Est-ce bien sûr
CHATEAUBRIAND PRECURSEUR DU ROMANTISME 12 i
suicide. C'est J, J. Rousseau qui introduisit le premier pàrmriîous ces rêveries si désastreuses et si coupables. En s'isolant des hommes, en s'abandonnant à ses songes, il a lait croire à une foule de jeunes gens qu'il est beau de se jeter ainsi dans le vague de la vie. Le roman de Werther a développé depuis ce germe de poison. L'auteur du Génie du Chri^^tianisme. obligé de Taire entrerndans~îë~CaTîfe de son' Apologie quelques tableaux pour l'imagination, a voulu dénoncer cette ^-£§pèce de vice nouveau, et peindre les funestes conséquences de Tamour outré de la solitude ^
{Préface de René.)
La jeunesse de René. — Le « mal du siècle ».
« Je ne puis, en commençant mon récit -. me défendre
d'un mouvement de honte. La paix de vos cœurs, res-
ectables vieillards, et le calme de la nature autour
de moi me font rougir du trouble et de l'agitation de
mon âme.
« Combien vous aurez pitié de moi! que mes éternelles inquiétudes vous paraîtront misérables! Vous qui avez épuisé tous les chagrins de la vie, que penserez-vous d'un jeune homme sans force et sans vertu, qui trouve en lui-même son tourment et ne peut guère se plaindre que des maux quil se fait à lui-même? Hélas! ne le condamnez pas : il a été trop puni !
« J'ai coûté la vie à ma mère en venant au monde. J'avais un frère, que mon père bénit, parce qu'il voyait