction, sacrifice, puis-je mêler aujourd'hui vos cérémonies, vos pompes avec ces pompes funèbres, et le comble des grandeurs avec leurs ruines *? »
Le poète (on nous pardonnera de donner à Bossuet un titre qui fait la gloire de David), le poète continue de se faire entendre; il ne touche plus la corde inspirée, mais, baissant sa lyre dun ton jusqu'à ce mode dont Salomon se servit pour chanter les troupeaux du mont Galaad, il soupire ces paroles paisibles : « Dans la solitude de Sainte-Fare. autant éloignée des voix du siècle que sa bienheureuse situation la sépare de tout commerce du monde; dans cette sainte montagne, que Dieu avait choisie depuis mille ans, où les épouses de Jésus-Christ faisaient revivre la beauté des anciens jours; où les joies de la terre étaient inconnues: où les vestiges des hommes du monde, des curieux et des vagabonds ne paraissaient pas; sous la conduite de la sainte abbesse, qui savait donner le lait aux enfants aussi bien que le pain aux forts, les commencements de la princesse Anne étaient heureux -. »
Cette page, que l'on dirait extraite du livre de Ruth. n'a point épuisé le pinceau de Bossuet; il lui reste encore assez de cette antique et douce couleur pour peindre une mort heureuse. « Michel Le Tellier. dit-il. commença Thymne des divines miséricordes : MisericoRDiAS DoMiM IN .ETERXUM CAXTABO : Je chantcrcU éternellement les miséricordes du Seigneur. Il expire en disant ces mots, et il continue avec les anges le sacré cantique. »
Nous avions cru pendant quelque temps que Foraison funèbre du prince de Condé, à l'exception du mouvemeiit qui la termine, était généralement trop louée : nous pensions qu'il était plus aisé, comme il Test en effet, d'arriver aux formes d'éloquence du commencement de cet éloge qu'à celles de Toraison de M°»'^ Hen-